ISSN 0425 • 3752 ^Reuista oe 3Jm>estia.acitftt ^ ' u l i ana y ^Bteoieualistica ...

ISSN 0425 • 3752


^Reuista oe 3Jm>estia.acitftt ^ ' u l i ana y ^Bteoieualistica


•jjJuMiraba por la


^JHaiuricertsis ^ c h o l a ^ u l l i s t i c a


((Honsejo jSuperior oe InueB%ariones (Hientificas)


Num. 70


SUMARIO
Ch. E. DUFOURQ. La Mediterranee et le Chistianisme pags. 5-22


L. ROBLES. El "Studium Arabicum" del capitulo Dominicano de


Toledo de 1.250 pags. 23-47


J. GAYA. Algunos temas lulianos en los escritos de Charles de Bovelles pags. 49-69


A. BONNER. Notes de bibliografia i cronologia lul.lianes pags. 71-86


BIBLIOGRAFIA
J. GAYA. "De conversione sua ad poenitentiam". Reflexiones ante la edicion criti-


ca de Vita Coetanea, pags. 87-91. - Bibliografia, pags. 93-108.


Vol. XXIV. Fasc. 1 - PALMA DE MALLORCA (Espafla). Aflo XXIV. 1980


(Publicacion: Marzo 1982)




ESTUDIOS LULIANOS se publica bajo la responsabilidad del CON"
SEJO ACADEMICO de la MAIORICENSIS SCHOLA LULLISTICA.
Director: Sr. Prof. Dr. Sebastian Garcias Palou.
Secretario: Sr. Prof. Dr. Jordi Gaya Estelric.
Para correspondencia, envio de originales, libros para recension e inter-
cambio:


Estudios Lulianos
Apartado Correos, 17
Palma de Mallorca
Espana


Precio de Suscripcion:
Espafia: 1.000 Ptas.
Extranjero: 1.200 Ptas.
Numero suelto: 500 Ptas.


© Estudios Lulianos
Maioricensis Schola Lullistica
Apdo. 17. Palma de Mallorca (Espana)


Deposito Legal P.M. 268-1961








Jticuista ue ^Jrtueetijjacinn iCitliana y ;pteuici 'alistica


^ublicaba por la


^f la ior iccns is ^ c h o l a ^u l l i s t i ca


((Cottscjo ^uperior oe Itiuesiigaciottcs CJlicntificaa)


Vol. XXIV 1980 Ano XXIV


Maioricensis Schola Lullistica
Palma de Mallorca






LA MEDITERRANEE ET LE CHRISTIANISME:


CADRE GEOPOLITIQUE ET ECONOMIQUE
DE LAPOSTOLAT MISSIONAIRE DE RAMON LLULL


Le sujet que je tente d 'exposer ici est domine par un probleme
historique d ' importance majeure: celui de 1 evolution diff^rente, des
deux moities du monde mediterraneen medieval, la moitie chr6tien-
ne et la moitie musulmane. Cette difference est d 'autant plus digne
de retenir 1'attention des historiens qu'il est difficile, sinon impossi-
ble, de 1'expliquer par les facteurs que la mode actuelle fait constam-
ment ^voquer: 1'economie, les systemes de production et d 'echange.
En effet, les courbes des destinees contraires des deux mondes medi-
terraneens en presence - le chretien et le musulman - les oppositions
entre eux - oppositions de civilisation, de mentalites et de structures
sociales - et la difference de leur evolution economique ont une ori-
gine esentiellement religieuse. Voila qui devrait etre sujet de reflexion
apprqfondie pour tous ceux qui se consacrent a l ' e tude des sciences
dites humaines.


Pour bien prendre la dimension de ce probleme, il faut le repla-
cer dans le mouvement historique - "il faut tendre au general", disait
notre Pascal au XVIIe siecle - et si 1 'on embrasse donc d 'un regard
densemble 1'evolution anterieure a 1'apparition du christianisme, on
discerne que pour notre vieux monde gravitant autour de la Medite-
rranee, les millenaires de ce que nous appelons 1' histoire ancienne
ont ete une lente evolution vers 1'unite du monde europeen, africain
et asiatique a la fois, du monde eurafroasiatique donc, qui entoure la
grande mer. Cette evolution vers l 'uni te conduisit, nous le savons
tous, au prodigieux epanouissement imperial romain, a cet empire eu-
rafroasiatique de Rome qui a servi historiquement de berceau a la re-
ligion universelle que le Christ revela alors aux hommes. C 'est la, a
mon sens, un des aspects de 1'histoire qui illustre le mieux les formu-
les majestueuses utilisees au XVIIe siecle en France par un des mai-
tres de la pensee catholique des plus fermes que nous ayons jamais
eus en mon pays, Bossuet: "Dieu, du plus haut des cieux, t ient les
renes de tous les royaumes. C e s t lui qui pr£pare les effets dans les
causes les plus lointaines".




6


Avec le recul des siecles, nous distinguons bien ce que fut cette
progression de 1'univers antique vers 1 unite et quelles furent les con-
s£quences de cet aboutissement unitaire: la civilisation latine puis le
christianisme se repandirent tou t autour de la mer dans le cadre i m -
perial romain. Les notions usuelles de notre science geographique
elementaire deforment la realite en ce sens que nous avons tendance
a penser en Europe, d 'une part, Asie, d 'un autre cote, Afrique, d u n


troisieme, comme sl l sagissait la de personalites collectives, bien arre-
tees, definies et fondamentalement differentes. Or, comme le disait
sous forme de boutade un des meilleurs esprits frangais du XXeme sie-
cle, le grand Mediterraneen Paul Valery, "en nous parlant des cinq
continents - Europe, Asie, Afrique, Amerique et Oceanie - les geogra-
phes oublient le plus important: le continent mediterraneen".


Cette verite geohistorique est incontestable: il existe un monde
mediterraneen, celui dont le christianisme fit la conquete spirituelle
progressive dans les premiers siecles de notre ere, en rayonnant de
quelques foyers, tels Alexandrie ou Carthage en Afrique, comme Jeru-
salem ou Antioche en Asie, et en Europe Rome ou par exemple Gua-
dix, qui fut suivant la tradition le premier eveche cree dans la Peninsu-
le iberique. Puis, 1'empire romain disparu, l 'Eglise catholique romaine
lui survecut, on est tente de dire: lui succeda; et le christianisme, apres
avoir fait la conquete spirituelle des peuples venus de 1' Europe septeiv
trionale et centrale, installes dans les anciennes provinces de 1'empire,
se dilata grace a sesmissionnairesquipartirent convertir des populations
de 1'univers reste en dehors de 1'ancien ^difice imperial romain,
tant en Russie, en Ethiopie ou meme en Iran, qu 'en Germanie ou en
Scandinavie, la Mediterranee restant pourtant le centre de ce monde
elargi qui paraissait plan, et Rome restant sa capitale spirituelle en
son coeur geographique.


Mais voici qu 'au Vlleme siecle de notre ere, 1' islam apparu t ;ce
fait proprement religieux entraina la rupture de 1 'unite spirituelle du
monde gravitant autour de la mer et une serie de consequences politi-
ques, sociales et economiques considerables, non seulement dans les
pays ou il tr iompha mais aussi dans ceux oii il ne s ' implanta point . La
plupart des terres asiatiques bordieres de la Mediterranee et de ses
mers annexes furent vites conquises par les Mahometans ainsi que,
assez vite, toutes les terres africaines qui en etaient riveraines puis
1' Espagne et plus tard - pour deux siecles environ - la Sicile. Ne nous
arretons pas au detail de ces conquetes arabes, mais constatons que des
villes comme Cordoue et Rome ou - autre exemple - comme Ale-
xandrie et Constantinole, qui avaient ete des cites - soeurs durant des
siecles, devinrent des lors des communautes humaines ou tout etait
different entre celle qui restait chretienne et celle qui etait devenue
musulmane. Ce fut alors une rupture radicale de la seculaire commu-




7


naute des destins des divers pays mediterraneens. Elle entraina un bou-
leversement dans tous les aspects de la vie des individus et des socie-
tes, y compris dans le deroulement meme du commerce. Deux mon-
des differents se partagerent desormais le pour tour de la mer: la chre-
tiente et le dar al - islam.


Encore les aspects et la portee de ce partage ne furent - ils pas
completement les memes dans le bassin occidental et dans le bassin
oriental de la Mediterranee. L ' Orient avait une physionomie distincte
de celle de 1' Occident: il etait un ensemble de terres ou des civilisa-
tions avaient eclos particulierement to t , puis cet ensemble avait ete un
creuset qui a 1' epoque hellenistique avait servi a 1' elaboration d une
culture greco-orientale dont 1 'empire romain avait ete ensuite 1' heri-
tier. Par dela les elements latins, romains, chretiens qui faisaient une
unite du monde mediterraneen, 1'Orient conservait ainsi des racines an-
ciennes, une mentalite propre, une originalite toujours presente, tant a
Alexandrie q u ' a Constantinople ou en Asie, a tel point que dans la
cadre de 1'empire byzantin le christianisme dit grec sans sortir de
1'unite catholique romaine- il ne fit q u a u Xleme siecle - avait des mo-
dalites et des conceptions siennes, de souche orientale, differentes des
modalites et des conceptions qui avec la papaute romaine prevalaient
dans le bassin occidental de la mer.


Quant a 1' islam, s ' il est - comme on le rappelait tout a l ' heu re -
un fait essentiellement religieux, il est en meme temps geographique-
ment et historiquement un fait oriental, en ce sens q u ' il est ne en
Orient et q u ' il a ete vehicule par un peuple oriental, le peuple arabe.
Cela fait que le probleme des rapports entre chretiens et musulmans
dans les regions conquises par les Arabes - disons par les Mahometans


nc se posa pas de la meme maniere dans les pays mediterraneens
orientaux et dans les occidentaux. En Orient, les chretiens, pour
chretiens et romains et latinises q u ' ils aient ete ou q u ' ils fussent
encore plus ou moins, n ' e n restaient pas moini; grecs, greco - orien-
taux, la 1' Orient en soi restait ainsi un denominateur commun entre
musulmans et chretiens.


En Occident, ce fut different: a la veille de la conquete arabe, la
Berberie et 1' Italie, la Pdninsule iberique et la Gaule avaient et£ et eta-
ient chacune partie integrante de 1'univers latin, chretien, romain. La
Berberie, terre de 1'empereur Septime Severe et cle saint Agustin, etait
aussi penetree de latinite et de christianisme que Ila Peninsule iberique,
terre de 1'empereur Trajan et de saint Isidore. Certes, ici et la, comme
en Gaule, il y avait de nombreux bastions morrtagneux et de nom-
breuses survivances paiennes, des zones et des eimes encore impene-
trees, mais 1'ensemble etait occidental, tandis que le conquerant, 1'en-
vahisseur arabo-musulman qui y arriva, etait un pur oriental. Cela fait
que la rupture qui se produisit entre 1' Occident restant chretien et
1' Occident tombant sous la domination arabe orientale, fut une ruptu-




8


re plus dechirante et plus grande source d ' incompatibilites que celle
entre Orientaux chretiens et Orientaux musulmans. C e s t du moins
la un probleme qui est a poser, sujet de reflexion et de recherche. Pour
nous, ici, il s'agit de savoir ou en etait ce monde mediterraneen mi -
chretien mi-musulman a la fin du XHIeme siecle et au debut du
XlVeme , c'est a dire au temps de Ramon Llull, des alentours de 1235
a ceux de 1315.


Tandis qu 'en Orient, la rupture entre le christianisme oriental ou
grec et le christianisme romain etait consommee depuis le milieu du
Xleme siecle, et que la tentative de reimplantation d 'une chretiente
occidentale temporelle e:n Terre Sainte, initiee a la fin du Xleme siecle,
avait avorte et languisszut apres des debuts prometteurs , en Occident
les Arabes avaient deja ete completement chasses de Sicile et ils avaient
recule dans la Peninsule iberique bien au sud de Tortosa et de Sarago-
sse, bien au sud de Tolede et de Lisbonne. Pour tenter de dresser un ta-
bleau de ce monde mediterraneen en fonction des preocupations de
notre Congres, un tableau assez complet sans etre t rop long, je presen-
terai les faits qui me paraissent le plus importants en les groupant en
trois grandes series: d 'abord, les traits generaux d 'ordre politique et
politico-culturels definissant 1'ensemble mediterraneen du temps; en-
suite, des faits plus particuliers caracterisant le premier plan de l ' ho r i -
zon mediterraneen islarnique pour la chretiente et no tamment pour les
Majorquins, a savoir Les complexes realites maghribines; enfin, des
donnees economiques influengant les rapports entre les deux grandes
aires politiques et cultu relles en presence - la chretienne et la muisulma-
ne - en tentant ainsi do discerner les ressorts de 1' imbrication des fac-
teurs politiques, economiques et culturels.


Premiere partie: L 'horizon mediterraneen de Ramon Llull


Le fait majeur est celui qui a d6ja ete evoque: le monde medite-
rraneen etait divise en deux parties, la chretiente et la "maison de l ' is-
lam". Cela durait depuis six siecles deja, et ces deux univers parais-
saient a premiere vue completement inconciliables.


D ' u n e part, la chretiente mediterraneenne etait fondamentale-
ment romaine: Y Ita^iie, la Gaule devenant France, les bastions chre-
tiens de la reconquista iberique se prolongeaient meme, vers 1'est, par
1'empire latin de Constantinople - de religion chretienne romaine - qui
de 1204 a 1261 t int \& place de l 'empire byzantin - de religion chre-
tienne grecque - celui- ci etant alors morcele et reduit a diverses terres
asiatiques et a quelquos bastions isoles dans les Balkans. Plus a 1'est en-
core, l 'fle de Chypre longuement disputee entre chretiens et ;musul-
mans etait devenue au ssi royaume latin depuis la fin du Xlleme siecle
(1191-1192) et elle 1'etait toujours du vivant de Llull, tandis quie sub-
sisterent aussi apres 1261 comme vestiges du feu empire latin de




9


Constantinople des principautes latines installees en Grece: le Pelop-
nese - la principaute de Moree - sous la direction de princes francais
puis italiens, et 1' Attique - le duche d ' Athenes - sous la direction de
princes frangais puis catalans. Enfin, sur le continent asiatique se t i ra i t
le long du littoral syro-palestinien le legs de la 1 ere Croisade en Terre
Sainte - celle de la fin du Xleme siecle - a savoir le royaume de Jerusa-
lem-qui s ' il etait prive de sa capitale depuis 1187, se maintint sur la
cote jusqu'en en 1291 . Sa disparition, cruelle au coeur des chretiens,
survenue alors que Llull etait un quinquagenaire, fut en quelque mesu-
re compensee, au moins comme tremplin desperance, par la transfor-
mation de 1' ile de Rhodes - jusqualors byzantine et menacee par les
musulmans - en Etat latin appartenant a 1' Ordre de 1' Hopital et de
Saint-Jean de Jerusalem, a partir de 1308 et pour plus de deux siecles.
Dans tout ce secteur asiatique de la chretiente, a la faveur des Croisa-
des, donc depuis la fin du Xleme siecle, des Eglises grecques orientales
s ' etaient ralliees a 1' Eglise romaine, notamment celle d ' Arm6nie et
celle des Maronites du Liban. Ainsi, au sein de la chretiente, 1' Eglise
de Rome tendait a prevaloir, meme en Orient, sur 1' Eglise grecque
schismatique.


De 1' autre cote de la barriere religieuse separant islam et christia-
nisme, la moitie meridionale de 1'Espagne, toute 1'Afrique mediterra-
neenne, la plus grande partie de la Syrie-Palestine et de 1'Asie mineu-
re faisaient partie du monde soumis a 1' enseignement du Prophete Mo-
hamed, et bien que ce monde musulman comme le monde chretien
ignorat 1' unite politique -il l 'avait perdue des le milieu du VHIeme
siecle - il avait une profonde unite de civilisation et de pensee religieuse
surmontant les nuances que diversifiaient les diverses "voies" de la foi
et de la conduite mahometanes. Mais tandis que. la plupart des terres
chretiennes de la fin du Xll leme siecle et du debut du XlVe n avaient
pas derriere elles un passe musulman - exceptions faites pour la Sicile
et 1' Espagne chretienne - toutes les terres mediterraneennes du dar
al-islam etaient d 'anciennes terres romaines; et si beaucoup de leurs
habitants s'etaient progressivement convertis a 1' islam , certains d'en-
tre eux etaient longtemps restes chretiens, voire l e t a i en t encore, no-
tamment en Orient: en Egypte comme en Syrie-Palestine.


Cette Constatation nous permet de mettre en lumiere un fait capi-
tal: 1' islam, la oii il etait le maftre, tolerait le christianisme, comme le
judaime, dail leurs. En effet,il reconnaissaiten ces deux religions mono-
theistes plus anciennes que lui, des religions deja reveiees par Dieu, par
le Dieu unique, des religions dont les croyants avaient le merite de res-
pecter des livres d ' inspiration divine, la Bible et les Evangiles. Toute-
fois, cette tolerance etait defiante; aux yeux du musulman, les chre-
tiens avaient un double defaut majeur: ils ne reconnaissaient pas le
dernier prophete de Dieu, Mohamed; et ils avaient deforme la vie du
prophete Jesus, en faisant de lui un Dieu, Dieu, le Fils de Dieu, ce qui




.10


6ta.it a son sens une inadmissible alteration scandaleuse du principe
absolu de 1' unite divine. II reprochait donc aux chretiens a la fois de
ne pas respecter la parole de Dieu revelee par Mohamed, c est a dire le
Coran, et d ' e t re des "polytheistes trinitaires". II les considerait ainsi
comme des rebelles, des insoumis a Dieu, mais respectables car ils cro-
yaient tou t de meme en Dieu.


Par consequent, les chretiens vivant en terre d ' is lam qui nava ien t
pas 1 'audace de resister aux musulmans par les armes, pouvaient rester
des hommes libres, pratiquant leur religion et conservant leurs lois et
coutumes, organises en cellules autonomes. Mais cette tolerance avait
des limites infranchissables: le chretien devait respecter 1' islam; sous
peine de mort , il ne devait pas faire d apostolat religieux aupres des mu-
sulmans; il ne devait pas exercer son culte di ine maniere ostentoire et
bruyante; en aucun cas il ne pouvait prendre pour femme une musul-
mane, tandis que tou t musulman avait le droit davoi r une ou plusieurs
chretiennes parmi ses epouses, tous les enfants nes de ces unions
mixtes devant etre musulmans; enfin tout musulman se convertissant
au christianisme etait passible de la peine de mort . Telles etaient quel -
ques unes des limites les plus remarquables qui cernaient la tolerancce
islamique envers le christianisme.


Ces donnees generales, constantes depuis p l u s d u n demimillenaire
au temps ou vivait Ramon Llull, forment la toile de fond du monde me-
diterraneen d 'alors . Mais le monde sans cesse se transforme, dans un
sens ou dans un autre. Et des realites historiques recentes, recentes
pour Ramon Llull, etaient forcement sujet de reflexion pour les es-
prits eclaires du XHIeme siecle: 1' evolution du monde mediterraneen
n ' etait pas le meme en Orient et en Occident. En Orient, le christia-
nisme reculait devant 1' islam; plus precisement, les Etats chretiens re-
culaient, se retrecissaient, tandis que s etendait le dar al-islam. La gran-
de esperance nee de la l e re Croisade a 1'extreme du Xleme siecle, lors
de la creation du royaume de Jerusalem, flanque vers le nord par le
comte de Tripoli, la principaute d ' Antioche et le comte d ' Edesse,
s ' etait peu a peu resorbee en un mirage: depuis la perte de Jerusalem
(survenue en 1187) le royaume latin deTerre Sainte n e t a i t p l u s q u u n e
frange mediterraneenne qu 'aucune des Croisades de la fin du Xlleme
siecle et du XHIeme ne reussit a renforcer veritablement. La bifurca-
tion contre Byzance de la 4eme Croisade au debut du Xll leme siecle
avait bien pu faire naftre 1 'empire latin de Constantinople aux depens
de 1'empire byzantin grec schismatique, cela avait bien pu etre inter-
prete comme un renforcement de 1' Occident romain^devant lui per-
mettre d ' e t r e un plus solide champion de la chretiente contre l ' is lam ,
mais cet empire latin nava i t pu vraiment senraciner et Ramon Llull le
vit sombrer devant la resurrection de 1'empire byzantin en 1261 , 30
ans avant qu 'il vit pareillement rayer totalement de la carte le royau-
me de Jerusalem quand les musulmans acheverent de le reconquerir en




1 i


1291 . La survivance des petits groupes de populations chretiennes ga
et la dans 1' Orient musulman, n ' etait pas motif de consolation suffi-
sant pour les chretiens d ' Occident se reveillant du grand reve decu de la
Croisade.


Par contre, ce qu ' i l s voyaient se produire dans la moitie occiden-
tale du bassin mediterraneen etait beaucoup plus reconfortant pour
eux. Peu avant la prise de Jerusalem par les premiers Croises, la ville de
Palerme - en 1072 - puis toute la Sicile etaient redevenues chretiennes,
et tandis que Jerusalem n ' etait demeuree possession de la chretiente
que durant un siecle a peine, Palerme et la Sicile l e ta ien t encore deux
et trois siecles - et definitivement - apres leur reconquete. De plus, 1 "Es-
pagne chretienne ne cessait de se dilater vers le sud: la reconquista reins
tallait la civilisation et le pouvoir chretiens dans les Baleares en 1230-
1235, dans 1' Andalousie.du Guadalquivir - a Cordoue en 1236, a Sevi-
lle en 1248 - dans le royaume de Valence - dont la capitale fut prise en
1238 - et sur les terres murciennes d 'abord par le biais d'un protecto-
rat castillan etabli en 1243-1244 puis par leur annexion pure et simple
a la Castille, a la suite de leur revolte que Jacques le Conquerant contri-
bua largement a etouffer en enlevant Murcie aux rebellesen 1266. Ces
faits caracte"ristiques de 1'expansion de la chre^tiente dans 1' Occident
mediterraneen aux depens du domaine musulman, constituent une
serie toute contraire a celle qui en Orient se faisait au profit du dar al-
islam au detriment des dernieres possessions du royaume latin de
Jerusalem.


De 1' histoire des terres, passons a celle des croyances. Tout es-
prit non prevenu est amene a constater que le triomphe des armes
chretiennes dans 1' histoire a toujours abouti a faciliter la christianisa-
tion des peuples infideles vivant sur les terres conquises. II n ' en est
pas moins vrai qu 'un esprit religieux, par dela la geste militaire de la
Croisade reconquerante, ne peut que surtout songer a la conquete ou
reconquete pacifique et spirituelle des ames. Or, sur ce plan aussi, 1' Oc-
cident etait riche de promesses. Tandis que les communautes chretien-
nes de 1' Orient domine par les musulmans, restant sur la defensive
spirituelle, se contentaient d 'e t re heureuses de pouvoir survivre, en
Occident se realisait une mutat ion religieuse de 1 islam au christianisme
grace a la predication catholique souvent nourrie au prealable par une
solide etude de 1' islam, afin d etre sure en matiere de controverse. Le
courant de conversion dans 1'Espagne reconquise etait puissant: des
descendants des califes almohades, 1'ancien roi de Valence Abou Said
et une partie au moins de sa famille, un fils du dernier souverain mu-
sulman de Majorque, un notable majorquin devenu Dominicain, le
Bienheureux Miquel de Benazar, sont les convertis les mieux connus
car les plus notables, mais maint de leurs correligionnaires dut suivre le
meme itineraire spirituel qu 'eux: il est certes indiscutable que de nom-
breux mahometans fuirent 1 autorite des reconquerants en emigrant et




12


que d 'autres resterent fideles au Coran tout en demeurant en terre re-
devenue chretienne; mais il ne 1'est pas moins que certains se converti-
rent a la religion romaine. Les studia arabica crees par les Domini -
cains pouretudier la langue et la pensee arabes etaient des ecoles de
formation missionnaire, notamment celui de Murcie vers 1265-1280,
et celui plus precoce encore qui fonctionna a Tunis vers 1250-1270.


Ce dernier fait queje viens de rappeler, est particulierement digne
d 'a t tent ion: cette creation realisee en Afrique prouve ce qu 'e ta i t la
puissance de dilatation de 1' Occident chretien au milieu du Xll leme
siecle, quand Llull avait une vingtaine d 'annees . Non seulement la
chretiente venait de realiser et realisait en Europe de grands progres a
la fois sur le terrain et dans les esprits, mais encore, plus encore, elle
envisageait avec espoir et audace un nouvel essor au-dela de la mer. C est
sur cette proche portion musulmane de 1'horizon mediterraneen des
Occidentaux que nous allons nous arreter maintenant.


Deuxieme partie: Le Maghrib, ex-Berberie latine et chretienne


En direction de 1' Afrique se trouvaient places en avant-garde de
1' Occident chretien, les Catalans de la Couronne d 'Aragon, c est a di-
re de cette port ion mediterraneenne de la Peninsule Iberique que je
me suis risque a appeler 1' Espagne catalane, cette Espagne catalane
dont le bastion avance en pleine mer etait et reste les Baleares.


Exception faite pour la prise de la Sicile qui avait ete une realisa-
tion insulaire dont les tentatives de prolongement en Tunisie avaient
tourne court dans la premiere moitie du Xlleme siecle, la reconquete
realisee par les Occidentaux sur les Musulmans avait ete essentielle-
ment oeuvre terrienne et continentale, j u squau jour de 1 i prise de Ma-
jorque. Cette victoire chretienne, elle, fut immediatement suivie, d u n e
maniere significative, par la creation d u n e amiraute de Catalogne et de
Majorque, qui devint vite 1'amiraute de la Couronne dAragon .


C e s t sur la mer et par les voies maritimes que les Catalans res-
taient des reconquerants et pouvaient continuer a l e t r e . Les vieux ac-
cords entre Castille et Couronne d ' Aragon limitant aux alentours de la
zone d ' Alicante 1'expansion catalano-aragonaise vers le sud de la Pe-
ninsule, la mer etait la seule voie d expansion et pas seulement d activi-
tes commerciales pour ces marins par excellence qui 'e taient les Cata-
lans. Les Baleares, on le sait bien ici, ne sont pas plus eloignees de
1'Afrique que de la Peninsule Iberique. Aussi n'est-il pas e tonnant
qu ' ap re s leur installation a Majorque les souverains catalans aient vite
cherche a etablir une influence, voire un contole ou meme leur domi-
nation sur le Berberie. Je n'insiste pas sur cette histoire que j ' a i deja
beaucoup etudiee et longuement exposee: par le commerce, par le
biais des tributs obtenus de souverains maghribins comme jadis de sou-
verains des taifas d'al-Andalus, par l ' immixtion dans les douanes ma-




13


ghribines, par 1 mstallation de milices chretiennes officielles dans les ar-
mees des souverains berberes, une influence diffuse se faisait sentir
dans ces pays d ' Afrique purement musulmans alors, au moment me-
me ou par des conquetes en Europe sur des chretiens commencait a
prendre forme le grand empire catalan qui finit per faire face a 1 'Afri-
que: des le temps de Ramon Llull, il engloba la Sicile (1282), Malte,
Pantelleria, les fles tunisiennes des Kerkenna et de Djerba, puis l'Atti-
que (1311) et plus tard la Sardaigne, et la moitie meridionale de la Pe-
ninsule italienne.


Or, si cette orientation de la Couronne d ' Aragon a travers la mer,
face au Maghrib et vers le Maghrib est un fait politique, elle est aussi un
fait religieux. Avant meme que 1 apostolat missionnaire de Ramon Llull
prit forme, la papaute avait cree -en 1266- un eveche du Maroc ou de
Marrakech plus ou moins dans le cadre de la politique d entente es-


quissee entre le royaume de Castille et le califat almohade decadent;
peu apres, au moins un studium arabicum -celui de Tunis deja cite il y
a un instant - fonctionna en Berberie; enfin les milices chretiennes du
Maghrib avaient des aumoniers tout comme des pretres etaient affec-
tes comme chapelains dans les fondouks-consulats installes par des res-
sortissants chretiens dans les divers Etats de cette Berberie. Certes,
tout proselytisme etait interdit a ces ministres du Christ - nous retrou-
vons la avec la tolerance de l ls lam envers le christianime, les limites de
de cette tolerance - mais les clercs les plus cultives du temps, les plus
orientes vers les questions d'islam, les plus proches de 1' Afrique, des
Catalans tels les Dominicaines saint Raymond de Penyafort ou Ra-
mon Marti, ou Ramon Llull, ne pouvaient ignorer que cette Berberie
avait ete aussi chretienne que les terres d'al- Andalus qui venaient de
se reconquerir : SeVille, la ville de saint Isidare redevcnait foyer
chretien, pourquoi n ' en serait-il pas de meme de Carthage, la ville de
saint Cyprien et de Bone, celle de saint Augustin?


D'ailleurs, le christianisme preislamique avait aussi longtemps sur-
vecu en terre de Berberie que dans la Peninsule Iberique: environ un
demi-millenaire. Bien que les chroniques arabes ne l lnd iquent presque
jamais, quelques bribes dallusions qui s y trouvent ici ou la, et plus en-
core des temoignages archeologiques et epigraphiques permettent de
savoir que le' christianisme subsistait encore en Berberie a la fin du XI
eme siecle et au debut du Xlleme, un christianisme autochtone, preis-
lamique, replie sur lui-meme, conservant l 'usage d ' u n latin plus ou
moins degenere et celui d ' u n e sorte de langue latino-berbere dite
alfariqui, ayant souvent perdu contact avec Rome et avec les autres
terres de la chretiente, evoluant parfois vers des formulations incons-
ciemment heretiques. Tout cela est bien connu aujourd 'hui , mais
devait l 'etre pareillement a Rome et dans les grands centres d 'etudes
de la chretiente d ' Occident aux Xlleme et XHIeme siecles. Ce sont
seulement les persecutions declenchees par les Almohades au milieu du




14


Xlleme siecle qui mirent prat iquement. fin au christianisme berbere
preislamique. Autrement dit, les fameux Mozarabes d ' Espagne, dont
le plus illustre fut saint Euloge de Cordoue, si intrepides encore dans la
foi chretienne aux IXeme et Xeme siecles, avaient eu leurs homologues
dans la Berberie a la meme epoque. Mais si 1' histoire des Mozarabes
d ' Espagne ne nous est pas inconnue, grace a la realisation continue et
progressive de la reconquista, celle de leurs freres de Berberie, isoles
par la mer, a sombre dans l 'oubl i , du fait du silence des textes. La
parallelisme de 1'histoire d'al-Andalus et de 1'histoire du Maghrib n 'en
est pas moins incontestable; il se poursuivit jusqu 'au XHIeme siecle:
on peut par exemple penser que dans une certaine mesure 1' histoire
missionnaire des dominicains et des franciscains partant alors pour le
Maghrib est comparable a celle du saint valencien mozarabe Pierre
Pascal (Pere Pascual) - ne en 1227, mort en 1300- qui a Grenade ou il
finit en martyr cherchait a reanimer une flamme chretienne qui y etait
alors aussi eteinte, semble-t-il, que dans 1'ensemble de la Berberie.


II n ' e t a i t pas impossible d'envisager une rechristianisation de la
Berberie: peut-etre - mais peu vraisemblablement - par les resurgences
d 'un atavisme non completement oublie encore; peut-etre - en une fai-
ble mesure - par un certain respect pour le christianisme; plus sure-
ment par reverence envers la force chretienne reconquerante s'affir-
mant en Espagne comme elle l'avait fait en Sicile et de plus en plus
puissante sur mer; quelques uns des representants les plus eclaires ou
les plus politiques des populations du Maghrib semblaient parfois incli-
ner vers la religion du Christ 6u feignaient de le faire. En 1230 par
exemple, le calife al-Mamoun declara dans un prone officiel en la
grande mosquee de Marrakech qu 11 n ' y avait jamais eu - en dehors du
prophete Mohamed, bien sur - q u ' u n guide envoye par Dieu: Jesus.
Quelque trente-cinq ans plus tard, une dizaine d 'annees donc avant la
creation de Miramar, le plus en vue des docteurs du studium arabicum
des Dominicains de Tunis, le catalan Ramon Marti, crut a tor t que le
calife regnant en cette ville, al-Mostancir, etait sur le point de se con-
vertir au christianisme et attendait un appui militaire occidental pour
changer officiellement de religion, et il en convainquit le roi de Fran-
ce saint Louis; c 'est la 1 'un des motifs qui semble avoir entrafne ce
prince a orienter vers la Tunisie sa Croisade de 1270 durant laquelle
il trouva la mort . Treize ans plus tard, se trouvait en Sicile un fils d un
souverain tunisien - un fils d'al-Mostancir, peut-etre - converti au
christianisme, appele "Pierre de Tunis", intriguant entre les Catalans
et les Angevins. Enfin, en 1314, peu avant la mort de Ramon Llull,
dans 1'espoir de recevoir des subsides ou des secours militaires car son
tr6ne etait vacillant, un autre souverain tunisien, Ibn al-Lihyani
fit croire a Jacques II qu'i l s 'etait secretement converti au christia-
nisme et quT. avait reellement regu un bapteme clandestin: une eton-
nante lettre de felicitations, datee du 9 juillet 1314, dont la copie est




L5


conservee dans un registre de chancellerie des Archives de la Couron-
ne d ' Aragon, fut adressee a cette occasion par Jacques II a son frere
ce nouveau "roi Jacques", car Ibn al-Lihyani disait avoir pris ce pre-
n o m . 3


Voila des faits qui me paraissent significatifs et qui nous per-
mettent de plus ou moins reconstituer le panorama africain politi-
que, et politico-religieux,que Llull pouvait mentalement contempler
quand il fonda Miramar, ces realites maghribines avec lesquelles il
prit ensuite un contact direct, sinon a Ceuta vers 1280, du moins su-
rement a Tunis en 1292, a Bougie en 1307, de nouveau a Tunis et
peut-etre aussi a Bougie en 1314-1315, au moment precisement ou se
developpait le roman de la pseudo-conversion du sultan Ibn al- Li -
hyani. 4


A vrai dire, plus encore peut-etre que de ces visions politico-re-
ligieuses exaltantes mais souvent decevantes , la vie mediterraneenne
etait faite d 'humbles et courantes donnees quotidiennes formant la
trame constante de 1'existence. Elles non plus ne pouvaient etre me-
connues par un Majorquin comme Ramon Llull. Or elles aussi ne
pouvaient que 1 'inciter a regarder vers le dar al-islam en general et le
Maghrib en particulier, et a les juger accessibles aux chretiens, donc
peut-etre a la christianisation. Ces t sur cet aspect economique et po-
litico-economique du cadre mediterraneen dans lequel se situa son
apostolat, que je crois devoir donc fixer maintenant notre attention.


Troisieme partie: Les donnees quotidiennes
de la uie economique mediterraneenne
et leurs interferences avec les donnees politiques et culturelles.


Depuis la fin du Xleme siecle, la Mediterranee etait sillonnee par
les marins chretiens; a partir du Xlleme siecle et plus encore apres la
reconquete de Majorque et de Valence, d 'Al icante et de Carthagene,
la Mediterranee occidentale devint une aire economique dominee par
les marchands de 1' Occident et le role des Catalans s'y amplifiait
considerablement. Aux dires du chroniqueur Bernat Desclot, le
celebre amiral Roger de Lauria eut 1'occasion de declarer un jour
vers l 'an 1300: "de nos jours, meme un poisson n'ose pas de se ris-
quer a travers les flots sans un sauf-conduit du roi d ' Aragon" . 5 Et
chacun sait que dans ce trafic maritime de la Mediterranee occiden-
tale, Majorque avait une place eminente: par sa situation geographi-
que, et grace a son excellente rade en eau profonde, elle etait centre
de redistribution commerciale, point descale, carrefour privilegie du
negoce international. La trafic avec le Maghrib y etait particuliere-
ment intense, j ' a i eu la bonne fortune de retrouver il y a une ving-
taine d'annees dans votre merveilleux Archivo Historico de Mallorca
un petit cahier, celui des Guiatges de janvier-mars 1284, document




16


completement isole puisque les autres registres de Guiatges ne remon-
tent qu 'au milieu du XlVe siecle. Par ce cahier de 1284, qui ne cou-
vre que des mois d 'hiver , nous savons q u e n ce temps, au temps donc
des debuts de Miramar, plusieurs petits bateaux majorquins quit-
taient 1'lle chaque semaine pour tel ou tel port du Maghrib, meme
dans la mauvaise saison. En outre, c 'est en passant par Majorque, en
s'y arretant, que les marins et marchands genois, provencaux et lan-
guedociens se rendaient aussi au Maroc et en Berberie centrale.


Pour les Majorquins contemporains de Ramon Llull, pour Llull
lui-meme, l'Afrique n e t a i t donc pas une terre lointaine et inconnue:
elle etait la porte d ' a-cote; les realites economiques quotidiennes, 1 ac-
tivite commerciale entre pays chretiens et pays musulmans donnaient
1'impression qu 'une unite eurafricaine renaissait dans le bassin occi-
dental de la mer; et ce, sous direction chretienne, puisque les naviga-
teurs et les commergants chretiens etaient les principaux realisateurs
de ce trafic. Le fait est d 'au tant plus remarquable que depuis l e p o -
que de la conquete arabe, tant 1' Eglise romaine et le patriarcat by-
zantin que les docteurs en droit islamique prohibaient la vente aux
infideles, c'est a dire aux adeptes de l 'autre religion, de tout ce qui
pouvait augmenter leur capacite d 'action belliqueuse, ainsi que la
vente des vivres de premiere necessite. Mais par appat du gain, les
chretiens n ' hesitaient pas a faire le commerce religieusement illicite:
a 1 'occasion, ils allaient vendre armes, bateaux ou cereales dans les
ports musulmans tant a Alexandrie que dans le Maghrib. L ' Eglise
peu a peu ceda, au moins partiellement, devant ces errements: 1 Inter-
dit religieux chretien flechit; et il est tres siginificatif que cela se soit
produit d 'abord a Majorque: en effet, par une bulle du 9 avril 1241 ,
dont une resume fait au XlVeme siecle se trouve dans le Liber Privi-
legiorum conserve dans les archives de la cathedrale de Majorque,
tout en rappelant q u e n aucum cas ne pouvaient etre vendus a des
pays d 'islam ni armes ni fer ni bois ni chevaux ni mules ni rien de ce
que pouvait leur servir a lutter contre les chretiens, le pape Gregoire
IX autorisa 1'eveque de Majorque a permettre a ses diocesains de
commercer avec les pays musulmans en temps de paix, meme en y
vendant des vivres.


Mieux encore, une sorte de cosmopolitisme economique englo-
bant des adeptes des deux grandes religions en presence, sesquissait
sur les rives et les eaux de la Mediterranee; il est revele, par exemple,
par les contacts commerciaux entre le royaume de Jerusalem et la
metropole musulmane de Syrie: Damas; il apparaft aussi dans l n i s -
toire de la Mediterranee occidentale au temps de Llull: en ce temps
ou les bateaux etaient generalement des co-proprietes, certains de
ceux qui naviguaient entre la Berberie et Majorque ou dau t r e s terres
chretiennes, avaient parmi leurs-coproprietaires des musulmans a co-




1 7


te de chretiens; et il s'agissait non seulement de musulmans sujets de
la Courone d 'Aragon comme par exemple les Maures ou mudejares
du royaume de Valence, mais aussi de Maghribins de Ceuta, de
Tlemcen, de Tunis ou dailleurs. De meme, des societes commerciales
groupaient parfois des Maghribins et des chretiens.


Certes, en ces siecles, le trafic n 'e ta i t jamais sur, car s'il etait
une constante de la vie mediterraneenne da lo r s , il allait de pair avec
une autre realite quotidienne: la guerre de course et la piraterie.
Un corsaire - et tout marin l 'etait plus ou moins - n 'hes i ta i t jamais a
frapper illicitement les bateaux et les marchands relevant d 'un pays
avec lequel 1' Etat dont il relevait lui-meme etait en paix, et il frappait
legalement tous ceux avec qui cet Etat n etait pas en paix. Plus qu une
coexistence pacifique entre tous les riverains de la mer, se manifestait
une curieuse coexistence de pratiques belliqueuses et de conduite
pacifique. Le concert d entente economique avait donc des limites qui
faisaient parfois brusquement chuter navigateurs ou marchands
dans un gouffre tragique ou ils etaient la proie de la torture, de l'es-
clavage ou meme de la mort . Mais tant que le Mediterraneen - chre-
tien ou musulman, juif aussi - avait la bonne fortune de traverser la
mer et de trafiquer sans connaitre la catastrophe, il cotoyait frater-
nellement des hommes professant une autre religion que la sienne et
il se decouvrait avec eux outre des interets communs, des habitudes,
des aptitudes et des gouts semblables ou proches. Sur mer, dans les
ports, chretiens et musulmans conversaient et pas seulement de com-
merce parfois, et s'ils cherchaient toujours a se tromper quelque peu
les uns les autres pour gagner le plus d 'argent possible - mais cela se
pratiquait meme entre coreligionnaires - ils n ' e n discernaient pas
moins que leur interet economique commun etait de reduire 1'emploi
de la violence.


La piraterie entrafnait en effet des represailles qui atteignaient
facilement tous les concitoyens ou"compatr io tes" de 1'auteur d 'un
dol, d 'une capture ou d 'un meurtre, et cela aboutissait a un cycle de
reactions qui nuisaient au negoce et risquaient de le paralyser a la
longue. Majorque semble avoir ete l'un des premiers hauts lieux medi-
terraneens a reagir contre ce risque dasphyxie , en trouvant un proce-
de destine a suppleer celui des lettres de marques qui legalisaient les
represailles. On adopta la formule de faibles prelevements proportion-
nels a effectqer sur les marchands d 'une ville donnee trafiquant avec
telle autre cite. prelevements realises apres accord entre 1' Etat dont
un sujet avait ete coupable et celui dont un sujet ete victime. Cette
formule qui prit a Majorque le nom de lou, a ete etudiee depuis peu
par plusieurs d 'entre nous et notamment par notre cher et grand ami
Francisco Sevillano Colom, dont je tiens ici a saluer pieusement la
memoire en ce premier sejour que je fais a Majorque depuis sa dispari-
tion: sa gentillesse infinie navai t comme egale que sa competence.




18


Tout cela faisait q u ' u n e societe economique christiano-musul-
mane fraternelle tendait a se forger des rivages chretiens aux rivages
musulmans de la mer; et Majorque jouait geographiquement un role
essentiel dans cette evolution.


Cependant, ce mouvement a ete tres hesitant et limite: il faut se
garder de toute exageration et il serait faux de croire que 1 economie
ait ainsi facilite tout uniment un rapprochement a possibles conse-
quences religieuses entre chretiens et musulmans. En effet, plusieurs
donnees historiques essentielles allaient en sens contraire de cette
possible evolution; elles 1'ont freinee, voire totalement arretee.


La premiere de ces donnees est capitale: les interets mercantiles
sbpposaient a 1'apostolat chretien; les marchands occidentaux qui fre-
quentaient les ports maghribins e ta ien t tou t heureuxd 'y etre toleres,
d 'y commercer et d 'y gagner de 1'argent; leur foi se limitait a la pra-
tique de leur religion grace aux chapelains qui disaient la messe et dis-
tribuaient les sacrements dans les fondouks-consulats. Rien n ' inquie-
tait plus et ne mecontenta davantage ces marchands que les impul-


sions missionnaires quiemporterent parfois des clercs reguliers, notam-
ment des Franciscains, par exemple a Ceuta et a Marrakech dans la
premiere moitie de XHIe siecle, ou encore Ramon Llull lui-meme a
Tunis en 1292, sison a Bougie en 1315. En effet, 1' islam, comme
nous l'avons deja rappele, n ' admet tan t pas le proselytisme chretien,
des remous de foule entrainee par quelque predicateur mahometan
pouvaient toujours se dechafner contre les tentatives d apostolat chre-
tien et par consequent contre les fondouks, les marchandises, les biens-
et les persones de ces "polytheistes trinitaires" dont des represen-
taient offensaient DieuLe commercese defiait donc de la religion.


Un second aspect des realites pressantes de l e p o q u e nuisait pa-
reillement aux possibilites de diffusion du christianisme: non seule-
ment les divers Etats occidentaux-Couronne d'Aragon, Castille, repu-
bliques marchandes italiennes, royaume angevin de Naples, Sicile- e-
taient souvent en conflit politique, mais encore leurs commergants se
concurrengaient en une rivalite tenace. Ces antagonismes economi-
ques a portee politique, jamais vraiment interrompus, jouaient a 1' in-
terieur de la chretiente contre elle, et meme au sein de la Couronne
d 'Aragon, opposant par exemple les Majorquins aux Barcelonais et
aux Valenciens. Cela ne pouvait que rendre difficile la progression
diplomatique et politique de chacune des puissances occidentales qui
tendait a etablir son influence sur telle ou telle capitale maghribine.
Voila comment, les dechirements interieurs de la chretiente et en
particulier la grande opposition d mterets entre les republiques mar-
chandes italiennes et la Couronne d 'Aragon, ainsi que les entreprises
menees par cette Couronne dans l l t a l i e elle-meme, laisserent lettre
morte le fameux traite de Monteagudo de 1291 par lequel la Castille
et la Couronne d'Aragon se partagerent a 1'avance le Maghrib. Or le




19


passe reeent -tant en Sicile que dans la Peninsule iberique- demon-
trait que jusqu 'alors c etait seulement apres la reconquete territoriale
qu'avait pu pratiquement se realiser la conversion de musulmans. La
papaute, les Ordres religieux, les clercs de grande envergure comme
Ramon Llull, qui n 'e ta ient pas sans ignorer la violence des rivalites
entre Etats chretiens, devaient donc soit s'efforcer d 'amener ces E-
tats a surmonter ces rivalites, soit se consacrer a 1'elaboration et au
perfectionnement de methodes de conversion pacifique en dehors de
toute reconquete prealable des terres. Remarquons q u ' a Majorque,
on etait particulierement bien place pour connaitre le poids et les
contre-coups de la concurrence genoise, qui etait l 'une des grandes
pierres d achoppement pour 1 essor catalan vers le Maghrib.


Telle est, je crois, la lecon qui se degage du contexte economi-
que et politico-economique qui enveloppait pour les chretiens l 'ap-
proche des rivages maghribins, comme celle du dar al-islam en gene-
ral.


Conclusion


Pour clore cette etude, tentons de faire le point sur les traits du
monde mediterraneen qui nous ont paru les plus caracteristiques.


Une constatation d 'abord s ' impose: malgre 1'aspect prometteur
pour les chretiens que presentait 1 'angle iberique du panorama gene-
ral, l 'Occident des XHIeme et XlVeme siecles n 'e tai t guere prepare,
humainement parlant, a realiser le grand effort qui aurait permis de
rendre a la civilisation romaine tombees entre les mains des disciples
de Mohamed en Afrique et en Asie, comme cela avait ete fait et con-
tinuait a se faire en Europe.


Mais pour la chretiente, pour 1'Eglise, cette paralysie relative
n 'empechai t que demeuraient pendantes les grandes questions aux-
quelles nous devons nous arreter.


Jusqu 'en 1291 et meme apres cette date, c est a dire apres comme
avant la disparition complete du royaume de Jerusalem, la Croisade
tendant a la restauration de 1'autorite chretienne a Jerusalem, Beth-
leem et Nazareth devait-elle se faire par priorite en Orient -et au be-
soin par 1' Egypte qui y etait la principale force islamique- ou au con-
traire par 1'Occident, et devait-ce dans ce cas etre par le Maroc ou
par la Tunisie, pour ensuite mieux atteindre la Terre Sainte? Les ta-
tonnements des souverains demontrent combien 1' incertitude etait
grande: le roi de Castille Alphonse X le Savant tenta de lancer une
grand Croisade vers le Maroc aux alentours de 1260; le roi de France
saint Louis mena une Croisade contre 1' Egypte en 1249-1250 et
une autre contre le Tunisieen 1270; et le Catalano-Aragonais Jacques
le Conquerant ebaucha une Croisade directe vers la Terre Sainte en
1269.




Ces hesitations, ces contradictions, nous mettent en presence du
probleme majeur: la chretiente de la seconde moitie du XHIeme sie-
cle etait-elle capable d 'organiser une Croisade victorieuse comme
celle de la fin du Xleme siecle? La magnifique renaissance provoquee
en Occident au Xleme siecle par son organisation feodale chretienne,
generatrice d ordre, de paix, de progres economique et d essor demo-
graphique au sortir du temps de la desorganisation seigneuriale, etait
restee une pyramide inachevee, t ronquee: ni le pape ni 1'empereur ne
couronnait pleinement cet edifice; engages dans leur lutte fratricide
pour le dominium mundi, la papaute et 1'empire se contrecarraient:
alors que le grand Hohenstaufen Frederic II aurait pu mettre effica-
cement au service de la chretiente la considerable force germano-ita-
lo-sicilienne q u ' il avait rassemblee, il etait un excommunie quand il
avait reussi par la politique a rendre en 1229 pour un temps la ville
de Jerusalem au royaume des Croises. Dans 1'Occident mediterraneen,
les retombees des discordes entre chretiens etaient aussi graves: quand
vers 1260 Alphonse X le Savant entrepit d 'organiser sa grande "Croi-
sade d 'Afr ique" pour rendre la Berberie au christianisme, Jacques le
Conquerant ne cessa de preciser qu 'en aucun cas cette Croisade ne
devait attaquer la Tunisie, car cela aurait risque de nuire au comerce
catalan dans ce pays. Et quand en 1270, le roi de France saint Luis,
escorte du roi de Navarre Thibaut II, partit en Croisade precisement
contre Tunis, les milices catalano-aragonaise et castillane de Tunisie,
resterent dans l 'armee du sultan contre les Croises, tandisque Jacques
le Conquerant intensifiait au meme moment les echanges commer-
ciaux entre ses Etats et cette Tunisie. En verite, du fait du mariage
-celebre en 1262- de 1'infant Pierre d'Aragon, le futur Pierre le Grand,
avec Constance de Hohenstaufen, petite-fille et heritiere en Sicile de
Frederic II, la Maison de Barcelone se placait dans le camp hostile a
1' installation par la papaute, de la Maison capetienne d 'Anjou sur le
trone de Sicile. Voila comment et pourquoi, du vivant de Ramon
Llull, le grand nom de Croisade fut detourne de son sens: a la suite
de la conquete de la Sicile par Pierre le Grand en 1282 sur les Ange-
vins, le roi d 'Aragon fut excommunie e t c e s t u n e Croisade que la pa-
paute lanca en 1285 contre 1'Aragon^en confiant 1'execution au ne-
veu de Charles d'Anjou, le roi de France Philippe le Hardi. Lexpedi-
tion tourna court, comme nous le savons tous. mais rien ne demon-
tre mieux comment capotait et se denaturait 1' idee de Croisade au
temps de Ramon Llull.


Tel est le contexte politique dans lequel se posait 1 autre question
majeure que nous avons deja indiquee: ne fallait-il pas renoncer a l'a-
postolat precede de la guerre de Croisade et donner la priorite a l'a-
postolat missionnaire ? Cette formule s'envisagea non seulement a
cause des realites politiques et politico-eeonomiques que nous avons
evoquees, mais aussi sur la lancee proprement spirituelle de 1 'esprit




21


franciscain de detachement de ce monde: au cours d ' une croisade
menee contre 1' Egypte en 1219 par le roi de Jerusalem Jean de Brienne
-le beau-pere de Frederic II- saint Francois d'Assise se ta i t precipite
en avant de 1 'armee chretienne en direction des troupes musulmanes
une croix a la main et avait reussi a etre recu par le sultan d ' Egypte
q u ' il s 'etait efforce de rallier au christianisme. Llulllui-meme, s ' il
semble avoir admis pendant un certain temps -dans la premiere par-
tie de sa vie- 1' idee de Croisade, en suggerant de la commencer au
Maroc, mit tres en garde contre les guerres de conquete dont il craig-
nait que ne naquit la haine et il elabora alors sa doctrine de la possi-
ble conversion des musulmans par la voie philosophique et par la
predication, ce qui 1'amena a travailler a la creation de colleges de
langues orientales a travers la chretiente.


Mais, ultime question, la chretiente avait-elle davantage de pos-
siblites de reussite que pour la Croisade, dans cette volonte de dialo-
gue pacifique ? La formule que je vais enoncer est banale, mais elle
est inevitable: pour dialoguer, il faut etre deux. Or l ' islam avait une
tendance profonde a refuser le dialogue et meme le contac. II e-
tait, par exemple, interdit aux chretiens vivant en pays musulman,
d 'apprendre le Coran, donc d'en posseder un exemplaire; il leur etait
interdit d ' en parler ou de parler du prophete Mohamed autrement
que pour les celebrer. La moindre critique, la moindre reserve, toute
discussion donc etaient interdites. Les docteurs en droit islamique
enseignaient qu 'un musulman devait frequenter le moins possible
des gens d 'une autre religion; s ' il s'en trouvait installes pres de chez
lui, il pouvait se montrer bon voisin mais il devait observer une cer-
taine reserve dans ses rapports avec eux. L'un des premiers grands
theoriciens de 1 islam, le fameux Malik ibn Anas, fondateur de 1'eco-
le islamique qui prevalut en Occident musulman, le malekisme, ayant
ete interroge un jour pour savoir si l b n pouvait manger avec un infi-
dele, avait repondu: *'Ce n'est pas defendu, mais personnellement je
ne cultiverai pas 1 'amitic d 'un chretien". D ailleurs^e Coran 1 enseig-
ne: "Croyants, ne prenez pas de confidents au dehors (c'est a dire
n'ayez pas pour confidents des infideles); ils ne failliraient pas a vous
perdre (c'est a dire a vour pervertir); ils desireraient vous voir retom-
ber dans la perdit ion."


Meme en ce qui concerne les relations commerciales, 1' islam e-
tait tres reticent; ses docteurs enseignaient que mieux valait ne pas
aller commercer en terre chretienne car cela pouvait enrichir les infi-
deles, donc augmenter leurs force combative. Et je remarque au
passage q u ' a .mon sens, c'est beaucoup plus pour cette question de
principe que pour les pretendus motifs d ' inferiorite technique ge-
neralement invoques par beaucoup d ' historiens, que le commerce
entre la chretiente et le dar al-islam etait essentiellement realise par
des chretiens se rendant en pays musulmans.




2.2


II me parait donc que pour bien des raisons le dialogue avec 1' is-
lam etait dificile a etablir, dans toute la mesure ou le musulman ne
cherchait pas a etre un interlocuteur. Tel est le terrain glissant et fu-
yant sur lequel se devait pourtant tenter un apostolat missionaire
dans les terres d ' islam, si la chretiente n estait pas capable de les re-
conquerir ou si elle estimait que le temps de la Croisade etait revolu,
idee qui soufflait dans certains milieux occidentaux depuis la fin du
Xlleme siecle et qu'avait relancee aux alentours de l 'an 1200, avant
saint Francois d'Assise et Ramon Llull, le mystique Joachim de
Flore.


Charles - Emmanuel Dufourq


1 . Cf. S I M O N E T , Los Mozarabes, p . 7 8 7 .
2 . J e m e p e r m e t s d e r e n v o y e r a m o n a r t i c l e , Les relations du Maroc et de la


Castiile pendant la premiere moitie du XIHeme siecle. R e v u e d ' H i s t o i r e e t d e
c i v i l i s a t i o n d u M a g h r e b ( A l g e r , j u i l l e t 1 9 6 8 ) , p a r t i c u l i e r e m e n t p p . 5 1 - 5 3 .


3 . A r c h i v e d e la C o u r o n n e d A r a g o n , R e g i s t r e n 3 3 7 , f. 1 9 8 v.
4 . J e m e p e r m e t s d e r e n v o y e r a m o n l iv re L ' Espagne catalane et le Mah-


rib aux XHIeme et XlVeme siecles, P a r i s , 1 9 6 6 , p p . 1 0 9 . 1 8 1 - 1 8 2 , 1 8 9 , 2 0 2 - 2 0 3 ,
2 9 9 , 4 1 2 , 4 2 4 e t 4 8 9 - 4 9 1 .


5 . D E S C L O T , Crdnica, c h a p . 1 6 6 .
6 . M I R A L L E S S B E R T , Catdlogo del archivo capitular de Palma, n . 3 4 1 4 .
7 . Cf. S I M O N E T , Los Mozurabes, p . 8 0 2 .
8 . H . R . I D R I S , Les iributaires en Occident musulman medieval, dapres le


"Mi'yar" d'al -Wansarisi, i n : M e l a n g e s d ' i s l a m o l o g i e a la m e m o i r e d ' A r m a n d
A B E L , L e y d e , 1 9 7 4 , p . 1 7 8 .


9 . S I M O N E T , Los Mozarabes, p . 8 2 .
1 0 . Coran I I I , 1 1 8 ( 1 1 4 ) ; d o n t l e s s u b t i l e s t r a d u c t i o n s s o n t v a r i a b l e s e t


n u a n c e e s ( c f r . t r a d u c t . H a m i d u l a h - L e t u r m y a v e c p r e f a c e M a s s i g n o n , p . 2 4 9 ; e t
t r a d . d o n n e p a r S I M O N E T , Mozarabes, p . 8 1 .


1 1 . H . R . I D R I S , Commerce maritime et kirad en Berberie orientale dapres
un recueil inedit de fatwas medievales. J o u r n a l o f E c o n o m i c a n d S o c i a l H i s t o r y
o f t h e O r i e n t , v o l . 4 , L e y d e , 1 9 6 1 , p . 2 2 9 ; e t i d . , Les tributaires en Occident mu-
sulman ( o p . c i t . ) p . 1 8 4 .


1 2 . J e m e p e r m e t s d e r e n v o y e r s u r c e t t e q u e s t i o n a la c o m m u n i c a t i o n q u e
j ' a i f a i t e a T u n i s e n 1 9 7 4 : Le commerce du Maghreb medieval avec l' Eeurope
chretienne el la marine musulmane: donnees connues et problemes en suspens, in
Actes du Premier Congres d 'Histoire et de Civilisation du Maghreb, t o m e I , T u n i s ,
1 9 7 9 , p p . 1 6 1 - 1 9 2 .


1 3 . U n a n o n y m e Tractatus de penitentia d e la f in d u X l l e m e s i e c l e r e p r o -
c h a i t a u x p r e t r e s d e se c r o i s e r e t i r o n i s a i t c p n t r e c e t t e c o n c e p t i o n d e la r e c h e r -
c h e d u m a r t y r e q u i c o n s i s t a i t " p o u r se fa i r t u e r a v o u l o i r t u e r " : e t l e r e d a c t e u r


de_s Anales de Wursbourg a c c u s a i t l e s p r e d i c a t e u r s d e la C r o i s a d e d e p o u s s e r les
c h r e t i e n s a s e - f a i r e m a s s a c r e r .




EL "STUDIUM ARABICUM"
DEL CAPITULO DOMIINTCANO DE TOLEDO DE 1250.


ANTECEDENTES DEL "MIRAMAR" DE RAMON LLULL


Una serie de estudiosos espanoles y extranjeros se han ocupado
de la investigacion sobre los estudios de las lenguas orientales entre
los dominicos y franciscanos durante el siglo XIII. Ya son clasicos los
trabajos de M. Grabmann 1 , B. Altaner 2 , A. Berthier 3 , y J.M.
Coll 4 ; a los que hemos de anadir ultimamente los de A. Cortaba-


1 . G R A B M A N N , M . : Die Missionsid.ee bei dem Dominikanertheologen
des 13. Jahrhunderts. Z e i t s c h r i f t fiir M i s s i o n s w i s s e n s c h a f t 1 ( 1 9 1 1 ) 1 3 7 - 1 4 6 .


2 . A L T A N E R , B . : L 'execucio del decret del Concili uienes sobre crea-
cio de cdtedres de llengues orientals. E s t u d i s F r a n c i s c a n s 4 6 ( 1 9 3 4 ) 1 0 8 - 1 1 5 ,
e s t r a d u c c i o n d e l a r l i c u l o p u b l i c a d o e n a l e m a n e n : Z e i t s c h r i f t fiir K i n c h e n g e s -
c h i c h t e 5 2 ( 1 9 3 3 ) 2 2 6 - 2 3 6 : I d e m . : Raymundus Lullius und der Sprachenka-
non des Konz. uonVienne (1312). H i s t o r i s c h e s J a h r b u c h 5 3 ( 1 9 3 3 ) 1 9 0 - 2 1 9 .
fue p a r c i a l m e n t e t r a d u c i d o al c a t a l a n e n : E s t u d i s F r a n c i s c a n s 4 5 ( 1 9 3 3 )
4 0 5 - 4 0 8 .


3 . B E R T H I E R , A . : Les ecoles de Langues orientales fondees aux XIII
siecle par les dominicains en Espagne et en Afrique, R e v u e A f r i c a i n e t . 7 3 ,
p p . 8 4 - 1 0 4 .


4 . C O L L , J . M . . : Escuelas de lenguas orientales en los siglos XIII y XIV
(periodo raimundiano),. A n a l e c t a S a c r a T a r r a c o n e n s i a 1 7 ( 1 9 4 4 ) 1 1 5 - 1 3 8 ;
I d e m . .(Periodo postraimundiano), i b i d e m . 1 8 ( 1 9 4 5 ) 5 9 - 8 9 ; I d e m . : (Con-


trouersias y misiones a los judios), I b i d e m . 1 9 ( 1 9 4 6 ) 2 1 7 - 2 4 0 ; I d e m . ; San
Raymundo de Penafort y las misiones del Norte de Africa en la Edad Media.
M i s s i o n a l i a H i s p a n i c a 1 5 ( 1 9 4 8 ) 4 1 7 - 4 5 7 ; I d e m . : Las disputas teologicas en la
Edad Media. Contribucion a la historia de las disputas teologicas en Espaha
A S T 2 2 ( 1 9 4 9 ) 7 7 - 1 0 1 .




2 4 L. ROBLES


rrfa 5 , R.I. Bu rns 6 y J. Gallego 7 . Mi intencion no quiere ser una re-
vision del tema , aunque si ia matizacion de algunos aspectos; cen-
trandome ante todo en un analisis de las Actas del Capitulo domini-
cano de Toledo de 1250, en las que hallamos la afirmacion de la exis-
tencia de un studium arabicum, anticipo de que seria luego el Mira-
mar de Ramon Llull.


Comenzare diciendo que Raymundo de Pehafort y Ramon Lull
son los dos principales impulsores de esa institucion docente del me-
dievo, conocida bajo el nombre de studium arabicum, que llevaria al
encuentro de dos culturas, y a un nuevo tipo de cruzada, de fndole
ideologica, frente a la militar y guerrera sostenida hasta entonces. El
studium arabicum no fue una escuela de aprendizaje de lenguas e
idiomas, sino ante todo un centro de formacion cultural, en donde se
familiarizaba, por un lado, con la cultura del pueblo arabe, y, por
otro, se preparaba para transmitir la propia, en este caso la cristiana;
todo ello bajo el prisma religioso. El studium arabicum fue un centro
donde se preparaba ante todo un grupo de clerigos para predicar pre-
ferentemente la fe cristiana al pueblo islamico.


1,- HISTORIA DE UN TEXTO
El ms. 185 del Archivo de la Facultad de Filosofia y Letras de


la Universidad de Zaragoza nos ha conservado y transmitido las Ac-
tas del Capitulo provincial, que la Provincia dominicana de Espaha
celebro en la ciudad de Toledo en 1250, en el que hallamos consti-
tu ido un Studiurn arabicum, al que son asignados ocho religiosos do-
rninicos. Dicho manuscrito es una copia, efectuada sobre el t.I, fol
177 de los Anales del Real Convento de Predicadores de Valencia* ,
obra del insigne historiador valenciano P. Joseph Teixidor, en donde
a su vez, transcribio de otra copia que contenia el ejemplar de las Ac-


5 . C O R T A B A R R I A , A . : Originalidad y significacion de los "Studia lin-
guarum" de los dominicos espaholes de los siglos XIII y XIV. P e n s a m i e n t o
2 5 ( 1 9 6 9 ) 7 1 - 9 4 ; I d e m . : L ' Etude des langues au Moyen Age chez les domini-
cains. M I D E O ( M e l a n g e s d e L ' I n s t i t u t D o m i n i c a i n d ' E t u d e s O r i e n t a l e s ) 1 0
( 1 9 7 0 ) 1 8 9 - 2 4 8 .


6 . B U R N S , R . I . : Cristian- Islamic Confrontation in the west: The thir-
teentn- century dream of conversion. T h e A m e r i c a n H i s t o r i c a l R e v i e w 7 6
( 1 9 7 1 ) 1 3 8 6 - 1 4 3 4 .


7 . G A L L E G O , J . : Santo Tomds y los Dominicos en la tradicion teolo-
gica de Valencia durante los siglos XIII, XIV y XV E s c r i t o s de l V e d a t 4
( 1 9 7 4 ) 5 1 5 - 5 2 9 .


8 . cf. T E I X I D O R Y T R I L L E S , J . : Estudios de Valencia (Historia de la
Universidad hasta 1616). E d i c i o n , i n t r o d u c c i o n , n o t a s e f n d i c e s p o r L . R O -
B L E S , V a l e n c i a , U n i v e r s i d a d . 1 9 7 6 , p a g . 3 3 .




EL " S T U D I U M A R A B I C U M ' 25


las del Capitulo toledano, guardado entonces en la Biblioteca del
Real Convento de Predicadores de Valencia, hoy Capitanfa General.
El apografo que sirviera a Teixidor para hacer su transcripcion se con-
serva en el Archivo general de la Orden de Predicadores 9 , junto con
un fragmento del siglo XVI, perteneciente al Archivo del Convento
de San Pablo de Valladolid ' 0 . Aunque no sabemos la fecha exacta
en que fueron transcritas las Actas utilizadas por Teixidor, conoce-
mos en cambio el aho en que este copio sus Anales, obra en cuatro
volumenes. conservados hasta 1835 en la Biblioteca del Real Conven-
to de Predicadores de Valencia, de los que solo hoy conocemos el
tomo II, transmitido por el ms. 4 de la Biblioteca Universitaria de


Valencia 1 0 ?La obra, conocida tambien con el t i tulo de Necrologio del
Real Conuento de Predicadores, estaba componiendola Teixidor a
principios de 1764, como consta por carta dirigida a Luis de Galiana,
y fechada el 20 de febrero 1 ' . Teixidor contaba entonces 70 ahos;
habia nacido en Villanueva del Grao (Valencia) el 17 de enero de
1694 ' 2 . Hoy tenemos el gusto de poder ofrecer una edicion comple-
ta de las Actas del Capitulo toledano, teniendo en cuenta los manus -
critos mencionados.


Diago, en el siglo XVI se hizo eco en su celebre Historia de la
Provincia de Aragon de la Orden de Predicadores, transcribiendo en
traduccion castellana el fragmento referente a la asignacion de los
ocho religiosos, en donde expresamente sehala y constata, que, el da-
to historico lo tomo de un ejemplar de las Actas que poseia el enton-
ces convento de los dominicos de Tarragona 1 3 . La traduccion de


9 . R O M A , A r c h i v o G e n e r a l i c i o d e la O r d e n d e F r e d i c a d o r e s , c o d . X I I I
1 6 8 , H .


1 0 . R O M A , A r c h i v o G c n e r a l i c i o d e la O r d e n d e P r e d i c a d o r e s , c o d I I I
1 6 3 , H . , p a g . 7 .


l O a . E n m a y o d e 1 9 8 0 la U n i v e r s i d a d d e V a l e n c i a a d q u i r i o l o s t . I I I y I V d e
la o b r a e n u n a n t i c u a r i o , o b r a c o m o h e m o s d i c h o d a d a p o r p e r d i d a e n la g u e r r a c i -
vil.


1 1 . " T r a b a j o s in c e s s a r e n la c o n t i n u a c i o n de l necrologio p o r q u e assi
m e lo m a n d o el P . R e v e r e n d i s s i m o ; c o n c l u f d o , i re r e m a t a n d o , i p o n i e n d o e n
l i m p i o , a l g u n a s o t r a s o b r i t a s . . . " , cf. L . R O B L E S : o . c , p a g . 2 2 .


1 2 . cf. R O B L E S , L . : o . c , p a g . 9 .
1 3 . " A n t e s d e e s t e a h o (1 2 5 9 ) se av ia m a n d a d o l o m i s m o , y c o n e s t r a n o


r i g o r , e n el C a p r t u l o P r o v i n c i a l t e n i d o e n T o l e d o el a h o d e mi l y d o z i e n t o s y
c i n q u e n t a . P o r q . e n la A c t a s q . d e a q u e l c a p i t u l o h e v i s to e n el c o n v e n t o d e
T a r r a g o n a , d e s p u e s d e a v e r t r a t a d o de l c o n v e n t o d e M a l l o r c a , y a v e r a s s i g n a -
d o e n el a f ray B e r n a r d o d e S a l v a t e l l a , se p o n e l u e g o l o s i g u i e n t e .
Q u e r i e n d o s a t i s f a z e r al m a n d a t o de l M a e s t r o , y a t e n d i e n d o a la u t i l i d a de l n e -
g o c i o d e p r e s e n t e , y p r i n c i p a l m e n t e d e f u t u r o , e n n o m b r e de l P a d r e y de l H i -
j o y de l E s p i r i t u S a n t o a s s i g n a m o s p a r a el e s t u d i o a r a b i g o , e n c a r g a d o l e s e n
r e m i s s i o n d e s u s p e c a d o s c o el a u t h o r i d a d de l M a e s t r o y n u e s t r a , m a n d a n d o s e -
l o s e n v i r t u d d e o b e d i e n c i a , a f ray A r n a l d o G u a r d i a , f r ay P e d r o d e C a d i r e t a ,
f r ay R a y m u n d o M a r t i n , f ray P e d r o A r i a , f ray P e d r o d e P u t e o , f ray P e d r o d e




2 6 L. ROBLES


Diago es correcta, y se ajusta fielmente al texto de las Actas tal como
hoy lo conocemos a traves de los manuscritos mencionados. Sdlo en-
contramos en el una variante importante. Entre los religiosos asigna-
dos Diago sehala a fray Domingo Estevan, mientras la tradicidn ma-
nuscrita nos da el de fr.Didacum Stephani.


Los historiadores Quetif-Echard, por su parte, tambien hicieron
referencia al citado Capitulo toledano al darnos la biograffa de Ra-
mdn Martfn, esta vez transcribiendo incluso en latin el texto frag-
mentario de las Actas en el que se hace la asignacion de los ocho re-
ligiosos 1 4 . Texto que tomaron de Diago, referente Diago, y que tra-
dujeron literalmente al latfn, al parecer, sin haber visto los originales.
Quienes posteriormente se han hecho eco del tema, por uno u otro
motivo, se han limitado a copiar el texto fragmentario dado por
Echard, de quien dependen directa o indirectamente todos, entre ellos
ellos C. Douais 1 5 , P.Mortier 1 6 , y los autores citados al principio.


Por estas fechas la Orden de Predicadores sdlo contaba con una
Provincia a lo largo de todos los territorios de la Penmsula Iberica,
conocida entonces lo mismo que es hoy la primera, con el nombre de
Provincia de Espaha. Ello implica una organizacidn muy distinta a la
de los tiempos actuales. Sus religiosos se movfan con libertad por las
tierras de los entonces reinos de Castilla, Aragdn, Navarra y Portugai.
Existe una super-estructura y organizacidn en la que no cuentan las
fronteras y trabas que estas conllevan. En tierras de Portugal se halla-
ban los conventos de Lisboa, Coimbra, Oporto y Santaren. Pertene-
cientes al reino de Castilla estaban los conventos de Salamanca, Leon,
Palencia, Zamora, Toledo, Santiago de Compostela, Cdrdoba, Burgos,
Segovia y la casa de Sevilla. En el reino de Navarra se hallaba el con-
vento de Pamplona. En la Corona de Aragdn los conventos de Barce-
lona, Palma, Zaragoza, Valencia y Lerida, aceptandose en el Capftulo
la fundacidn del de Tarragona. En total, la Orden de Predicadores con-


S a n F e l i c e , f r ay D o m i n g o E s t e v a n , y f ray P e d r o d e C a n e l l e s : y al s o b r e d i c h o
f r ay A r n a l d o d e G u a r d i a lo a s s i g n a m o s p o r P r e l a d o d e l o s o t r o s . El n u m e r o d e
d o z e c u m p l i r e m o s l o m a s p r e s t o q u e p o d r e m o s , q u e r i e n d o l o y o t o r g a n d o l o
D i o s " , cf. D I A G O , F . : o . c , B a r c e l o n a , p o r S e b a s t i a n d e C o r m e l l a s , 1 5 9 9 fo i .
4 r - v , v e a s e t a m b i e n f o l . 1 3 7 .


1 4 . " C u p i e n t e s s a t i s f a c e r e m a n d a t o m a g i s t r i ( i s e r a t P . J o a n n e s d e Vi l -
d e z h u z e n m a g i s t e r O r d i n i s I V ) e t a t t e n d e n t e s u t i l i t a t e m n e g o t i i p r a e s e n t i s ,
p r a e c i p u e v e r o f u t u r i . . . " , cf. Q U E T I F - E C H A R D , S O P . , L u t e t i a e P a r i s i o r u m ,
J . B . C h r i s t o p h o r u m B a l l a r d , t . I , 1 7 1 9 , f o l . 3 9 6 v b .


1 5 . cf. Acta Capitulorum Provincialium Ordinis Fratrum Praedicatorum,
T o u l o . u s e , 1 8 9 4 , p a g . 6 1 2 .


1 6 . cf. Histoire des Maitres Generaux de l'Ordre des Freres Precheurs Pa -
r i s , 1 9 0 3 , t . I , p a g . 5 1 9 .




E L ' • S T U D I U M A R A B I C U M ' 2 7


taba entonces con veinte conventos en el territorio peninsular.
Dejando a un lado una serie de ordenaciones, que no son del


caso senalar, el Capitulo de Toledo nombro seis Visitadores, encarga-
dos de velar y vigilar por la observancia regular, a cada uno de los
cuales le fueron asignados unos determinados conventos. Concedio el
t i tulo de Predicador General a diez religiosos. Cabe sehalar entre
ellos al entonces Prior de Palma, fr. Ponce de Villanova. Veintidos
son los religiosos difuntos entre la fecha del Capftulo del aho prece-
dente y el ahora celebrado en el mes de septiembre; dos de ellos per-
tenecientes al convento de Palma: fr. Constantino y fr. Raymundo
Cendra (Raymundus Cineris). Aparte las dos veces indicadas, en que
se hace mencion del convento de Palma, cabe sefialar tambien la
asignacion al mismo de fr. Bernardo de Salvateila, del convento de
Valencia. Religiosos mallorquines vemos asignados a varias comun i -
dades de la Peninsula, como fr. Pedro Garsia a Burgos, fr. Gregorio y
fr. Raymundo de Pulchro loco a Valencia, fr. Fernando de Ripoll


(Ripullo) y fr. Diago a Lerida. Fr. Miguel de Mallorca es asignado al
convento de Oporto. Ello indica ciertamente, que, la Comunidad de
Palma era numerosa en aquellos ahos. Sobre ello volveremos luego.


Entrando ahora en el tema que constituye el centro de nuestra
atencion hemos de sehalar, que, las Actas del Capftulo toledano, tras
haber indicado la asignacion de fr. Bernardo de Salvatella a la Comu-
nidad de Palma, pasa a sehalar inmediatamente a continuacion los re-
ligiosos que son asignados al Studium arabicum. En ningiin momen-
to indican en que lugar o ciudad esta ubicado. Los historiadores vie-
nen indicando siempre Tunez como el lugar en el que se hallaria si-
tuado el citado Estudio drabe.


El primer testimonio en favor de esta tesis lo hallamos, segun
Diago 1 7 , en la Cronica de Pedro Marsilio, escrita en 1312, y dedica-
da al rey Jaime II. Dice asi el texto :


"Studia linguarum pro fratribus sui Ordinis Tunicii et Mur-
ciae statuit, ad quae fratres Cathalanos electos destinari
procuravit, qui in multum fructum animarum profecerunt
et in suae decoratum speculum nat ionis" 1 8 .


He dicho segun Diago, por haber sido el quien nos ha transmitido en
la Vida de San Raymundo, publicada por Sebastian de Cormellas en


1 7 . cf. R O B L E S , h.:Escritores dominicos en la Corona de Aragdn (Siglos
XIII-XV), S a l a m a n c a 1 9 7 2 , p a g . 8 8 .


1 8 . cf. R I U S S E R R A , J . : Diplomatario de San Raimundo de Penyafort,
B a r c e l o n a 1 9 5 4 , p a g . 3 4 1 .




28 L. ROBLES


1601 1 9 , los capitulos 47-48-49 de la Cronica, capitulos no conser-
vados en el ms. 64 de la BibliotecaUniversitariade Barcelona, que nos
transmite la citada obra . El texto fue luego reproducido por
Tamayo Salazar en su Martyrologium Hispanum 2 1 . El propio Diago
lo da tambien en versidn castellana en su Historia de la Prouincia
dominicana de Aragon 2 2 .


El autor de la Vita antiqua, probablemente Arnaldo Burgue t 2 3 ,
se limita en cambio a decir que procurd fomentar el estudio de la len-
gua hebrea y la conversidn de los sarracenos de Espaha y Africa 2 4 .
La Vita abreviata que escribiera fr. Tebaldo, publicada por el P.Lau-
rent en Analecta Bollandiana2 5 y por A. Co l l e l l 2 6 , no hace sino resu-
mir la Vita antiqua 2 7 . El texto lo hallamos tambien reproducido en
traduccidn castellana en la Vida de San Raymundo que nos da V.J.
Antist en su Historia inedita de la Inquisicion 2 8 , aunque, por otro


1 9 . H a y e j e m p l a r e s e n M A D R I D , B N . , 2 / 6 5 6 0 7 y B A R C E L O N A , B i b l i o t e -
ca d e C a t a l u h a , 4 - 1 - 4 1 .


2 0 . cf. R O B L E S , L . : Escritores dominicos, p a g . 8 8 .
2 1 . L y o n 1 6 5 1 , t . I , p p . 8 0 - 8 4 , d a n d o la r a z o n d e p o r q u e l o h a c e : " N e p e -


r e a t p a t r i s f r a t r i s P e t r i M a r s i l i i o p u s f a c t o r u m S. R a y m u n d i q u o d m a n u s c r i p t u m
in m a n u s p e r v e n i t m e a s , e t q u o d B o l l a n d u s , a n s c r i p s e r i t M a r s i l i u s d u b i t a t , g r a t i a
a n t i q u i t a t i s h i c s u b i c e r e c u r a v i " .


2 2 . f o l . 1 2 3 v b .
2 3 . cf. R O B L E S , L . . E s c r i p t o r e s dominicos, p a g . 9 2 - 9 3 .
2 4 . cf. R I U S S E R R A , J . : Diplomatario. p a g . 2 8 1 : " . . . c u m l i c e n t i a Mag i s -


t r i O r d i n i s ef c u m a u x i l i o d o m i n i R e g i s C a s t e l l e e t d o m i n i R e g i s A r a g o n u m , s t u -
d i u m l i n g u e h e b r a i c e f ier i p r o c u r a v i t , in q u o v i g i n t i F r a t r e s O r d i n i s P r e d i c a t o -


r u m vel p l u r e s in l i n g u a i l la p e r i p s i u s d i l i g e n t i a m s u n t i n s t r u c t i , e x q u o f r u c t u s
m a x i m u s e s t s e q u u t u s , n a m p l u r e s q u a m d e c e m m i l l i a S a r r a c e n o r u m ( a ) F r a t r i -
b u s e i s p r e d i c a n t i b u s s u n t c o n v e r s i , e t i n t e r s a r r a c e n o s d e H i s p a n i a e t e t i a m in A-
f r ica d i v u l g a t a e s t v e r i t a s f ide i c h r i s t i a n a e . . . "


2 5 . P . L A U R E N T : Un legendier dominicain peu connu. A n a l e c t a B o l l a n -
d i a n a 5 8 ( 1 9 4 0 ) 2 8 - 4 7 .


2 6 . A . C O L L E L L : Raymundiana. A S T 3 0 ( 1 9 5 8 ) 2 3 - 2 8 ( 8 5 - 9 0 ) .
2 7 . " . . . a c c e p t a a u c t o r i t a t e a m a g i s t r o o r d i n i s e t a r e g i b u s C a s t e l l e e t A r a -


g o n i e e l e g i t X X f r a t r e s y d o n e o s e t i n d u s t r i o s , q u o s s t u d e r e f e c i t in l i n g u i s sci l i -
c e t e b r a i c a e t a r a b i c a in q u i b u s in b r e v i t e m p o r e p r o f e c e r u n t in t a n t u m q u o d m a -
g i s t r o s s u o s p r i m o c o n v e r t e r u m a d f i d e m e t p o s t e a p i u s q u a m d e c e m m i l i a s a r r a -
c e n o r u m d e Y s p a n i a e t d e A f r i c a f i d e m r e c e p e r u n t e t b a p t i z a t i s u n t e t p e r i l los
d i v u l g a t a e s t in illis p a r t i b u s v e r i t a s f ide i c h r i s t i a n e " . cf. A . C O L L E L L : Raymun-
diana, p a g . 2 7 ( 8 9 ) .


2 8 . " E r a g r a n d e el d e s s e o q u e t e n f a d e la s a l v a c i o n d e l o s m o r o s y j u d f o s ,
p e s s a n d o l e e s t r a h a m e n t e , q u e t a n t a s g e n t e s se c o n d e m n a s s e n , v i v i e n d o e n E s p a h a
y e n m u c h a s p a r t e s d e A f r i c a e n t r e c h r i s t i a n o s s in p o d e r a l e g a r i g n o r a n c i a . . . L u e -
g o c o n l i c e n c i a d e l g e n e r a l d e l l a p i d i o f a v o r a l o s r e y e s d e A r a g o n y C a s t i l l a y h i -
z o q u e v e y n t e r e l i g i o s o s m u y h a b i l e s a p r e n d i e s s e n la l e n g u a a r a b i g a l o q u a l c o n
el f a v o r d e D i o s t u v o t a n b u e n e f f e c t o , q u e d e n t r o d e p o c o s a h o s c o n v i r t i e r o n




E L " S T U D I U M A R A B I C U M ' 29


lado, reproducira tambien el texto de Marsilio 2 9 . Los autores poste-
riores, como A. Collell, J.M. Coll, Cortabarria, J. Gallego, etc no ha-
cen sino reproducir el texto de Diago, que va transmitiendose de
mano en mano sin que nadie hasta el presente haya ido siguiendo los
pasos de una deformacion historica.


No parece logico encontrar, en tierras no cristianas, una casa de
estudios en donde debfan formarse los jovenes recien profesos. Otra
cosa muy distinta es, que, los ya formados fuesen a ejercer en ellas su
ministerio apostolico. A tenor del texto capitular, que estamos anali-
zando, el studium arabicum estaba ya instituido, existfa ya, pues el
Capftulo no hace sino asignar a los religiosos que en el debfan cursar
estudios. Por otro lado, el texto nos dice indirectamente que en el de-
bian estudiar doce religiosos, cuyo numero se comprometen los Ca-
pitulares a completar prontamente (Numerum autem duodenarium
complebimus quantocius potuerimus). La eieccion, por otro lado, de
los religiosos que debfan cursar en el citado Estudio es un requeri-
miento exigido por el Maestro General de la Orden. Los capitulares
no hacen sino cumplir con el mandato Magistri. Aunque los historia-
dores Quetif-Echard afirman que se trata de Juan de Wildeshausen 3 0 ,
conocido mas conmunmente con el pseudonimo de El Teutonico,
cuarto Maestro General de la Orden de Predicadores, desde 1241 a
1252, pensamos que el verdadero promotor de este caso fue San
Raymundo de Pehafort, aunque el Capftulo de Toledo tuviera lugar
durante el mandato de Juan de Wildeshausen. Ya el beato Jordan de
Sajonia, inmediato sucesor de Sto. Domingo de Guzman, fundador
de la Orden de Predicadores, dispuso en el Capitulo Generalisimo de
Parfs de 1236, que, en todas las Provincias de su Orden, y en cada
convento, hubiese reiigiosos idoneos que aprendiesen las lenguas de la
epoca, para poder ejercer el apostolado y la predicacioh evangelica 3 1


d i e z m i l m o r o s e n E s p a n a y A f r i c a , y l o m e j o r fue q u e c o n el b u e n e x e m p l o c o n -
v i r t i e r o n a l o s m e s m o s a l f a q u i s , q u e le a v f a n e n s e n a d o la l e n g u a . . . " , c . 8 . S e c o n -
s e r v a n t r e s m a n u s c r i t o s d e la c i t a d a o b r a e n V A L E N C J A , A r c h i v o C o n v e n t o d e
P r e d i c a d o r e s , m s . 2 4 , s a e c . X V I , m s . 2 3 , s a e c . X V I I ; m s . 7 4 , s a e c . X V I I I .


2 9 . " D e m a s d e s t o h i z o f u n d a r e n T u n e z , y e n M u r c i a c o l l e g i o s , d o n d e l o s
r e l i g i o s o s d e su O r d e n p a r t i c u l a r m e n t e c a t a l a n e s a p r e n d i e s s e n l e n g u a s , d e l o
q u a l se s i g u f a g r a n d e p r o v e c h o p a r a las a n i m a s " c . 1 1 .


3 0 . Q U E T I T - E C H A R D , S O P . , I , foL 3 9 6 v b : " ( is e r a t P . J o a n n e s d e V i l d e s -
h u z e n m a g i s t e r O r d i n i s I V " ) .


3 1 . " M o n e m u s q u o d in o m n i b u s P r o v i n c i i s e t c o n v e n t i b u s F r a t r e s l i n g u a s
a d d i s c a n t i l l o r u m q u i b u s s u n t p r o p i n q u i " , e n : Acta Capitulorum Generalium
Ordinis Praedicatorum, e d . R e i c h e r t , R o m a e 1 8 9 8 , p a g . 9 .




30 L. ROBLES


2.- SAN RAYMUNDO Y EL "STUDIUM ARABICUM"


Creemos, no obstante, como acabamos de indicar, que, la idea
de fundar una escuela o studium arabicum, en la que se formasen los
religiosos que debfan ejercer su ministerio entre los arabes e infieles,
fue sin duda ninguna obra de San Raymundo de Pehafort. Los testi-
monios que podemos aducir para asf pensarlo son multiples, aparte
los ya mencionados.


Con fecha del 28 de noviembre de 1229 el Papa Gregorio IX le
confiaba la misidn de predicar en Arles y Narbona la cruzada en fa-
vor de la expedicidn que contra los moros de Mallorca proyectaba lle-
var a cabo el rey Don Jayme el Conquistador 3 2. Siguiendo estos po-
deres, conferidos y otros ampliados por bula del 15 de julio de 1237,
junto con Pedro de Albalate, obispo de Lerida, y S. Bernardo Calbd,
obispo de Vich, San Raymundo de Pehafort intervino en el nombra-
miento del primer obispo de Mallorca, una vez conquistada esta por
el rey Don Jayme 3 3 . A partir de entonces, Raymundo de Pehafort
comenzd una intensa actividad en esta linea. Rius Serra 3 4 fecha en
1234 la resolucidn que hace de las dudas sometidas al Papa por los
Provinciales de los dominicos y franciscanos espaholes sobre una serie
de puntos doctrinales y de fndole practica con que se encontraban
los religiosos que ejercian su apostolado en las tierras africanas 3 5 .
De ser exactas las fechas, que no lo parecen, los datos histdricos que
hasta hoy nos han llegado tendrfan que ser revisados desde otras
perspectivas.


En 1260 Raymundo de Pehafort da cuentas al entonces Maes-
tro General de su Orden, fr. Humbreto de Romans, del fruto de los
misioneros en el Norte africano, asi como en los reinos musulmanes
de Espaha, ejercfdo este, segun la citada carta, ya sea entre los solda-
dos cristianos (recuerdese el caso de fr. Miguel de Fabra y de fr. Pe-
dro de Lerida durante la conquista de Mallorca, Valencia y Murcia),


3 2 . cf. R I U S S E R R A , J . : Diplomatario, d o c . V I I , p a g . 1 1 .
3 3 . cf. R I U S S E R R A , J . : o . c , d o c . X X X V I I , p p . 4 8 - 4 9 .
3 4 . P R A G A , A r c h i v o C a p i t u l a r , K . 1 2 y F L O R E N C I A , B i b l i o t e c a N a c i o -


n a l , m s s . c o n v e n t i , I , 1 0 , 4 9 .
3 5 . R I U S S E R R A , J . : o . c , p a g . 2 2 , d o c . X V I I .




E L " S T U D I U M A R A B I C U M ' 31


entre los aramos 3 6 o cristianos que trabajaban como siervos o es-
clavos de los sarracenos, entre los apostatas, entre los sarracenos pro-
piamente tales, o entre los cristianos cautivos que viven en tierras is-
lamicas 3 7 . Documento este, por otro lado, que nos describe con es-
tos aspectos una mayor amplitud de miras, a las que habitualmente
estamos acostumbrados por la lectura de los autores que al principio
citamos.


Por otro documento, fechado el 15 de mayo de 1260, el enton-
ces General de la Merced, fr. Guillermo de Bas, reconocfa asi mismo
publicamente la intervencion de San Raymundo en la fundacion de
su Orden, de las diligencias y viaje que hizo a Roma a principios de
1235 para impetrar de Gregorio IX la confirmacion de la Orden de la
Merced 3 8 .


Por una Bula pontificia, fechada en Anagni el 15 de julio de
1260, Alejandro IV respondia a Raymundo de Pehafort a una carta
y consulta que este le habia formulado, concediendole autoridad de-
legada para enviar de nuevo a Tunez et alias barbaras nationes misio-
neros dominicos. En ella reconoce a su vez, que, los ya anteriormente
enviados estaban cosechando copiosos frutos, fructum non modicum


3 9 . El espfritu de la bula pontificia nos hace pensar que los religio-
sos alli enviados son frailes ya formados, no jovenes que se estan ini-
ciando en la vida religiosa. Tunez, a nuestro entender, no es el lugar
en el que se forman los religiosos, como ya hemos indicado, ni el
lugar en donde se halla ubicado el studium arabicum, sino uno de los
lugares donde ejercen su apostolado, amen de otros. Diago, por su
parte, constata expresamente, hablando de Ramon Martin uno de los
ocho religiosos destinados por el Capftulo de Toledo de 1250, que,
este aprendio el arabe por orden de San Raymundo de Pehafor t 4 0


3 6 . El s o b e r a n o t u n e c i n o t e n f a d u r a n t e e s t o s a r ios a s u s o r d e n e s u n a m i l i -
c ia c r i s t i a n a c o m p u e s t a p o r c a t a l a n o - a r a g o n e s e s , cf. R . B R U N S C H V I G : La Ber-
berie Orientale sous lesHafsides.Des origines a la fin du XVe siecle, P a r i s , 1 9 4 0 ,
t . I , p a g . 4 4 4 , I d e m . : Les Consulats Catalans de Tunis et de Bougie au temps de
Jacques le Conquerant. A n u a r i o d e E s t u d i o s M e d i e v a l e s , B a r c e l o n a , 1 9 6 6 , p p .
1 6 5 - 1 7 7 .


3 7 . cf. R I U S S E R R A , J . : o . c , d o c . C I I I , p a g . 1 3 3 .
3 8 . cf. R I U S S E R R A , J . : o . c , d o c . C I V , p a g . 1 3 4 - 1 3 5 . V e a s e e s p e c i a l m e n -


t e p a r a e s t e t e m a los . t r a b a j o s d e A n t o n i n D A N Z A S , o . p . : Etudes sur le temps
primitifs de l' Ordre de St- Dominique. Saint Raymond de Pennafort et son epo-
que. P a r i s - L y o n , H . O u d i n , E d i t e u r , 1 8 8 5 , X I V - 5 9 7 p p . , y E n r i q u e V A C A S G A -
L I N D O , o . p . : San Raimundo de Pehafort fundador de la Orden de la Merced.
Estudio Historico-critico, R o m a , T i p . M a n u z i o , 1 9 1 9 , V I H - 5 4 4 p p .


3 9 . R I U S S E R R A , J . : o . c , d o c . C V , p a g . 1 3 5 .
4 0 . Historia de la Provincia de Aragdn, fo l . 1 3 7 r a .




3 2 L. ROBLES


En las Constituciones de la Orden de Predicadores, reformadas
por el propio San Raymundo, se habla dei envio de religiosos a los
Estudios Generales de la epoca 4 1 . El studium arabicum era uno de
ellos. Ya Gerardo de Frachet en su obra De vitis fratrum, redactada
hacia 1254, nos describe a Raymundo de Pehafort como "zelator fi-
dei propagandae inter sarracenos" 4 2 . La Vita antiqua constata por
su parte, que, formd a veinte religiosos y convirtid a diez mil musul-
manes 4 3 . El Concilio provincial de Tarragona de diciembre de 1279,
al pedir a Roma la canonizacidn de San Raymundo, sehala,que, "in-
flamado por el celo de la fe mostrd sumo interes en que los frailes de
su orden conociesen varias lenguas y gracias a sus piadosas y eficaces ges-
tiones se convirtieron muchos infieles y se predicd el evangelio en los
pueblos extrangeros" 4 4


Raymundo de Pehafort nos ha dejado por otro lado la Summa
de poenitentia 4 5 las reglas metodoldgicas para la investigacion.
Quienes son los judfos y sarracenos, y cdmo han de ser invitados a la
fe, es uno de los temas alli tratados. Su doctrina contrasta con el
procediemiento segufdo por otros, al ensehar que unos y otros no
han de ser coaccionados para hacerse cristianos, sino que se les ha de
incitar a abrazar el evangelio con argumentos de autoridad, con razo-
nes convincentes y con trato afable, sin aspereza alguna 4 6 .La Vita
antiqua nos habla de cdmo Raymundo de Pehafort fue admirado
de unos y de otros 4 7 , de cdmo acudfan a el buscando la ayuda que
que necesitaban 4 8 . Uno de los documentos que nos ha llegado nos
habla de la intervencion que tuvo en un reparto de bienes entre ju-
dios, a quien pusieron estos como mediador y a lbacea 4 9 .


4 1 . R . C R E Y T E N S : Les conslitucions de Freres Precheurs dans la redac-
tion de S. Raymon de Pehafort. A r c h i v u m F r a t r u m P r a e d i c a t o r u m 1 8 ( 1 9 4 8 )
5 - 6 8 .


4 2 . Vitae Fratrum Ordinis Praedicatorum. L o v a i n a , 1 8 9 6 , p a g . 3 3 0 ; cf. P .
M A N D O N N E T : La carriere scolaire de Saint R. de Pehafort. A n a l e c t a S a c r i
O r d i n i s P r a e d i c a t o r u m 2 8 ( 1 9 2 0 ) 2 7 7 - 2 8 0 .


4 3 . cf. R I U S S E R R A , J . : o . c , p a g . 2 8 1 y A . C O L L E L L : Raymundiana,
p a g . 8 9 .


4 4 . R I U S S E R R A , J . : o . c , p a g . 1 8 3 .
4 5 . V e r o n a e , E d . A . C a r a t t o n i u s , 1 7 4 4 , l i b . I , t i t . I V , & I, p a g . 2 4 .
4 6 . " D e b e n t a u t e m , s i c u t a i t G r e g o r i u s , t a m J u d a e i q u a m S a r r a c e n i a u c t o -


r i t a t i b u s , r a t i o n i b u s e t b l a n d i m e n t i s p o t i u s , q u a m a s p e r i t a t i b u s a d f i d e m C h r i s -
t i a n a m d e n o v o s u s p i c i e n d a m p r o v o c a r i , n o n a u t e m c o m p e l l i . . . "


4 7 . R I U S S E R R A , J . : o . c . p a g . 2 8 1 .
4 8 . R I U S S E R R A , J . : o . c , p a g . 2 8 2 .
4 9 . R I U S S E R R A , J . : o . c , d o c . C X X V I I , p a g . 1 7 0 .




E L " S T U D I U M A R A B I C U M 3 3


3.- QUE ERAN LOS " STUDIA LINGUARUM"


Los Studia del medievo eran centros docentes que impartian la
formacion superior, pero sin poder jurfdico para impartir grados aca-
demicos. Segun las Partidas (II, tft. 31) los Estudios Generales te-
nian que ser aprobados por el Papa, el Emperador o el Rey; requisi-
to que tambien necesitaban los establecimientos universitarios. Los
Studia podfan ser simples, solemnes y generales. Los Estudios sim-
ples se limitaban a dar a los eclesiasticos, que no aspiraban a grados a-
cademicos, la formacion teologica o filosofica, quedandose en ecle-
siasticos de "carrera corta", como vulgarmente se les llamaba. Los Es-
tudios solemnes tenian ciertas ventajas sobre los anteriores, agrupan-
dose en ellos a los mas destacados, a quienes de les distinguia conce-
diendoles grados y privilegios domesticos. Los Studia generalia, por
su parte, recibian a la elite de los estudiantes, asignados en las Orde-
nes religiosas por los Capitulos provinciales. De ellos salfan luego los
que continuarian los estudios en las Universidades de la epoca,
que les capacitaba para Uegar a obtener los maximos grados, asi como
los puestos dirigentes dentro de la sociedad de entonces . 5 0


Los documentos de los siglos XIII y XIV nos hablaran del stu-
dium arabicum, studium hebraycum, studium linguarum 5 1 , signifi-
cando con ellos unos centros escolares muy concretos en los que se
impartia una ensefianza superior, con fines bien determinados.
Siendo Maestro General de los Predicadores Humberto de Romans
(1254-63), escribe en una de sus cartas circulares a su Orden, que, los
religiosos que deseen aprender lenguas extrangeras para difundir el
nombre de Cristo por los pueblos no cristianos, lo indiqUen, expre-
sando sus propositos 5 2 Identica invitacion hara el Capitulo General
de Valenciennes de 1259 a quienes deseen aprender el a r a b e . 5 3 Los
Studia linguarum, como ya indicamos, no se limitaban a dar unas
simples clases de idiomas. Los alli formados salfan a su vez especia-
lizados en las obras de los principales escritores, e impuestos en la


5 0 . cf. J . G A L L E G O : o . c , p p . 5 4 0 - 5 4 1 .
5 1 . cf. Analecta Ordinis Fratrum Praedicatorum, 1 8 9 7 , p a g . 4 1 5 y 4 2 2 .
5 2 . Litterae encyclicae Magistrorum Gerenalium, e d . R e i c h e r t , e n : Monu-


menta Ordinis Fratrum Praedicatorum Historica, 6 ( 1 9 0 0 ) , 3 9 - 4 0 .
5 3 . Acta Capitulorum generalium Ordinis Fratrum Praedicatorum, e n :


M O F P H . , v o l . I I I , p a g . 9 8 , l i n s . 9 - 1 4 .




3 4 L. ROBLES


ideologia y tematica de la lengua aprendida. Por otro lado, el estudio
de las lenguas era compart ido con una solida formacion teologica.
Los formados en dichas escuelas, no se olvide, tenian no solo que
exponer su fe religiosa, sino tambien defenderla de los ataques de que
fuera objeto por parte de sus adversarios. La Suma contra los gentiles
de Tomas de Aquino, y el Pugio fidei de Ramon Martfn son dos
ejemplos de escritos, que, nos prueban lo que acabo de decir; aunque
a decir verdad, no disponemos de documento alguno que nos indi-
que lo que en dichos centros o escuelas se hacia. No disponemos de
progamas escolares, ni sabemos exactamente lo que alli se hacia.


Como acabamos de indicar, el que un grupo de religiosos se for-
mase en el Studium arabicum no implica necessariamente que se hi-
ciera para ejercer un ministerio en territorios africanos. Podfan muy
bien ejercerlo a lo largo del territorio peninsular, y mas concretamen-
te en tierras de la Corona de Aragon. La carta dirigida por Raymun-
do de Pehafort a Humberto de Romans asi nos lo dice expresamente,
maxime apud Murtiam54 De hecho, a Pedro de la Cadireta, uno de
los asignados por el Capitulo de Toledo, perteneciente al convento de
de Sta. Catalina V. y Mr. de Barcelona, 5 5 compahero primero del In-
quisidor de Narbona fr. Pedro de Tonenes , 5 6 , y luego sucesor del
mismo como Inquisidor de Aragon, le encontramos ejerciendo su
ministerio entre los herejes de la Narbonense, por quienes sera marti-
rizado a pedradas en la Seo de Urgel. 5 7 A ambos, a Pedro de Tone-
nes y a Pedro de la Cadireta, les nombro inquisidores San Ravmundo
de Pehafort, como consta en un documento fechado el 11 de enero
de 1257, en el que ambos inquisidores intervienen en la declaracion
de hereje post mortem contra Raymundo de Josa 5 8


Sabemos por una bula, cuyo original vio Diago en el convento
de los Dominicos de Lerida, que Inocencio IV, con fecha del 20 de
octubre de 1248, concedia desde Lyon al Provincial de los domini-
cos en Espaha y a San Raymundo de Pehafort el privilegio de nom-
brar inquisidores en tierras narbonenses pertenecientes al rey Don
Jayme 5 9 asf como el de enviar religiosos idoneos a predicar contra
los herejes de aquellas t ie r ras . 6 0 Con la misma fecha Inocencio IV
ordenaba tambien al arzobispo de Narbona y a los inquisidores de a-
quella provincia eclesiastica que enviasen al Provincial de los Predica-


5 4 . R I U S S E R R A , J . : o . c , d o c C I I I , p a g . 1 3 3 .
5 5 . F . D I A G O : Historia de la Provincia, f o l . 2 r b .
5 6 . F . D I A G O : o . c , f o l . 1 2 r a .
5 7 . F . D I A G O : o . c , f o l . 5 r b .
5 8 . R I U S S E R R A , J : o . c , d o c . X C V I , p a g s . 1 2 3 - 1 2 6 .
5 9 . F . D I A G O : o . c , f o l . 1 0 - 1 1 .
6 0 . R I U S S E R R A , J . : o . c , d o c . L X X I , p a g s . 8 9 - 9 0 .




E L " ' S T U D I U M A R A B I C U M ' 3 5


dores de Espana y a fray Raymundo de Pehafort la forma de proce-
der contra los herejes de dichas tierras, cuando por ellos les fuese
pedida. 6 1 Posteriormente, a peticion del mismo rey, Inocencio IV
ampliarfa dicho privilegio para todos sus dominios en otra bula fe-
chada en Roma el 7 de abril de 1254, cuyo original tambien vio Dia-
go en Barcelona. 6 2 Dos ahos mas tarde, el Papa Alejandro IV escri-
bia al provincial de los dominicos de la Provincia de Espaha una bula,
cuyo original vio Diago en Barcelona y nos ha dejado t ranscr i ta , 6 3


dada en Anagni el V de las kalendas de julio del segundo aho de su
Pontificado (3 de julio de 1256), en la que pedia enviase religiosos de
de su orden ad terras Sarracenorum Hispaniae, per totum Regnun Tu-
nisij, et ad quascumque infidelium nationes 6 4 ; dandole por otro la-
do amplias facultades para fundar iglesias, nombrar vicarios o recto-
res, autorizar a los convertfdos a permanecer en los matrimonios con-
trafdos incluso en grados prohibidos por la Ley catolica. La carta que
Raymundo de Pehafort escribiera en 1260 al Maestro General de la
Orden, Humberto de Romans, de la que hicfmos mencion arriba,
no seria sino un informe en respuesta a la bula Cum hora unde-
cima de Alejandro IV.


A la hora de constatar las actividades de San Raymundo de Pe-
hafort como hombre de Iglesia, tendriamos que remontarnos al do-
cumento fechado el 13 de mayo de 1242 en el que, como peniten-
ciario del Papa, interviene junto con Pedro de Albalate, arzobispo de
Tarragona, y Berenguer, obispo de Barcelona, en la redaccion de las
normas por las que tendrfan que distinguirse las diversas clases de he-
rejes,y las penas canonicas que habrfa de imponerseles 6 5 Documen-
to este de sumo interes en la historia de la Iglesia, por haberse con-
vertido en norma jurfdica en los procesos inquisitoriales que se reali-
zarian luego. Los documentos a traves de los cuales descubrimos en
esta linea la actividad de San Raymundo son multiples y no es el ca-
so exponerlos aqui . Recuerdense, a modo de ejemplo, la carta que di-
rigio al arzobispo de Zaragoza, (1 de diciembre de 1256?), relativa a
la actuacion inquisitorial contra los herejes de Berga ; 6 6 la respuesta
que el propio San Raymundo y fr. Pedro, prior de Sta.Catalina de
Barcelona, le d i e r a n ; 6 7 la dirigfda por los mismos a fr. Pedro de The-


6 1 . R I U S S E R R A , J , : o . c , d o c L X X I I , p a g . 9 0 .
6 2 . F . D I A G O : o . c , f o l . l l r a .
6 3 . F . D I A G O : o . c , f o l . 1 9 v b - 2 0 v a .
6 4 . F . D I A G O : o . c , f o l . 1 9 v b .
6 5 . R I U S S E R R A , J . : o . c , d o c . L X I V , p p . 7 4 - 8 2 .
6 6 . R I U S S E R R A . J . : o . c , d o c . X C , p p . 1 1 8 - 1 1 9 .
6 7 . R I U S S E R R A , J . : o . c , d o c . X C I , p p . 1 1 9 - 1 2 0 .




3 0 L. ROBLES


nes y a fr. F. de Villarrubea sobre lo mismo, v el informe final
que San Raymundo remitio al arzobispo de Tar ragona 6 9


Pensamos que los religiosos asignados al Studium arabicum, del
que nos hablan las actas de Toledo de 1250, se preparaban para e-
jercer el ministerio apostolico entre los infieles, dando a dicho termi-
no la polisenia que encontramos en el propio Tomas de A q u i n o 7 0 y
en el Pugio fidei de Ramon Martin. Creemos, por otro lado, que las
dos obras maestras que acabamos de mencionar responden a este am-
plio plan de apostolado de que nos hablan las bulas pontiffcias, y que
Raymundo de Pehafort llevo a cabo como principal interprete y
ejecutor.


4.- DONDE ESTABA EL "STUDIUM ARABICUM"


Como ya hemos indicado, las actas no dicen que estuviera en
Tunez o en alguna ciudad determinada. En cambio, un manuscrito a-
nonimo del siglo XVI, el ms. 801 de la Biblioteca Universitaria de Va-
lencia, que nos ha conservado fragmentariamente una historia de la
expulsion de los moriscos del Reino de Valencia, y mas concretamen-
te la actividad apostolica de fr. Juan Mico, dominico, haciendose eco
de la tradicion dominicana, escribe:


"El Capitulo provincial de toda Espaha, que entonces
toda ella era una provincia, y en el anno 1250, celebrado
en Toledo, puso este estudio en MALLORCA y assigno
ocho religiosos por ojentes de los quales fueron fr. Pedro
de la Cadireta que despues fue inquisidor y murio por la
fee en Urgel y fr. Ramon Martin que llego a ser doctissi-
mo en dicha lengua y en la latina, hebrea y Chaldea, escri-
vio mucho contra judfos y m o r o s ' 7 1


El manuscrito pertenece al tomo II de los Varia del antiguo conven-
to de Predicadores de Valencia, que nos transmite especialmente
obras, escritos y notas de fr. Jeronimo Bta. de Lanuza, obispo que
fue de Albarracin. La obra fragmentaria ocupa en la paginacion ac-


6 8 . R I U S S E R R A , J . : o . c , X C I I . p p . 1 2 0 - 1 2 1 .
6 9 . R I U S S E R R A , J . : o . c , d o c . X C I I I , p p . 1 2 1 - 1 2 2 .
70. cf. R O B L E S , L . : En torno a una vieja polemica: el "Pugio fidei" y


Tomas de Aquino. R e v i s t a e s p a n o l a d e t e o l o g f a 3 4 ( 1 9 7 4 ) 3 2 1 - 3 5 0 ; 3 5 ( 1 9 7 5 )
2 1 - 4 1 ( r e f e r e n c i a , p p . 2 6 - 2 7 ) .


7 1 . V A L E N C I A , B U . , m s . 8 0 1 , p a g . 5 9 6 . V a l e n c i a , A R C P . m s . 7 9 , fo l . 2 2 5 r -
- 2 4 8 r .




E L " S T U D I U M A R A B I C U M ' 3 7


tual las paginas 563-602, que fueron los folios 580r-616v de la obra
original primitiva. El autor pudiera der Diego Mas, autor de Vida de
fr. Juan Mico, hoy perdida. En el Archivo del real Convento de Predi-
cadores de Valencia, encontramos el ms. 79, fol. 225-248r, que nos
transmite la misma obra, esta vez a nombre del celebre historiador
Francisco Diago.


La presencia de los frailes dominicos es la Isla data de los mis-
mos dfas de la conquista por el rey don Jayme. Como relata Marsilio
en su Cronica (c.34) dos religiosos, fr. Miguel de Fabra y fr. Beren-
guer de Castelbisbal, futuro obispo de Gerona, que acompahaban a
los soldados y les atendian espiritualmente durante el asedio y cam-
pana militar, fueron los fundadores del primer convento dominicano
entre el 31 de diciembre de 1229 y la festividad de San Simon y Ju-
das de 1230, fecha en que salio Don Jayme de Mallorca. 7 2 Los his-
toriadores, como D i a g o 7 3 y Baltasar Sorio, 7 4 nos hablan por otro
lado de fr. Miguel de Bennazar, moro convertfdo al cristianismo y re-
ligioso dominico luego, que dedico parte de su vida a cristianar a los
antiguos correligionarios. No es improbable pensar que con el comen-
zaron a iniciarse en la lengua arabe los religiosos dominicos que cris-
tianaron la Isla.


Los historiadores mallorquines, como T. Febrer, autor de l&His-
toria de las Grandezas del real conuento de Sto. Domingo en la ciu-
dad de Palma de Mallorca?5 han sostenido tambien la tesis de estar
ubicado aquf el Studium arabicum, que el Capitulo general de Valen-
ciennes de 1259 mandara establecer en Barcelona o en otro lugar.
Ello nos puede hacer pensar que el establecimiento de un Studium
arabicum con anterioridad a dicha fecha no estaba consolidado. Los
inconvenientes, para aquel entonces, de los viajes marftimos, y sobre
todo la pujanza que adquirirfa el convento de Barcelona bajo el influ-
jo de San Raymundo, pudieron ser la causa de que este se establecie-
se primero en Barcelona, luego en Valencia y finalmente en Jativa. La
investigacion que hemos realizado no nos ha permitido por el mo-
mento ir mas lejos. Nos tenemos que conformar con lo resehado.


7 2 . F . D I A G O : Historia de la Provincia, fo l . 1 5 3 r b .
7 3 . F . D I A G O : o . c , fo l . 1 5 3 v b .
7 4 . ci.De viris illustribus Provinciae Aragoniae Ordmis Praedicatorum• Es -


t u d i o p r e l i m i n a r y e d i c i o n p o r el P . J o s e M. d e G a r g a n t a , o . p . , V a l e n c i a , C S I C .
I n s t i t u t o A l f o n s o el M a g n a n i m o , 1 9 5 0 . p a g . 4 0 .


7 5 . P a l m a d e M a l l o r c a , 1 7 1 4 , 3 v o l s .




3 8 L. ROBLES


Entrando ahora en la identificacidn de los ocho religiosos
asignados por el Capitulo toledano, algo podemos ahadir.


De fr. Pedro de la Cad i re ta 7 6 nos ha llegado una serie de
documentos a traves de los cuales podemos seguir un poco sus
actividades. El primero de ellos, como ya indicamos, es uno
fechado el 11 de enero de 1258, en el que firma como inquisidor,
junto con fr. Pedro de Tonenes (o de Tenas), la sentencia contra
el difunto Ramdn de Josa, condenado por hereje. La reunidn
tuvo lugar en la iglesia de Santa Catalina V. y Mr. de los domini-
cos de Barcelona en presencia del rey Don Jaime, de Arnaldo
obispo de la ciudad y demas autoridades y gente destacada. 7 7 El
22 de junio de 1261 le volvemos a encontrar en Barcelona
haciendo de testigo, junto con el prior de la Comunidad, fr.
Bernardo de Baccho y de fr. G. Cabal, en la cesidn de libros que
fr. Bemardo de Valle hace en favor del convento de Santa Cata-
lina. 7 8 En 1262 interviene en la condena de ciertos herejes de los
montes de Prades y Ciurana en Cataluha. 7 9 Pedro de la Cadireta
y G. Sanxez, inquisidores de todas las tierras de la Corona de
Aragdn, condenan a un tal Juan, baile de San Nazario en Rose-
lldn (Elne). 8 0 . En febrero del mismo aho el rey Don Jayme
otorga la donacidn y remisidn a los hijos de Maria Eimerich de
Perpihan, condenada como hereje por fr. Pedro de la Cadireta. 8 1


El 5 de julio de 1264 el rey Don Jayme otorga un decreto enco-
mendando los bienes de Bernardo de Alid a su hijo G. de So, por
consejo de fr. Pedro de la Cadireta, inquisitoris haereticae pravi-
tatis in regno et dominio nostro.62 Del mismo ano son otros tres
documentos en favor de G. de So. El primero es una "autoriza-
cion concedfda por el rey Jaime I a Guillermo de So, de poseer
una tierra que fue de su padre, a instancia de fr. Pedro de Cadi-


7 6 . cf. D O U A I S . Acta, 6 1 2 , J . V I N C K E : Documenta selecta mutuas ciuita-
tis Arago-Cathalaunicae et eclesiae relationes illustrantia. B a r c e l o n a 1 9 3 6 , p a g . 5 ,
n . 9 , p a g . 7 , n . 1 3 , R I U S S E R R A , J . : Diplomatario, p p . 1 2 4 - 1 2 5 ; F . D I A G O :
o . c , f o l . 1 1 - 1 2 ; S O R I O : De uiris illustribus, 5 7 - 5 8 .


7 7 . U R G E L , A r c h i v o C a p i t u l a r : Dotalia ecclesiae Urgellensis, t . I I , d o c ,
6 8 , e d i t a d o p o r R I U S S E R R A , J . : o . c , p . 1 2 3 , cf. M I R E T Y S A N S : Itinerari de
Jaume I, p a g . 2 6 8


7 8 . Assignationes librorum qui pertinent ad conuentum Barcinonensem,
e d . T . K A E P P E L I , A r c h i v u m F r a t r u m P r a e d i c a t o r u m 3 7 ( 1 9 6 7 ) p a g . 5 6 , n . 1 3


7 9 . B a r c e l o n a , A C A . , R e g i s t r o 1 2 , p a g . 3 6
8 0 . cf. M I R E T Y S A N S : o . c , p a g . 3 3 6 .
8 1 . B A R C E L O N A , A C A . , R e g i s t r o 1 2 , p a g . 2 5 .
8 2 . cf. M I R E T Y S A N S : o . c , p a g . 3 5 3 .




E L " S T U D I U M A R A B I C U M " 3 9


reta, inquisidor, julio de 1264" . El segundo es el perdon otor-
gado por D. Jaime I a Guillermo de So, a instancia de fr. Pedro
de Cadireta, Inquisidor General de Aragon, julio de 1 2 6 4 8 4 ,
El tercero es la devolucion de varios bienes confiscados por
herejia, otorgada por D. Jaime I a favor de Pedro Adalberto y
otros. Dor indicacion de fr. Pedro de Cadireta, inquisidor, julio de


1264 . El 9 de mayo de 1265 el rey Don Jayme firma un
decreto de restitucion de buena fama al ciudadano gerundense
Bernardo Duran, por no existir pruebas de la acusacion dada
contra el de practicar costumbres y observancias propias de los
judfos, habiendo sido hecha acerca de ella la debida inquisicion
por parte de fr. Pedro de Cadireta. 8 6 El 2 de noviembre de 1269,
con ocasion del Capitulo de los dominicos de Barcelona, los
inquisidores Pedro de la Cadireta y Guillermo de Calonge, conde-
naron como hereje a Ermesinda, hija de Arnaldo, Vizconde de
Castellbo, ordenando exhumar sus cenizas. 8 7


Los documentos aducidos, y algunos mas que el lector po-
dra encontrar en la obra del P. Llogari Picanyol, S.P., Estudios
histdricos sobre A/oyrf,88 prueban que la actividad apostolica de
fr. Pedro de la Cadireta no se realizo en tierras islamicas, sino en-
tre cristianos disidentes.


De fr. Pedro de P u t e o 8 9 apenas sabemos nada, unicamente
que le fue asignada la Biblia que pertenecio a Bernardo de Olzeto,
propiedad del convento de Sta. Catalina de Barcelona, a quien se
la compro por la suma de 180 sueldos barceloneses? 0 . No sabe-
mos en que aho pudo tener lugar . Consta sin embargo, que Ber-
nardo (o Raymundo de Olzedo, Olzeda, Olleda), firmo siendo
predicador General, en una acta notarial de 1 2 6 3 9 1 lo que ca-
bria suponer que fr. Pedro de Puteo se hizo con la Biblia una vez
fallecido aquel.


8 3 . B A R C E L O N A , A C A . , R e g . 1 3 , p a g . 1 9 4 .
8 4 . i d .
8 5 . B A R C E L O N A , A C A . , r e g . 1 3 , n . 1 8 4 .
8 6 . M I R E T Y S A N S : o . c . p a g . 3 7 1 . '
8 7 . S E O D E U R G E L , A r c h i v o C a p i t u l a r : Dotalia ecclesiae Urgeliensis, n .


7 0 , cf.: C h . B A U D O N D E M O N T : Relations politiques des Comptes de Foix
auec la Catalogne, P a r i s 1 8 9 6 , t . I I , p p . 1 4 0 - 1 4 1 .


8 8 . B a r c e l o n a 1 9 6 3 , p a g . 1 6 ss .
8 9 . cf. D O U A I S : Acta, 6 1 2 ss ( P . d e P r i t e o ) ; A n a l e c t a S a c r i O r d i n i s P r a e -


d i c a t o r u m 3 ( 1 8 9 7 - 8 ) 4 1 5 ( P . d e P u t e o ) .
9 0 . cf. T . K A E P P E L I : o . c , p a g . 5 5 , n . 7 .
9 1 . cf. T . K A E P P E L I : o . c , p a g . 5 4 , n . 2 .




4 0 L. ROBLES


De fr. Pedro de San Fel ice 9 " sabemos que poseia una Biblia,
que a su muerte paso a la propiedad de fr. G. Cabal , 9 3 dos Su-
mas en un volumen, recopiladas por fr. P. Seder: 9 4 la una sobre
dispensa e impedimentos para la obtencion de offcios y benefi-
cios eclesiasticos, y la otra sobre censuras, excomuniones, sus-
pensiones y ent redichos , 9 5 que el convento de Barcelona cedio a
fr. Berengario de Bacoho. Poseyo tambien un ejemplar de las De-
cretales, que fr. Guillermo Romei adquirio a la Comunidad de
Barcelona, sumas que cambio por el Decreto de Graciano, aha-
diendo encima la cantidad de 30 sueldos barceloneses. 9 6 Fr. Juan
de Dios adquirio, por su parte, un ejemplar de una Summa de
virtutibus, propiedad que fuera en su dia de fr. Pedro de San
Fel ice. 9 7 Todo ello nos hace pensar, a juzgar por los libros ma-
nejados, que, la actividad de fr. Pedro de San Felice no se realizo
entre musulmanes sino en tierras cristianas en torno a Barcelona.


La actividad cientifica y literaria de Ramon Martin es de
sobra conocida, por lo que no entramos a exponerla de nuevo.
Creemos, no obstante, como ya hemos indicado en otras ocasio-
nes, que su obra debe ser lefda desde otras perspectivas. La lectu-
ra comparada del Pugio fidei con la Summa contra los gentiles de
Sto. Tomas de Aquino nos hace pensar que esta ultima es una o-
bra escrita en colaboracion, por etapas, e incompleta, que cam-
bio de perspectiva ideologica a partir de 1259, y que en 1272 aun
estaba en revision. Los detalles y pmebas de lo afirmado puede
verse en nuestro trabajo En torno a una vieja polemica: El
"Pugio fidei" y Tomds de Aquino?8


5,- EL "MIRAMAR" DE RAMON LLULL


No quisieramos terminar nuestro estudio sin decir algo so-
bre las relaciones entre Raymundo de Pehafort y Ramon Llull.


La aurora y la mahana de la vida de Ramon Llull coinciden
con el atardecer y el ocaso de San Raymundo de Pehafort. Am-
bos se dan cita en Barcelona. Llull ingresa en la Corte hacia 1249


9 2 . cf. D O U A I S : Acta, 6 1 3 .
9 3 . cf. T . K A E P P E L I : o . c , p a g . 5 8 , n . 2 9 .
9 4 . P o d r i a t r a t a r s e d e P e d r o C e n d r a ( C i n e r i s , C e n d r a , S e n d r e , S e d e r ? )


T . K A E P P E L I : o . c , p a g . 6 0 , n . 4 7 .
9 5 . cf. T . K A E P P E L I : o . c , p a g . 6 0 , n . 4 2 .
9 6 . cf. T . K A E P P E L I : o . c , p a g . 6 2 , n . 5 6 .
9 7 . cf. T . K A E P P E L I : o . c , p a g . 6 2 n . 5 7 .
9 8 . v e a s e n o t a 7 0 .




E L " S T U D I U M A R A B I C U M ' 4 1


y la abandona hacia 1265 , tras la llamada de la quintuple vi-
sion. Raymudo de Pehafot, desde su renuncia en 1240 como
Maestro General de los dominicos, hasta su muerte, en 1275,
reside en el convento de Sta. Catalina V. y Mr. de Barcelona.Llull
frisaria en los cuarenta ahos. Ambos se conocieron sin duda,
y Llull continuo y perfecciono la obra emprendida por el de Peha-
fort.


Despues de la qufntuple vision, Llull delibero acerca de la
mejor forma que podria "servir" a Dios, llegando a la conclusion
de que nada le complacerfa mas que "poner todo su conato, has-
ta con riesgo de perder la vida" en que los sarracenos "cuya
muchedumbre circunda por doquier a los cristianos" se convir-
tieran "al culto y servicio" de Cristo. Para ello ideo "escribir el
mejor libro del mundo contra los errores de los infieles". 9 9 Tras
una larga peregrinacion por diversos manasterios, para implorar
la intercesion de la Virgen y proteccion de los Santos, "se dispu-
so a marchar a Paris con la mira de aprender gramatica y otros sa-
beres congruentes con su proyecto; pero sus parientes y amigos,
y sobre todo fray Raymundo de la Orden de Predicadores, aquel
que en tiempos de Gregorio IX habia compilado las Decretales le
disuadieron, con razones y consejos, de su proposito y le hicie-
ron regresar a su ciudad de las Mallorcas". 1 0 0


Es evidente que Raymundo de Pehafort fue la figura decisiva
(maxime) en ladisuacion. No parece aventurado afirmar que Raymun-
do de Pehafort, figura clave en aquellos dias, inspirase tal vez incluso
sin proponerselo, y sin que RamonLlull se percatase de ello, los obje-
tivos que este formulo a raiz de su qufntuple vision. Tres fueron, se-
giin la Vita coetanea, escrita en 1311 , los que RamonLlul lse propuso:


1.- darse por completo, en vida y muerte, a la conversion de los in-
fieles,
2.- impetrar del Papa, reyes y principes cristianos la fundacion de mo-
nasterios donde los religiosos y personas idoneas aprendiesen el arabe.e
3.- escribir el mejor libro del mundo contra los errores de los infieles.
Con ello no hace otra cosa que seguir los pasos iniciados por Raymun-
do de Pehafort.


9 9 . " . . . q u o d i p s e f a c t u r u s e s s e t p o s t e a u n u m l i b r u m m e l i o r e m d e m u n d o
c o n t r a e r r o r e s i n f i d e l i u m " , Vita coetanea.


1 0 0 . " C o m p l e t a e r g o p e r e g r i n a t i o n e s u a p r a e d i c t a , p a r a v i t i t e r a r r i p e r e Pa -
r i s i u s , c a u s a d i s c e n d i ib i g r a m a t i c a m e t a l i q u a m a l i a m s c i e n t i a m s u o p r o p o s i t o
c o n g r u a m ; s e d a b h o c i n t i n e r e p a r e n t e s e t a m i c i su i e t m a x i m e F r a t e r R a y m u n -
d u s d e O r d i n e P r a e d i c a t o r u m , q u i q u o n d a m D o m i n i G r e g o r i i n o n i c o m p i l a v e r a t
d e c r e t a l e s , s u i s p e r s u a s i o n i b u s e t c o n s i l i i s d i v e r t e r u n t , e t e u m a d c i v i t a t e m s u a m
M a i o r i c a r u m s c i l i c e t r e d i r e f e c e r u n t " , Vita coetanea.




42 L. ROBLES


Nos haria falta un estudio comparado de textos , a traves de los
cuales pudieramos descubrir las convergencias y divergencias de las dos
personalidades, asi como tambien serviria, para comprender mu-
chas cosas, una recopilacidn de textos lulianos que nos mostrasen sus
contactos y relaciones con la Orden de Predicadores, comenzando por
el poema Desconhort101 en donde consiena que "asistid a tres Capftu-
los generales de los Predicadores". En Blanquerna102 evoca su presen-
cia en el Capitulo de Montpellier (aho 1265) al que "asistieron...frai-
les de todas las tierras cristianas".


La lectura del Felix de les meravelles en comparacidn con el Spe-
culum naturale del dorninico Vicente de Beauvais nos llevaria tambien
a una interdependencia ideoldgica. El tratadito de los angeles (Llibre
II. Dels dngels), que consta de cuatro capftulos, podemos decir que
corresponden a los CC. 58, 55, 42, 50 y 26 del libro IV, y el c. 64 del
libro XV del del Speculum. Lo mismo habrfa que decir de los libros o
tratados de las plantas y metales.


La comparacidn de las noticias geograficas, folkldricas e histdri-
cas que RamdnLlullnos da a lo largo de sus obras, como por ejemplo,
en los cc. 67, 7 1 , y 72 de Doctrina pueril, y en los cc. 84 (Gana) y 88
(Damiata, Irlanda, Berberfa, Turquia, Ultramar) de Blanquerna, con
las que recoge Vicente de Beauvais en el libro I de su Speculum histo-
riale, nos hace pensar, que, este fue tambien una de sus canteras, aun-
que no el unico fildn donde bebiera el doctor Iluminado.


Como conclusidn de todo ello hemos de aceptar con honestidad
cientifica, que, a la hora de hacer la historia de nuestro pueblo no po-
demos silenciar la obra llevada a cabo en las centurias pasadas por el
grupo de franciscanos y dominicos, que a traves de sus conocimientos
de las lenguas orientales pusieron en circulacidn una cultura ignorada
por la Europa cristiana. En las grandes transformaciones ideoldgicas,
por las que que Europa ha ido pasando, ambas Ordenes religiosas han
jugado una de las grandes bazas.


Laureano Robles
Adjunto Universidad de Valencia.


1 0 1 . E s t r o f a X I V .
1 0 2 . c a p . X C .




E L " S T U D I U M A R A B I C U M " 4 3


< A C T A C A P I T U L I P R O V I N C I A L I S T O L E T I C E L E B R A T I .


A N N O D O M I N I M C C L ? *


In n o m i n e P a t r i s , e t F i l i i , e t S p i r i t u s S a n c t i . A m e n . H a e c s u n t Acta
Capituli Provincialis Toleti celebrati, anno Domini MCCL.


A b s o l v i m u s P r i o r e s P a m p i l o n e n s i s , L e g i o n e n s i s e t C o l i m b r e n s i s .
A s s i g n a m u s c o n v e n t u i U l i x b o n e n s i fr. B e r n a r d u m e t fr. B e r n a r d u m , vas -


c o n e s , q u i s u n t in c o n v e n t u S a l a m a n t i n o , fr. M a r t i n u m d e S a n c t o P a u l o , q u i e s t
in c o d e m c o n v c n t u , fr. B l a s i u m e t A l v a r u m d e c o n v e n t u S a n t a r e n s i , e t fr. P e l a -
g i u m d e C l u n i a , q u i e s t d e c o n v e n t u C o l i m b r e n s i .


A s s i g n a m u s c o n v e n t u i S a n t a r e n si fr. M o l e n d i n u m N u n i o n i s d e c o n v e n -
t u C o l i m b n e n s i , f r. M a r t i n u m , n o v i c i u m , q u i e s t d e c o n v e n t u P o r t u g a l e n s i ,
fr. A n d r a e a m d e c o n v e n t u C o l i m b r i e n s i , fr. D i d a c u m D o m i n i c i , c o n v e r s u m , d e
c o n v e n t u T o l e t a n o .


• ^ A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > C o l i m b r i e n s i fr. Pef iad A s t u m d e m d e c o n v e n t u
L e g i o n e n s i , fr . G r e g o r i u m A l p h o n s i d e c o n v e n t u S a n t a r e n s i , fr . J o a n n e m J a c o b i
d e c o n v e n t u P a l e n t i n o , fr. F e r d i n a n d u m d e T u d e l a , fr. N i c o l a u m A u s t u r e n s e m ,
fr. D i d a c u m T u d e n s e m , fr. J o a n n e m d e s a n c t o J u s t o , q u i s u n t in c o n v e n t u U l i x -
b o n e n s i , fr. M i c h a e l e m , c o n v e r s u m , q u i e s t i n c o n v e n t u Z a m o r e n s i .


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > P o r t u g a l e n s i t r . P e t r u m M a r t i n i L u c e n s e m d e
c o n v e n t u C o m p o s t e l l a n o . fr. J o a n n e m F e r d i n a n d i d e c o n v e n t u L e g i o n e n s i , fr.
J o a n n e m B e r n a r d i d e c o n v e n t u Z a m o r e n s i , fr. P e t r u m , q u i fu i t n o v i t i u s C o r d u b a e


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > C o m p o s t e l l a n o fr. P e t r u m M a r t i n i d e S a n t s d e
c o n v e n t u L e g i o n e n s i , fr. P e t r u m I s i d o r i , j u n i o r e m , d e c o n v e n t u P a l e n t i n o , fr. Mi -
c h a e l e m S u e r i d e c o n v e n t u P o r t u g a l e n s i , fr. D o m i n i c u m V i l e l l a , fr. J a c o b u m d e
S e r r a , fr. G u i l l e l m u n d e M o n t e s o n o d e c o n v e n t u I l l e r d e n s i ; i s t o s q u i n q u e ass ig-
n a n i u s ad l o g i c a m ; fr. M a r t i n u m , c o n v e r s u m , q u i e s t Z a m o r a e .


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > L e g i o n e n s i fr. P e t r u m d e P o n t e d e c o n v e n t u
P a m p i l o n e n s i , fr. S a n c t i u m d e c o n v e n t u C a e s a r a u g u s t a n o , / / p . 2 fr. L a u r e n -
t i u m d e c o n v e n t u B u r g e n s i , F r . G o n d i s a l v u m d e V i l l a m e d i a n a , fr . F e r d i n a n d u m
G a r s i a d e c o n v e n t u P a l e n t i n o , fr. i s i d o r u m d e c o n v e n t u Z a m o r e n s i , fr . M a r t i n u m
d e S a n g u s i a . fr . D o m i n i c u m Z a m o r e n s e m , q u i fu i t C o l i m b r i a e , fr. B a t h o l o m e u m ,
c o n v e r s u m , q u i fu i t C o l i m b r i a e .


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > P a l e n t i n o fr. R o d e r i c u m S a n c i i d e c o n v e n t u Sa -
l a m a n t i n o , fr. S t e p h a n u m d e A l g a p h a r i a d e c o n v e n t u V a l e n t i n o , fr. P e t r u m
M a r t i n i d e O l l e t o , fr. M u n i o n e m d e M e d i n a c e l i , fr . S t e p h a n u m d e S p a r a g o , fr.


E d i t a m o s el m s . d e Z A R A G O Z A , A r c h i v o d e la F a c u l t a d d e F i l o s o f f a y
L e t r a s , m s . 1 8 5 , q u e t r a e , a n t e s d e l t e x t o d e las A c t a s , la s i g u i e n t e n o t a : " E n el
t o m o I d e l o s A n a l e s d e l R e a l C o n v e n t o d e P r e d i c a d o r e s d e V a l e n c i a q u e e s c r i -
b i o el M . R . L r . F r . J o s e p h T e i x i d o r , al f o l i o 1 7 7 , se h a l l a n c o p i a d a s l a s A c t a s d e l
C a p f t u l o P r o v i n c i a l d e la P r o v i n c i a d e E s p a h a c e l e b r o e n el c o n v e n t o d e T o l e d o
e n el a h o 1 2 5 0 , y s o n c o m o se s i g u e n . . . " P a r a l o s o t r o s d o s m a n u s c r i t o s , cf.
Analecta Sacri Ordinis Fratrum Praedicatorum, I I I ( 1 8 9 7 - 1 8 9 8 ) , 4 1 3 - 4 1 6 .




4 4 L. ROBLES


D i o n i s i u m , fr. D o m i n i c u m d e P a l e n t i o l a , fr. S a t u r n i n u m , fr. S a n c i u m d e O r d o n i a
d e c o n v e n t u L e g i o n e n s i , fr . J o a n n e m d e c o n v e n t u C o r d u b e n s i , fr. P e t r u m d e
V a l l e - O l l e t i , n o v i t i u m , fr . S i m o n e m , c o n v e r s u m , d e c o n v e n t u V a l e n t i n o .


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > Z a m o r e n s i fr. D o m i n i c u m d e Z u r i a , p r o d o c t o -
r e , fr. A n d r a e a m B r a c c a r e n s e m d e c o n v e n t u C o m p o s t e l l a n o , fr. G a r s i a m d e B u r -
gis d e c o n v e n t u B u r g e n s i , fr . G u i l l e m u m d e J a c c a d e c o n v e n t u V a l e n t i n o . fr.
M a r c u m d e c o n v e n t u P a l e n t i n o , fr . J o a n n e m G u n d i s a l v i d e c o n v e n t u B u r g e n s i , fr.
G a r s i a m L u p i d e c o n v e n t u B u r g e n s i : I s t o s q u a t o r a s s i g n a m u s a d l o g i c a m . I t e m fr.
P e t r u m D i d a c i , q u i e s t H i s p a l i , fr . F e r d i n a n d u m , c o n v e r s u m , d e c o n v e n t u P a l e n -
t i n o .


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > S a l a m a n t i n o fr. L a u r e n t i u m L u c e n s e m d e c o n -
v e n t u C o m p o s t e l l a n o , fr. J o a n n e m G a l l e t i u m d e c o n v e n t u P o r t u g a l e n s i , fr. A l -
p h o n s u m A l b e r t i , fr. J o a n n e m R o t u n d u m , fr. D i d a c u m P e l a g i i ; i s t o s t r e s d e c o n -
v e n t u C o l i m b r i e n s i . fr. R o b e r t u m U n g a r u m d e c o n v e n t u P a l e n t i n o , fr . P e t r u m
J o a n n i s , fr. D i d a c u m M u n i o n i s d e c o n v e n t u S e g o v i e n s i , fr. M i c h a e l e m d e M a j o -
r i c a d e c o n v e n t u P o r t u g a l e n s i , fr . J o a n n e m d e E s t e l l a d e c o n v e n t u P a m p i l o n e n s i ,
fr. J o a n n e m , c o n v e r s u m d e c o n v e n t u C o r d u b e n s i .


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > S e g o v i e n s i fr. C o r b a r a n , e t fr. G u i l l e l m u n F e r d i -
n a n d i , q u i s e c u m e s t , fr. M a r t i n u m J o a n n i s .


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > Z a m o r e n s i fr. G o t t a r i u m d e d o m o H i s p a l e n s i , fr.
M a r t i n u m e t fr . D i d a c u m P e t r i d e d o m o H i s p a l e n s i , fr. D i d a c u m d e L u n a , fr. D i -
d a c u m S e n e n d e I l l e r d a , fr. N i c o l a u m d e P o n t e d e c o n v e n t u P a m p i l o n e n s i , fr. P e -
t r u m G a l l e c i u m d e c o n v e n t u B u r g e n s i , fr. D i d a c u m R a m i .


«C A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > T o l e t a n o fr. B l a s s i u m d e c o n v e n t u C a e s a r a u g u s t a -
n o , fr. D i d a c u m , e t fr. / / P- 3 S a n c i u m M a r t i n i , e t fr. M i c h a e l e m A l a v e n s e m
e t fr. M i c h a e l e m D . S o r i e s e m , i s t o s q u a t o r d e c o n v e n t u C o r d u b e n s i , fr. P e t r u m
A l p h o n s i d e c o n v e n t u P a l e n t i n o , fr. F c r d i n a n d u m , e t fr. D i d a c u m S e g o v i e n s e m
d e c o n v e n t u L e g i o n e n s i , fr. R o m e r i u m d e c o n v e n t u S a l a m a n t i n o , fr . D i d a c u m d e
d e L o r , fr. P e t r u m G a r s i a , c o n v e r s u m .


< / A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > C o r d u b e n s i fr. P e l a g i u m d e s a n c t a E u g e n i a , fr. D i -
d a c u m P e t r i d e S t e l l a , q u i e s t B u r g i s , fr. D i d a c u m M a r c h e t i d e e o d e m c o n v e n t u ,
fr. A l p h o n s u m d e c o n v e n t u T o l e t a n o , fr. E r i b e r t u m d e c o n v e n t u S a l a m a n t i n o ,
fr. P e t r u m A s t u r i e n s e m d e c o n v e n t u C o l i m b r i e n s i , fr. P e t r u m d e T a u r o d e c o n -
v e n t u Z a m o r e n s i , fr. P e t r u m d e P a c e , fr. M i c h a e l e m , c o n v e r s u m , d e c o n v e n t u
S a l a m a n t i n o .


<i A s s i g n a m u s > d o m u i H i s p a l e n s i fr. D i d a c u m d e S a g r a t o , fr. D i d a c u m d e
c o n v e n t u S e g o v i e n s i , fr. D o m i n i c u m A d r a e a m , fr. F a c u n d u m , fr. P e t r u m F e r d i -
n a n d i d e c o n v e n t u T o l e t a n o , fr. D i d a c u m d e A l i a g a d e c o n v e n t u I l l c r d e n s i , fr.
B e r n a r d u m d e A l p h a g e r i n o d e c o n v e n t u V a l e n t i n o , fr. M a r t i n u m C e r d o n e m d e
c o n v e n t u B u r g e n s i , fr. D i d a c u m , c o n v e r s u m , d e c o n v e n t u P a l e n t i n o .


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > B u r g e n s i fr. D i d a c u m J o a n n i s , p r o d o c t o r c , fr.
C l e m e n t e m d e c o n v e n t u Z a m o r e n s i , fr. C a r o l u m S t e p h a n i d e c o n v e n t u T o l e t a n o .


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > P a m p i l o n e n s i fr. P e t r u m I l l e r d e n s e m , fr. E g i d i u m
J a c c e n s e m , fr. N i c o l a u m d e c o n v e n t u C a e s a r a u g u s t a n o , fr. A r n a l d u m G o m b a l d i ,
fr. R a y m u n d u m d e R u b i o n , fr. P e t r u m G a r s i a d e c o n v e n t u M a j o r i c e n s i , fr .
D i d a c u m d e P r a t i s , fr . S i m o n e m , n o v i t i u m .




E L " S T U D I U M A R A B I C U M " 4 5


<£. A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > C a e s a r a u g u s t a n o fr. M a r t i n u m C a l a t a y u v e n s e m ,
fr. P e t r u m d e B a r a t o , fr. P e t r u m d e B o i l , fr. P e t r u m O s c e n s e m , n o v i t i u m , fr.
B e r n a r d u m J a c c e n s e m , fr. P e r e g r i n u m S e g o v i e n s e m , fr. G u i l l e l m u m O s c e n s e m ,
c o n v e r s u m , d e c o n v e n t u I l l e r d e n s i .


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > V a l e n t i n o fr. M i c h a e l e m d e c o n v e n t u I l l e r d e n s i ,
p r o d o c t o r e , fr. B e r n a r d u m O s c e n s e m d e c o n v e n t u Z a m o r e n s i , fr. G r e g o r i u m d e
c o n v e n t u M a j o r i c e n s i , fr . R a y m u n d u m d e P u l c h r o L o c o d e e o d e m c o n v e n t u , fr.
B e r n a r d u m d e V a l l e e t fr. B e r t r a n d u m d e c o n v e n t u B a r c h i n o n e n s i , / / p . 4 f r.
F o r t u n i u m d e c o n v e n t u C a e s a r a g u s t a n o , fr. B e r n a r d u m d e V i l l a m a j o r i d e c o n -
v e n t u I l l e r d e n s i , fr . R a y m u n d u m d e F o n t o v a d e c o n v e n t u C a e s a r a u g u s t a n o .


<1 A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > l l l e r d e n s i fr. N i c o l a u m d e M o n t e a l b o , fr. F e r d i -
n a n d u m d e R i p u l l o d e c o n v e n t u M a j o r i c e n s i , fr. P e t r u m V i d o s d e C o n v e n t u C a e -
s a r a u g u s t a n o , fr. D i d a c u m d e c o n v e n t u M a j o r i c e n s i .


A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > B a r c h i n o n e n s i fr. G u i l l e l m u n d e R i p u l l o , c l e r i -
c u m , d e c o n v e n t u I l l e r d e n s i .


< A s s i g n a m u s c o n v e n t u i > M a j o r i c e n s i fr. B e r n a r d u m d e S a l v a t e l l a d e c o n -
v e n t u V a l e n t i n o .


V o l e n t e s s a t i s f a c e r e m a n d a t o M a g i s t r i , e t a t t e n d e n t e s u t i l i t a t e m n e g o t i i i n
p r a e s e n t i , e t m a x i m i in f u t u r u m , in n o m i n e P a t r i s , e t fi l i i , e t S p i r i t u s S a n c t i
a s s i g n a m u s a d S t u d i u m a r a b i c u m , i n j u n g e n t e s e i s in r e m i s s i o n e m p e c c a t o r u m
s u o r u m , a u c t o r i t a t e M a g i s t r i , e t n o s t r a , e t m a n d a n t e s e i s i n v i r t u t e o b e d i e n t i a e ,
fr. A r n a l d u m d e G u a r d i a , fr. P e t r u m d e C a d i r e t a , fr. R a y m u n d u m M a r t i n i , fr.
P e t r u m A r i e , fr. P e t r u m d e P u t e o , fr. P e t r u m d e s a n c t o F e l i c e , fr . D i d a c u m
S t c p h a n i , fr. P e t r u m d e C a n e l l i s . P r a e d i c t u m a u t e m fr. A r n a l d u m a s s i g n a m u s a l i i s
in p r a e l a t u m . N u m e r u m a u t e m d u o d e n a r i u m c o m p l e b i m u s , q u a n t o c i u s p o t u e -
r i m u s , D e o d a n t e .


A d m o n e i n u s P r i o r e s q u o d m e l i u s f a c i a n t s e r v a r e s i l e n t i u m , e t o b s e r v a n t i a s
r e g u l a r e s .


I t e m q u o d f r a t r c s n o n s i n t t e s t a m e n t a r i i , n e c se i n g e r a n t d e c e d e n t i u m
t e s t a m e n t i s .


I t e m q u o d i n p u b l i c i s p r a e d i c a t i o n i b u s f ia t o r a t i o p r o D o m i n o P a p a , e t p r o
p r o E c c l e s i a , e t p r o P r i n c i p i b u s p r o f ide p u g n a n t i b u s .


I t e m v o l u m u s q u o d P r i o r e s i n s i s t a n t m a g i s s o l i t o i n t u s , e t e x t r a , p e r s e , e t
p e r a l i o s , p r a e d i c a t i o n i b u s , e t c o n f e s i o n i b u s a u d i e n d i s .


I t e m f r a t r e s d o c t o r e s e t v a l e t u d i n a r i i n o n v e s c a n t u r c a r n i b u s n i s i d i e d o -
m i n i c a , e t f e r i a t e r c i a , e t q u i n t a ; a l i i s v e r o d i e b u s c o m e d a n t in c o n v e n t u .


I t e m p r o v i d e a n t p a t r e s P r i o r e s , q u o d a d m o n i t i o n e s C a p i t u l o r u m G e n e r a -
l i u m , e t P r o v i n c i a l i u m , e t L i t t e r a e M a g i s t r i f a c t a e a t r i b u s a n n i s a n t e a l e g a n t u r t e r
in a n n o q u a n d o / / p . 5 p l u r e s f r a r e s f u e r i n t in c o n v e n t u .


I t e m V i s i t a t o r e s v i s i t e n t t e m p o r e o p p o r t u n o , q u o d si v i s i t a r e n o n p o t u e -
r i n t p r o p t e r a l i q u o d i m p e d i m e n t u m l e g i t i m u m , s i g n i f i c e n t P r i o r i b u s , n e c o c a s i o -
n e e o r u m p r a e d i c a t i o v a l e a t i m p e d i r i .


I t e m r e v o c a m u s o m n e s l i c e n t i a s g e n e r a l e s , e t s p e c i a l e s , f a c t a s a P r i o r i b u s
P r o v i n c i a l i b u s u s q u e m o d o .


I t e m a c c u s a t i o u n i u s n o n p o n a t u r s u b s ig i l lo c o n v e n t u s , e t p e t i t i o n e s c o n -




4 b L. ROBLES


v e n t u s p o n a n t u r s u b e o r u m s i g i l l o , e t n o n c o m i t t e n t u r p e r s o n i s .


I t e m , Bibliae e t Summae majores, s c i l i c e t , Magistri C, e t de virtutibus et
vitiis, e t fr. Raymundi, e t Breviaria a s s i g n a t a h a c t e n u s , vel u l t e r i u s a s s i g n a n d a
i n t i t u l e n t u r i l l is c o n v e n t i b u s , a q u i b u s a s s u m p t a s u n t , vel d e c a e t e r o a s s u m e n t u r .


I t e m , q u i c u m q u e h a b e n t s igi l la t r a d a n t P r i o r i b u s s u i s , e x c e p t i s P r a e d i c a t o -
r i b u s G e n e r a l i b u s . O m n e s c o n v e n t u s , q u i h a b e n t d u p l i c i a p r i v i l e g i a d e e a d e m
m a t e r i a , r e q u i r a n t s i b i u n u m ' , e t m i t t a n t a l i u d a d C a p i t u l u m P r o v i n c i a l e se-
q u e n s .


D i f f i n i t o r C a p i t u l i G e n e r a l i s P r i o r B a r c h i n o n e n s i s , s o c i u s e j u s fr . M a r t i n u m
d e C a l a t a y u d .


I s t i s u n t V i s i t a t o r e s : fr. P e t r u s d e B e e m i r v i s i t a b i t C o n v e n t u m C o m p o s t e l l a -
n u m e t P o r t u g a l i a e : fr. P e t r u s d e P o n t e P a l e n t i n u m , Z a m o r e n s e m e t S a l a m a n t i -
n u m ; fr. F e r d i n a n d u s d e V a l l e j u n i p e r i L e g i o n e n s e m , B u r g e n s e m , P a m p i l o n e n -
s e m ; fr. A r n a l d u s S a l o m o n i s c o n v e n t u s M a j o r i c e n s e m , e t V a l e n t i n u m ; fr. G a r -
c i a s d e O r d o n i a S e g o v i e n s e m , T o l e t a n u m , C o r d u b e n s e m , e t d o m u m H i s p a l e n s e m ;
fr . E g i d i u s J a c c e n s i s C e s a r a u g u s t a n u m , I l e r d e n s e m , e t B a r c h i n o n e n s e m .


F a c i m u s P r a e d i c a t o r e s G e n e r a l e s : fr. G u i l l e l m u m d e T o r r e n t e , P r i o r e m


B a r c h i n o n e n s e m , fr. A d e m a r u m , d o c t o r e m B a r c h i n o n e n s e m , fr . P o n c i u m d e Vi -


l l a n o v a , P r i o r e m M a j o r i c e n s e m , fr . P e l a g i u m A p o s t o l u m , P r i o r e m P o r t u g a l e n s e m ,


fr . D i d a c u m G o m e s i u m , P r i o r e m S a n t a r e n s e m , fr. J a c o b u m , d o c t o r e m P a l e n t i -


n u m , fr. A l - / / (p. 6) b e r t u m S a l a m a n t i n u m , fr . P e t r u m J o a n n i s d e B e r e m i r , fr.


D i d a c u m Blas i i , e t fr . J o a n n e m F e r r a n d i .


P r o f r a t r i b u s n o s t r i s e t M i n o r i b u s , f a m i l i a r i b u s e t b e n e f a c t o r i b u s . e t r e c o -


m e n d a t i s vivis q u i l i b e t s a c e r d o s t r e s M i s s a s d e S p i r i t u S a n c t o , s e d c l e r i c i P s a l t e -


r i u m , l a i c i q u i n g e n t a P a t e r N o s t e r .


P r o R e g e n t e C a s t e l l a e D o m i n o A p h o n s o , p r i m o g e n i t o e j u s e t i n f a n t i s s a


d e O l g i s , e t a l i is filiis e j u s , q u i l i b e t s a c e r d o s u n u m M i s s a m d e S p i r i t u S a n c t o .


P r o r e g e A r a g o n u m e t u x o r e e j u s e t fiJiis e o r u m , q u i l i b e t c o n v e n t u s u n a m


M i s s a m d e S a n c t o S p i r i t u .


P r o D o m i n o A r c h i e p i s c o p o T a r r a c o n e n s i , q u i l i b e t c o n v e n t u s u n a m Mis -


s a m d e B . V i r g i n e .


P r o D o m i n o A r c h i e p i s c o p o C o m p o s t e l l a n o , q u i l i b e t c o n v e n t u s u n a m Mis -


s a m d e B . V i r g i n e .


P r o D o m i n o A r c h i e p i s c o p o T o l e t a n o , d e f u n c t o b o n a e m e m o r i a e , q u i l i b e t


c o n v e n t u s u n a m M i s s a m d e D e f u n c t i s .


P r o D o m i n o A r c h i d i a c o n o P a m p i l o n e n s i , d e f u n c t o in O r d i n e , q u i l i b e t sa-


c e r d o s u n a m c o l l e c t a m d e d e f u n c t i s , e x c e p t o d e b i t o O r d i n i s .


P r o D e c a n o C i v i t a t e n s i , d e f u n c t o , s i m i l i t e r u n a m c o l l e c t a m .


P r o M a g i s t r o M i l i t i a e B . J a c o b i , q u i l i b e t c o n v e n t u s u n a m M i s s a m d e S a n c - '


t o S p i r i t u , e t q u i l i b e t s a c e r d o s u n a m c o l l e c t a m p r o p a t r e s u o d e f u n c t o .


I t e m p r o D o m i n a T h e r r a s i a R e g i n a P o r t u g a l i a e , d e f u n c t a , q u i l i b e t s a c e r d o s


u n a m M i s s a m d e d e f u n c t i s .




E L - S T U D I U M A R A B I C U M ' 4 7


C a p i t u l u m P r o v i n c i a l e in s e q u e n t i a n n o c e l e b r a b i t u r a p u d L e g i o n e m in f e s t o


S a n c t i M a c h a e l i s .


O m n i b u s P r i o r i b u s , q u i a d C a p i t u l u m P r o v i n c i a l e n o n v e n e r u n t , e t l i c e n -


c i a m r e m a n e n d i n o n h a b u e r i n t , n c c l e g i t i m a m e x c u s a t i o n e m n o n h a b u e r i n t , in -


j u n g i m u s t r e s d i e s in p a n e e t v i n o , t r i a P s a l t e r i a , e t t r e s d i s c i p l i n a s .


F r . P e t r u s P e t r i , q u i a n o n v i s i t a v i t c o n v e n t u s , n e c P r i o r i b u s s i g n i f i c a v i t ,


i n j u n g i m u s t r e s d i e s in p a n e e t v i n o , e t t r i a P s a l t e r i a .


R e c i p i m u s d o m u n a p u d T a r r a c o n a m , s e d d e t e r m i n a t i o - / / (p. 7 J n e m l o c i


ct a s s i g n a t i o n e m f r a t r u m , e t p r o c e s s u m f a b r i c a e , P r i o r i s P r o v i n c i a l i s a r b i t r i o r e -


s e r v a m u s .


H a c c s u n t n o m i n a F r a t r u m d e f u n c t o r u m h o c a n n o in P r o v i n c i a H i s p a -


n i a e : d e c o n v e n t u S e g o v i e n s i fr. G a r s i a s S a n c i i , fr. J o a n n e s d e A l m a z a n o , fr. P e -


t r u s , c o n v e r s u s , fr. G a c s i a s d e M a g a z , fr. P e t r u s B e r t r a n d i , fr. D i d a c u s J o a n n i s ,


n o v i t i u s , e t fr. M i c h a c l , c o n v e r s u s ; d e c o n v e n t u L e g i o n c n s i f r . S t c p h a n u s . e t fr.


E g i d i u s ; d e c o n v e n t u C o r d u b e n s i fr. M a r t i n u s , c o n v e r s u s , d e c o n v e n t u C o m -


p o s t c l l a n o fr. P e t r u s A l p h o n s i ; d e c o n v e n t u P a l e n t i n o fr. D i d a c u s , c o n v e r s u s ,


dc c o n v e n t u S a n t a r e n s i fr. P e t r u s M a r t i n i : d e c o n v e n t u C a e s a r a u g u s t a n o fr.


P e t r u s d e B o r g i a , e t fr. J o a n n e s , c o n v e r s u s ; d e c o n v e n t u P a m p i l o n e n s i fr. S a n -


c i u s , c o n v e r s u s , e t . fr. M a r t i n u s d e P e t r i , c l e r i c u s ; d e c o n v e n t u S a l a m a n t i n o fr.


D i d a c u s , c o n v e r s u s ; d e c o n v e n t u B u r g e n s i fr. E g y d i u s . e t fr. D i d a c u s E g y d i i :


de c o n v e n t u M a j o r i c e n s i fr. C o n s t a n t i n u s , e t fr. R a y m u n d u s C i n e r i s .






ALGUNOS TEMAS LULIANOS EN LOS ESCRITOS


DE CHARLES DE BOVELLES


En la historia del lulismo los autores, desde tiempos ya muy leja-
nos, suelen hablar de quienes opinaron favorablemente de Llull y de
quienes lo hicieron en contra. Ivo Salzinger, responsable de la magna
edicion de obras lulisticas realizada en Mainz en el siglo XVIII, estable-
cio, en este sentido, unas listas ciertamente ilustrativas. 1 Pero en una
completa historia del lulismo cabria llevar a cabo otra prospeccion to-
pologica en la que registraramos quienes fueron los lectores y de cua-
les obras lulianas. Dando a esta lectura el sentido mas restringido posi-
ble, identificando titulos y ediciones o manuscritos usados. Solo ello
garantizaria, en este complejo mundo del lulismo, la afirmacion de in-
fluencias y tradiciones.


Con todo no es este el tema al que directamente quisiera referir-
me aqui. Lo hare indirectamente al mencionar algunos puntos,que a
otros mas concedores de la obra de Charles de Bovelles que yo mismo,
quiza pareceran marginales, y proponer una lectura de ellos siguiendo
sus reminiscencias lulianas. Estos puntos pertenecen a la antropologia
de Bovelles, o mas concretamente a su epistemologia. Reducimos, por
tanto, el campo de nuestra atencion a las obras editadas por Charles de
Bovelles en 1511 . Creemos que la bibliografia general, y particular-
mente los trabajos de Joseph Victor nos dispensaran de consideracio-
nes globales 2 .


1 . M O G I ( 1 7 2 1 ) . Cf. M A D R E , A . Die theologische Polemik gegen Rai-
mundus Lullus. B e i t r . G e s c h . P h i l . T h e o l . M A , N F 1 1 , M i i n s t e r 1 9 7 3 , 1 7 6 p p .


2 . V e a s e V I C T O R , J . M . Charles de Bovelles and Nicholas de Pax: Two six-




5 0 J . G A Y A


1.- CHARLES DE BOVELLES Y EL LULISMO DEL SIGLO XVI


En primer lugar no sera necesario insistir en la vinculacidn de
Charles de Bovelles con el lulismo. Lo que si conviene recordar es co-
mo esta vinculacidn se establece por muy diferentes canales. Ante to-
do Bovelles conoce a Llull a traves de su maestro Jacques Lefevre dT5-
taples, principal editor de obras lulianas en aquel per iodo 3 . De el a-
prendid Bovelles a considerar en Llull su admirable simplicitas y apre-
ciar de manera particular aquellas obras que hacian referencia a la mfs-
tica y a la etica. En este sentido debemos considerar su Epistola in vi-
tam Raymundi Lulli como la expresidn cabal de esta apreciacidn de
Llull. Publicada en 1511 (RD 45), en ella no se detiene en exponer el
contenido doctrinal del sistema luliano, sino que presenta la personali-
dad de Ramon Llull en sus diferentes facetas y episodios biograficos \


En otros dos momentos estuvo en contacto Bovelles con circulos
lulistas: en su visita a Espaha y en su visita a Sponheim. De la primera
tenemos noticia directa por las cartas que escribiera al cardenal Fran-
cisco Jimenez de Cisneros. Conocemos el fervoroso lulismo que profe-
saba el cardenal reformador el cual rnantuvo un estrecho contacto con


teenth-Century Biographies of Ramon Lull. T r a d i t i o , 3 2 ( 1 9 7 6 ) 3 1 3 - 3 4 5 ; The
Reuival of Lullism at Paris, 1499-1516. R e n a i s s a n c e Q u a r t e r l y , 2 8 ( 1 9 7 6 ) 5 0 4 -
5 3 4 . P a r a el t e m a es t a m b i e n f u n d a m e n t a l t e n e r p r e s e n t e el e s t u d i o d e H I L L
G A R T H , J . N . Ramon Lull and Lullism in Fourteenth-Century France. O x f o r d
1 9 7 1 , 5 0 4 p p . S i n e n t r a r e n d i s c u s i o n p o r m e n o r i z a d a c o n las o p i n i o n e s d e J . V i c -
t o r , n u e s t r a c o n s i d e r a c i o n d e la i n f l u e n c i a l u l i a n a e n B o v e l l e s , e n el t e m a c o n c r e -
t o d e la e p i s t e m o l o g f a y a n t r o p o l o g f a , c o l o c a el a c e n t o e n o t r o s t e m a s a n u e s t r o
e n t e n d e r m a s g e n u i n a m e n t e l u l i a n o s , q u e n o concordia, p o r e j e r r i p l o . L a p r i n c i -
pa l d i f i c u l t a d ( r e c o n o c i d a p o r el m i s m o J. V i c t o r ) , e s t r i b a e n d i s t i n g u i r l o s t e m a s
q u e e n l e g a d o a c e p t a d o p o r B o v e l l e s p r o c e d e n d e L l u l l , d e R a m o n d e S i b i u d a o
d e N i c o l a s d e C u s a , p e r t e n e c i e n d o p r a c t i c a m e n t e l o s t r e s a u n a t r a d i c i o n c o m u n .


3 . L a s o b r a s e d i t a d a s p o r L e f e v r e d ' E t a p l e s n o s r e v e l a n s i n t o m a t i c a m e n t e
q u e a s p e c t o s d e la o b r a l u l i a n a i n t e r e s a b a n al c f r c u l o p a r i s i n o . E n 1 4 9 9 se e d i t a :
Liber de laudibus beatissimae virginis Mariae, Libellus de natali pueri parvuli.
Clericus Remundi, Phantasticus Remundi. E n 1 5 0 5 : Primum volumen contem-
plationum ( l i b r o s 1 y 2 ) , Libellus Blanquerne de amico el amato. F i n a l m e n t e e n
1 5 1 6 p u b l i c a : Proverbia, Philosophia amoris. Cf. R O G E N T , E . - D U R A N , E.Bi-
bliografia de les impressions lul.lianes. B a r c e l o n a 1 9 2 7 ( R D ) . N u m e r o s 2 4 - 2 5 ,
3 5 y 6 2 .


4 . L a Vita h a s i d o e s t u d i a d a y e d i t a d a p o r J . V I C T O R e n el e s t u d i o y a
m e n c i o n a d o Charles de Bovelles and...Para la p r o b a b l e p r o c e d e n c i a de l c a t a l o g o
d e o b r a s l u l i a n a s q u e a d u c e B o v e l l e s , cf. H I L L G A R T H , o . c , p . 2 8 8 n . l l l .




T E M A S L U L I A N O S EN B O V E L L E S 51


los maestros lulistas de Mallorca, incluido Nicolas de Pax. Este ulti-
mo, por su parte, que fue llamado por Cisneros a ensenar en la recien
creada Universidad de Alcala, sera quien en 1514 escriba a Bovelles re-
conociendo sus trabajos a favor del lulismo y rogandole la solucion
de nueve cuestiones sobre el mismo. De Cisneros Bovelles menciona
elogiosamente sus virtudes guerreras (escribe con motivo de la victoria
conseguida sobre los sarracenos de Oran), y los trabajos de reforma
universitaria que el cardenal lleva entre manos; preocupacion muy pro-
xima a la que movia a los profesores parisinos de su circulo 5 .


El segundo acontecimiento puede resultar, a pesar de su igual si-
lencio sobre Llull, mas ilustrador. La extensa epfstola que el 8 de
marzo de 1509 Charles de Bovelles dirige a Germain de Ganay no tie-
ne desperdicio 6 . Y una cosa muy clara podemos deducir de ella: Bo-
velles no comparte las formas expresivas centrales del Renacimiento
italiano, tal como ya las habian expuesto Marsilio Ficino (1433-1499)
y Juan Pico de la Mirandola (1463-1494), por ejemplo. Por lo que po-
dria deducirse del contenido de esta carta no comparte la compren-
sion que por ciertas expresiones magicas de los italianos sentia inclu-
so "su" Lefevre d ' Etaples. Tres temas sehala expresamente: la divi-
sion (astrologica) entre doce imperatores y sus duces subalternos; la
mencion de Cham filium Noe dictum Zoroastrum; y las "adiuratio-
nes nonullas quas vocat potentes: quibus possit unusquisque qui assi-
duo cupif spiritum uti ministerio alligare apud se spiritum ac cogere:
ut in eius domo maneat semper eique in cunctis famuletur". Gracias a
a los magnificos estudios de Frances Yates 1 , sabemos que estos ras-
gos,que tan acentuadamente subraya Bovellesmos remiten a u n a deter-
minada corriente de la filosofia renacentista. A decir verdad son te-
mas caracteristicos de la corriente mas extremista que no- duda en
tomar actitudes y ritos de la magia ocultista pagana. Si bien sus raices
pueden considerarse medievales, si recordamos el exito que en Europa


5. Cf. Liber de intellectu, e t c . P a r i s 1 5 1 0 , f f . l 6 6 s . E n la c a r t a de l 2 0 d e
m a r z o d e 1 5 0 9 , c o n su " i a m t e m p o r a s u c c e s s e r e q u e s p u r c o m a h u m e t i e x i t u m
m i n a n t u r i n f e l i c e m " , p o d e m o s p e r c i b i r c o m o B o v e l l e s p o d f a c o m p a r t i r c o n su
m a e s t r o L e f e v r e la v iva a d r r r i r a c i o n p o r el " p r o m o t o r d e c r u z a d a s " R a m o n L l u l l ,
c o m o m e n c i o n a V I C T O R , The revival of Lullism...pp. 5 1 3 s . S o b r e la v i s i t a d e
B o v e l l e s a E s p a h a cf. B A T A I L L O N M . Erasmo y Espaha. M a d r i d 1 9 5 0 ,
5 3 - 5 8 .


6 . V e a s e su t e x t o e n Liber de intellectu, e t c . f . 1 7 2 .
7 . N o s r e f e r i m o s a Giordano Bruno and the HermeticTradition. L o n d o n


1 9 6 4 , The Art of Memory. L o n d o n 1 9 6 6 .




52 J . G A Y A


tuvieron obras como el De radiis de Al-Kindi 8 . Lo cierto es que con
sus palabras de desaprobacidn Bovelles nos indica implicitamente su
propia posicidn, aunque, atendiendo a otros textos de sus obras, las
expresiones vertidas en esta carta resultan algo exageradas 9 .


Todos aquellos temas, continua Bovelles,son tratados en laStega-
nographia que Tritemio de Spanheim, al que visitd en 1504, le diera a
leer. Despues de dos horas de lectura la arrojd asustado, a pesar, aha-
de, de las invocaciones piadosas que Tritemio introduce, las cuales "re
autem vera, lachrime sunt cocodrilli". Sin embargo, hay otros testi-
monios que hacen pensar que el entendimiento entre Bovelles y Trite-
mio era posible en algunos otros temas. Concretamente en exegesis bi-
blica y en la doctrina de intellectu. En efecto, el 22 de agosto de 1505
Tritemio escribe una carta a Bovelles en la que dice: "Valde nos delec-
tant omnia que in sacris literis explicaveris, quum veterum more doc-
torum solidus es, et veritatis enucleator lucidus, neque verborum mul-
tiplicacione superfluus, neque deficientia in his quae fuerint necessa-
ria recisus. Ea quae de intellectu scripsisti et mihi complacuerunt et
multis. Continent enim veram christianorum Theologiam, puram et ab-
solutam, quae menti cognitionem et affectui confert summi boni desy-
derium, consistens in se pura, integra et candida, sine cicraticibus exte-
rarum t radi t ionum" 1 ° . Evidentemente no puede tratarse de una cita
del De intellectu editado por Bovelles en 1510. Pero en todo caso debe
referirse a algun texto conocido por Tritemio, y que podemos suponer
no diferirfa mucho de los editados posteriormente. En conclusidn,
mutuo entendimiento en cuestiones que no tocaran a la magia o al
hermetismo.


El circulo abierto por las relaciones entre Bovelles y Tritemio se


8 . Cf. A L V E R N Y , M . T h . d ' - H U B R Y , F . Al-Kindi. "De radiis" A r c h i v .
d ' h i s t . d o c t r . e t l i t t . d u M A , 4 1 ( 1 9 7 4 ) 1 3 9 - 2 6 0 ; P A S C H E T T O , E . Demoni e
prodigi.Note su alcuni scritti di Witelo e di Oresme . T o r i n o 1 9 7 8 .


9 . N o s r e f e r i m o s a u n t e x t o n o s o l o i m p o r t a n t e p o r su r e f e r e n c i a a la pris-
ca theologia, s i n o t a m b i e n p o r u n a t e r m i n o l o g f a d e r e m i n i s c e n c i a s l u l f s t i c a s :
" I d e m e n i m d i v i n u s r a d i u s e s t q u i s u b o s c u r i o r e t s e n s i b i l i u m v a r i e t a t e s i g n o r u m
o b t e c t u s priscis philosophis i l l u x i t e t q u i d e i n c e p s c h r i s t i a n o r u m m e n t e s e x a n t i -
q u i e r r o r i s n u b e f e l i c i t e r a d s u p r e m e m o n a d i s a g n i t i o n e m r e s p i r a n t e s f e c u n d i o r e
d i v i n a e s p e c u l a t i o n i s l u c e e x a t i a v i t . E t e a d e m p r o r s u s d i v i n i t a s q u a e p r i u s p e r
p a u c i o r a su i nomina a t q u e praedicata s a p i e n t i b u s m u n d i s u b c a l i g i n e i n n o t u i t e t
q u a e d e i n c e p s p l u r a su i nomina m u l t i p l i c i o r e s q u e rationes c h r i s t i a n o r u m m e n t i -
b u s i n f u d i t " . Theologicarum Conclusionum libri decem. P a r i s 1 5 1 5 . Epistola
nuncupatoria ( s u b r a y a d o n u e s t r o ) .


l O . V e a s e el t e x t o e n S E C R E T , a r t . c i t a d o e n n o t a 1 1 , p . 1 3 4 s. ( s u b r a y a d o
n u e s t r o ) .




T E M A S L U L I A N O S EN B O V E L L E S 5 3


extiende hacia otras regiones que podrian interesar a nuestra reflexion.
En efecto, el 20 de agosto de 1505, asi como el 24 de junio de 1507,
Tritemio dirige su correspondencia a Libanius Gallus a traves de la
"gente ' ' de Charles de Bovelles. ^Quien era este Libanius Gallus, desti-
natario de la correspondencia? Hace algunos ahos Secret publico los
datos disponibles para su ident i f icacion 1 1 . El exito no fue ciertamente
total. Pero hay un dato que, por seguro, nos interesa subrayar: Liba-
nius Gallus, maestro entrahable de Tritemio, habia estudiado (magno
labore) con Pelagio, eremita mallorquin. Pelagio seria por ahora el es-
labon que cerraria el circulo de amistades que vamos investigando.
Sobre todo si este Pelagio es Juan Llobet, maestro luliano que entre
los ahos 1453-1460 ensehaba en Mallorca, siendo visitado por gentes


venidas de Italia, Francia y Espaha.
La identificacion de Pelagio con Juan Llobet se ha venido soste-


niendo desde hace t iempo. El Padre A.R. Pasqual escribia, despues de
aducir diversos textos: "Por esto se debe sentar que el Dr. Pedro Juan
Llobet es el Maestro que busco y tuvo Libanio en Mallorca, pues a-
qui no parece poder hallarse otro sugeto a quien se atribuya esta
gloria. Solo parece que obsta el nombre de Pelagio que a su Maestro le
dio Libanio y Trithemio, cuyo nombre en ninguno de nuestros escri-
tos se da al Maestro Llobet.. ." 1 2 . El cambio de nombre lo conjetura
Pasqual citando diversas costumbres de la epoca. De nuestra parte
insistiriamos en este mismo aspecto, subrayando el hecho de que nos
hallamos en circulos hermeticos muy dados a esta pract ica Asi mis-
mo, en una carta de Desclapes, discipulo de Llobet, se nos dan dos
interpretaciones etimologico-simbolicas de los nombres Juan y Pedro,
lo que es un exponente mas del ambiente a que nos refer imos. 1 3 .


La opinion de Pasqual es mantenida por los historiadores poste-
nores. Asi lo recoge Hillgarth en su estudio sobre los eremitas mallor-
quines 1 4 . Al mismo autor debemos la identificacion de dos obras de
Llobet en el ms. 1048 de la biblioteca Publica de Palma de Ma l lo rca 1 5 .


1 1 . S E C R E T , F . , Qui etait Libanius Gallus, le maitre de Jean Tritheme?
E s t u d i o s L u l i a n o s , 6 ( 1 9 6 2 ) 1 2 7 - 1 3 7 .


1 2 . A . R . P A S Q U A L , Descubrimiento de la aguja ndutica. M a d r i d 1 7 8 9 ,
1 7 1 se h a b l a d e L l o b e t e n las p p . 1 6 4 - 1 7 1 .


1 3 . G . L L A B R E S , Pedr.o Juan Llobet y su sepulcro. B o l e t f n d e la S o c i e d a d
A r q u e o l o g i c a l u l i a n a , 5 ( 1 8 9 4 ) 3 5 7 - 3 6 1 .


1 4 . J . N . H I L L G A R T H , Some notes on Lullism Hermits in Majorca s.XIH-
XIV. S t u d i a M o n a s t i c a , 6 ( 1 9 6 4 ) 2 9 9 - 3 2 8 .


1 5 . J . G A R C I A P A S T O R , J . N . H I L L G A R T H L . P E R E Z M A R T I N E Z , M a -
nuscritos Lulianos de la Biblioteca Publica de Palma. B a r c e l o n a - P a l m a M c a .
1 9 6 5 , p . 6 1 el Tractatus Metaphysicae e n e s t e c a s o , se a t r i b u y e a " a l g u n l u l i s t a
del s. X V / X V I " .




5-1 J . G A Y A


El recurso a estas obras podria tal vez corroborar la identifica-
cidn de Pelagio con Juan Llobet. Relegando para el momento de pre-
sentar la edicidn de estas obras un estudio mas amplio, lo que cabria
preguntar aqui, es si su contenido justificala admiracidn y estima que
reflejan los textos ya anteriormente mencionados.


Tritemio califica en dos ocasiones las obras de Pelagio. En una las
llama "'preciosa valde opuscula suo ingenio luculento composi ta" 1 6.
Y en su carta de 1507 anuncia haber recibido "libros divi Pelagii coe-
lestis doctr inae" 1 7 . A decir verdad, ambas referencias nos dicen poco
del contenido posible. Una vez mas sdlo pueden aventurarse algunas
conjeturas.


Si partimos de la atribucidn de los textos de la Metaphysica y del
Ars Notatiua, conservados en Palma de Mallorca, debemos descartar
una primera hipdtesis, y afirmar que no se trata de libros con referen-
cias a temas hermeticos. No es este el contenido de las dos obras que
poseemos, y muy posiblemente si estuviera precisamente este tema en
la mente de Tritemio, habrfa usado otros terminos al calificar las
obras recibidas.


Descartada esta posibilidad, nos queda otra, y, a nuestro enten-
der, mucho mas importante. Tritemio, en efecto como autor de laSfe-
ganographia participa del lulismo renacentista. Este movimiento, ello
se desprende claramente de toda la moderna historiografia, conserva
una relacion con la obra de Ramon Llull que quisieramos calificar de
tenue. Es decir, el lulismo renacentista, en particular, claro esta, en los
circulos a que ahora nos referimos, no se une a Llull por el manteni-
miento escolastico de una serie de tesis propias, sino por una referen -
cia formal al metodo artistico, combinatorio. Precisamente porque es
esta referencia lo que es esencial al lulismo renacentista, pueden luego
sus cultivadores incluir temas hermeticos, cabalistas, alquimicos, etc.


Es a partir de esta constatacion que podemos valorar la obra de
Llobet, en especial su Ars Notativa. En esta obra Llobet sdlo conserva
de Llull algunas referencias a los principios del Ars, las dignidades, por
ejemplo. Ahora bien, el intento de toda la obra se inscribe cabalmente
en la direccion renacentista que hemos sehalado, y que es tambien Lu-
lista. Se trata, en pocas palabras, de establecer unas reglas o principios
hermeneuticos con los cuales poder en todo momento tener a la vista
la plural significacidn de los terminos usados. EI texto, de una riqueza
sorprendente, se aleja mucho del vocabulario luliano, pero le une a


1 6 . C f r . F . S E C R E T , a . c , p . 1 3 1 .
1 7 . I b i d . p . 1 3 6 .




T E M A S L U L I A N O S E N B O V E L L E S 55


Llull precisamente este intento que, para definirlo de algun modo, tra-
ta de "mecanizar" los significados de los terminos en vistas a su mani-
pulacion.


No era otro el intento de Tritemio en su Steganographia, que Bo-
velles, recordemos, tendria ocasion de leer en su original manuscrito y
verla traducida al frances. En ella, en efecto, se busca multiplicar la sig-
nificacion de las palabras. Varia, eso si, el sentido. Mient?as para Llo-
bet se trataba de un problema hermeneutico, aquf se intenta una crip-
tografia o lenguaje cifrado, imbuido profusamente de terminos herme-
ticos 1 H .


Despues de recordar las circunstancias que configuraron el lu-
lismo de Charles de Bovelles, centraremos nuestra atencion en un pe-
riodo y unos temas muy determinados. Escogemos el Liber de intel-
lectu como la obra que mejor puede informarnos de las primeras con-
secuencias que para el pensamiento de Bovelles tuviera el conoci-
miento de la obra luliana. La meta que quisieramos conseguir es el
iniciar una reflexion en la que se fueran perfilando aquellos elemen-
tos genuinamente lulianos, para diferenciarlos de otros lulisticos, es
decir, aquellos integrados por Nicolas de Cusa o Ramon Sibiuda en
sus respectivos sistemas.


2.TEMAS LULIANOS EN LA ANTROPOLOGIA DE BOVELLES


El Liber dc intellectu trata profusamente dos temas. Uno, indi-
cado por el t i tu lo , se refiere al conocimiento, tanto angelico, como
humano. El segundo, presupuesto por las tesis epistemologicas, hace
referencia al lugar que angel y hombre ocupan en el cosmos.


Al primer tema podrfamos referirnos afirmando que Charles de
Bovelles propone una "teoria especular del conocimiento" de reso-
nancias tradicionales, pero, al mismo tiempo, con presupuestos cos-
mologicos y antropologicos de rigurosa novedad. En efecto, la ima-
gen del speculum domina muchas reflexiones tradicionales sobre el
modo de conocer del hombre. Su tema se introduce ya en la doctri-
na de la creacion, por la que el hombre es por eminencia la imagen de
su Creador. Al ser, por otra parte, microcosmos, reflejo del conjunto
de perfecciones creadas, es el hombre espejo de toda la creacion.


La cuestion que se plantea Bovelles es la pregunta por una expli-
cacion coherente de este hecho. ^Como, en definitiva, acontece que
el hombre sea espejo de Dios y de la creacion?


1 8 . Cfr . F . Y A T K S Giordano Bruno and the Hermetic Tradition p p . ! 4 6 s .




56 J . G A Y A


Conocemos las metaforas que tradicionalmente vehiculan la per-
tinente respuesta: la luz divina se extiende a todas sus obras, a las
menos perfectas a traves de las mas perfectas 1 9 , y esta reiteracidn de
la luz divina en su estructura esencial constituye su ser 2 0 . Bovelles,
por su parte, profundiza de una manera sugerente en la metafora. El
espejo, afirma, puede ser de dos clases: transparente e intransparente.
El primero halla su perfeccidn en dejar pasar sin mutacion alguna los
rayos e imagenes que sobre el se proyectan. El segundo, en cambio,
halla su perfeccidn en el hecho de que recibe las imagenes y, de algu-
na manera, las reproduce activamente. Ambos presentan alguna limi-
tacidn. El primero porque en su perfeccidn contiene ya todas las
especies en acto y no puede participar, por asi decir, de historia
alguna. El segundo porque su perfeccidn depende, por asf decir, de la
perfeccidn de aquello que motiva su intransparencia.


Es claro que Bovelles se refiere constantemente al entendimien-
to angelico y al entendimiento humano. Los capftulos mencionados
aducen uno de los muchos tratamientos comparativos a que el autor
somete a ambos entendimientos. Pero es precisamente a traves de es-
te punto mencionado que Bovelles introduce el tema que a nosotros
mas nos interesa.


Nos hemos referido a "aquello que motiva la intransparencia"
del conocimiento humano. Recojamos a este respecto las propias pa-
labras del autor: "Humanus autem intellectus ut intransparens specu-
lum ob relique materie cui coniunctus est impedimentum: divinum
in sese continet figitque radium ne ad ulteriora protendatur neve in-
feriori creature rationis experti pelluceat. Divini igitur totius radii
divinique sapientie ortus et apparitio: prima est in angelo, occasus ve-
ro eiusdem et ultima apparitio in homine: qui divine scientie finis
terminus et consummatio e s t " 2 i . La intransparencia procede de la
materialidad que comporta el ser humano. Esta materialidad, que de-
be ser pensada como raiz del ser humano, esta constituida por los ni-
veles creaturales inferiores. Lo que estos en orden al ser realizan indi-
vidualmente, se da tambien en el hombre como constitutivo de su mate-
rialidad. En ella se da aquella potencia o capacidad de llegar a ser que


1 9 . " P r e c i p u a d i v i n e l u c i s s p e c u l a in q u i b u s e x c e p t a d i v i n a l u x d i v i n a q u e in
e i s t u d i c u l a t a e t e x p r e s s a e f f i g i e s : d e m u m s u p e r r e l i q u u m d e i o p u s f u n d i e t e x -
p a n d i q u e a t " . Liber de intellectu, I V , 1 , f . 7 .


2 0 . " D i v i n i e n i m t o t i u s o p e r i s u t r a q u e o r a e t e x t r e m i t a s e s t i n t e l l e c t u s : e s t
d iv in i s p l e n d o r i s e r n a n a t i o d i v i n a q u e e f f i g i e s e t e s s e " . I b i d .


2 1 . L i b e r d e i n t e l l e c t u , I V , 5 , f .7v




T E M A S L U L I A N O S E N B O V E L L E S 57


el hombre posee no tan tc por ser microcosmos, cuanto por poder lle-
gar a ser todo el cosmos. En la materialidad reside aquella capacidad
por la que el hombre puede llegar a ser la escritura total del cosmos 2 2


Este ultimo tema, en extremo sugestivo, nos descubriria ulteriores
comportamientos "renacentistas" de Bovelles. Subrayemos unica-
mente aquella expresion en la que se declara: "Et ut in angelo divina
mens concepisse omnia dicitur, ita et in homine scripsisse universa" 2 3
confirmada por otro texto en que las manos que escriben aparecen
como organos del alma 2 4 .


La intransparencia, limitacion del entendimiento humano, se
manifiesta, de este modo, la raiz de su perfeccion misma. En cuanto
el sujeto del conocer lleva a plenitud sus capacidades naturales,
garantiza la perfeccion de las imagenes con que refleja la luz que
proviene de Dios; en definitiva, la perfeccion del ser. Con ello nos ha-
llamos en aquel punto en que epistemologia y ontologia se determi-
nan mutuamente . Mas aun, nos hallamos en el punto en que la cos-
mologfa bfblica de la Creacion manifiesta su sentido epistemologico
y ontologico.


Estamos preparados, en otras palabras, para leer y entender la fi-
gura con que Bovelles ilustra su Liber de mtellectu. En ella aparecen,
a ambos lados de la divinidad, el angel y el hombre. Entre ambos, en
el nivel inferior, y en este orden a partir del angel, la materia, los mi-
nerales, las plantas y los animales. El angel representa el primer episo-
dio de la Creacion. El segundo se abre con la Creacion del mundo ele-
mental y se continua hasta culminar en la formacion de la "intranspa-
rencia" del microcosmos, "divine scientie finis terminus et consum-
matio". La plenitud del cosmos coincide con la plenitud del hombre.
En la plenitud del hombre culmina la plenitud del cosmos, "eminus
et e regione omnium collocatus ut omnium c e n t r u m " 2 5 .


Reconsiderando los puntos indicados podemos ver como por la
exposicion de Bovelles se dan cita tres pensamientos de procedencia
diversa en la tarea de construir una imagen antropologica: considera-
ciones epistemologicas, ontologicas y cosmologicas. Una coordina-
cion tematica que nos hace sospechar una influencia luliana directa o


2 2 . I b i d . , V I , 1 , f . 9 r .
2 3 I b i d . , V I , 2 , f .9 r .
2 4 . " D e m u m a d t e r t i i o r b i s c o n v e x a m s u p e r f i c i e m s p e c t a n t m a n u u m a p e n -


d i c e s q u e s u n t e x t r e m a e t s u p r e m a a n i m e o r g a n a , q u i b u s s c r i p t u m in m u n d a n o
o r b e s ive in e x t e r a m u n d a n a v e s u b s t a n t i a e x a r a r e c o n t e n d i t " . Liber de sensibus,
2 6 , 5 ( e d i t a d o c o n el Liber de intellectu) f . 4 7 .


2 5 . Liber de sapiente, 2 6 ( e d i t a d o c o n el L. de intellectu) f . 1 3 2 .




58 | . G A Y A


indirecta, en todo momento histdricamente posible, segun los datos
aducidos al principio.


Si bien desconocemos cuales fueron concretamente los textos
lulianos lefdos por Bovelles, tenemos un exacto conocimiento de las
obras editadas por su maestro Lefevre d'Etaples 2 6 y tenidas en ma-
yor consideracion en aquel ambiente. Por ello podemos afirmar con
seguridad que Bovelles conocfa en su nucleo el genuino pensamiento
de Llull. Todo ello nos anima a puntar algunos temas lulianos en ex-
traordinaria coincidencia con lo expuesto por Bovelles.


1. Detengamonos, en primer lugar, en el orden cosmologico. El
orden establecido por Bovelles en la figura mencionada coincide con
el orden que Llull respeta en uno de sus libros mas divulgados: el Fe-
lix o Libre de Meravelles. Esta obra literaria, escrita en catalan, que
por su extraordinaria belleza suele ser estudiada como "obra litera-
ria", resume con rigurosa fidelidad el contenido del Ars de Ramon
Llull 2 7 . Felix es un peregrino que recorre el mundo asombrado de la
poca religiosidad que hay en el, cuando todas las cosas son signos que
remiten a Dios. A lo largo de su camino Felix es acompahado por di-
versos personajes que, a traves de ejemplos y parabolas, le muestran
todas las cosas existentes. El orden que sigue esta exposicion se inicia
en Dios, continua en los angeles, para pasar luego, a partir de los ele-
mentos, a los diferentes estadios del mundo para culminar en el hom-
bre y en Dios 2 8 .


La coincidencia no es, entendemos, superficial. Pues las razones
que mueven a esta ordenacion son expuestas y motivadas por Llull en
su Liber Chaos. Razones cosmoldgicas cuya metaffsica deberfamos
buscar en el concepto de "plenitud de ser" que Llull desarrolla a tra-
ves de su teorfa de las dignidades, y del obrar correlativo de estas dig-
nidades.


Creemos importante insistir un momento en estos conceptos lu-
lianos 2 9 . Ramon Llull construye toda su vision de la realidad sobre


2 6 . Cf. s u p r a n . 3 .
2 7 . Cf. la I n t r o d u c c i o n d e M. B A T L L O R I a la e d i c i o n del Felix en Ubres


Esseneials I . B a r c e l o n a 1 9 5 7 , p p . 3 1 1 - 3 1 7 . T a m b i e n : R U B I O , J . L expressid litera-
ria en lobra lul.liana. I b i d . , 8 5 - 1 1 0 .


2 8 . L o s c a p f t u l o s de l Felix t r a t a n p o r e s t e o r d e n l o s s i g u i e n t e s t e m a s :
D i o s : 1 - 1 2 , a n g e l e s : 1 3 - 1 6 ; ( c i e l o : 1 7 - 1 8 ) ; e l e m e n t o s : 1 9 - 2 9 ; p l a n t a s : 3 0 - 3 2 ;
( m e t a l e s : 3 3 - 3 6 ) , a n i m a l e s : 3 7 - 4 3 ; h o m b r e : 4 4 - 5 1 ;


2 9 . P a r a la e x p o s i c i o n de l s i s t e m a l u l i a n o el l e c t o r h a l l a r a r e c o g i d a la b i b l i o -
g r a f l a d e m a n e r a e x h a u s t i v a e n B R U M M E R . R . Bibliographia Lul.liana. Ramon
Llull-Schriftum 1870-1973. H i l d e s h e i m 1 9 7 6 .




T E M A S L U L I A N O S EN B O V E L L E S 59


lo que denomina principios absolutos y principios relativos. Los pri-
meros son percibidos por el hombre en su contemplacion diaria del
mundo que le rodea. Son las diferentes cualidades de bondad, gran-
deza, saber, poder, etc. Considerarlas en el mundo equivale conside-
rarlas en el efecto.Esto es algo evidente no solo para la fe cristiana de
Llull, sino tambien para el judfo o el musulman, con quienes Llull
intentaba dialogar. Ello quiere decir que de la contemplacion de estos
principios en la realidad creada, debe el hombre elevarse a la certeza
de la realizacion absoluta de estos principios en Dios. Mas aun, uni-
camente a traves de este ascensus, como le llama Llull, y de esta
afirmacion de los principios en la realidad divina, hallamos la razon
explicativa de nuestra primera experiencia contemplativa en el mun-
do. La consecuencia epistemologica de esta posicion inicial resulta
evidente. Si los principios constituyen la realidad, la que nosotros en-
tendemos y la que ha sido realizada en la Creacion, entonces conocer
estos principios, y las leyes o reglas que rigen su actualizacion, equi-
valdra a conocer la realidad misma. Y, en ultimo termino, conocer la
realidad sera conocer como actuan los principios o dignitates, termi-
no tecnico usado por Llu l l 3 0 . Decimos conocer como actuan los
principios, y decimos bien, pues al definir la esencia de Dios definen
a la vez su obrar, y le definen precisamente como obrar. De ahi la
centralidad de percibir la estructura fundamental del obrar de los
principios absolutos, Llull formula esta estructura en su teoria de los
correlativos 3 '. Segun ella de cada uno de los principios pueden for-
marse tres terminos que indiquen el agente, el termino de la accion y
el obrar mismo, lo que lingufsticamente se expresa con los sufijos la-
tinos -tivum, -bile, -are, como, por ejemplo, de bonitas se forma bo-
nificatiuum, bonificabile, bonificare. Esta estructura correlativa, hay
que tenerlo bien presente, no se aplica exclusivamente al obrar de
Dios. Es mas, no es aplicable al acto exterior de Dios, es decir a la
creacion, a no ser de un modo impropio. Lo que nos hace entender
que esta estructura es inherente al principio mismo, punto que Llull
subraya al hablar de los correlativos como partes essentiales del prin-
cipio. De forma que si nosotros afirmamos la presencia de los princi-
pios en las cosas, entendiendo, sin duda, que su realizacion sera la
que gradualmente corresponda 3 2 , deberemos afirmar que su realiza-


3 0 . Cf. M E R L E . H . "Dignitas": signification philosophique et theologique
de ce terme chez Lulle et ses predecesseurs medievaux. E s t u d i o s L u l i a n o s , 2 1
( 1 9 7 7 ) 1 7 3 - 1 9 3 .


3 1 . Cf. G A Y A , J . La teoria luliana de los correlativos. P a l m a d e M a l l o r c a
1 9 7 9 , 2 4 1 p p .


3 2 . E s t e h e c h o f i g u r a c o m o u n o d e l o s m a s d e c i s i v o s " p r i n c i p i o s d e i n d i v i -




60 J . G A Y A


cion sigue la estructura correlativa estudiada.
Comprendo que este apretado resumen de la doctrina luliana es


precipitado e imperfecto. Su pretensidn no es tanto exponer el pen-
samiento del maestro mallorqufn, cuanto servir de fondo para las dos
observaciones sobre las que hay que llamar la atencidn. La primera,
para observar como "plenitud de ser" quiere indicar la presencia de la
estructura correlativa. Un ser, cada ser en su grado respectivo, halla
su plenitud en la realizacidn de la estructura correlativa. Ahora bien,
,j,Cdmo se Uega a esta plenitud?. Pudiera pensarse que es algo que
viene asignado a cada ser en el acto de su creacion. Pero con ello no
habriamos comprendido el nucleo del pensamiento luliano: que el
ser, cada ser, es en su obrar. Y esta es la segunda observacidn que hay
que subrayar. En el mundo creado, de los entes finitos, el mundo de
la elementalidad, es decir, enraizado en los cuatro elementos, toda
estructura correlativa no se mantiene ni llega a su plenitud si no
puede realizarse .tambien exteriormente. Cada principio, y conse-
cuentemente cada ser, debe considerarse en dos planos de su realiza-
cidn, interior y exterior. El primero es su estructura en tanto que
radical ontologicamente. El segundo es su existencialidad, el hecho
de que por la comunidad que puede establecer con los demas seres,
puede Uevar a su plenitud su estructura interior. De esta manera la
plenitud de los seres no es algo que sea dado o que se consiga ence-
rrados en la individualidad. La plenitud de cada ser depende de
la plenitud de los demas, y contribuye a la plenitud de los demas.


Detengamos aqui nuestra reflexidn del sistema luliano. Si con
estos principios expuestos volvemos a las afirmaciones del De intel-
lectu nos daremos perfecta cuenta de la profundidad con que podfan
resonar sus palabras en ofdos conocedores de la literatura luliana.
Frente a esta coincidencia en las concepciones fundamentales, pese a
una muy razonable diferencia estilistica, la semejanza en la distribu-
cidn cosmoldgica, siendo importante, resulta de mucho menor peso.
Sin embargo creemos que en ella es donde se manifiesta muy clara-
mente la influencia de Llull.


El punto concreto que nos induce a esta afirmacidn es el que se
refiere al entendimiento angelico. El lugar que se asigna al entendi-
miento angelico en el orden epistemoldgico, tanto por parte de Bovel-
les como por parte de Llull, coincide y se diferencia de otras posibles
fuentes. Concretamente del Pseudo-Dionisio y de Ramdn de Sibiuda,
que son los dos autores que mas prdximos estan a Bovelles y que


d u a c i o n " . Cf. J O R G E N S E N , B . S . Individuation und Individuationsprinzip in
Schriftum Raymund Lulls. E s t u d i o s L u l i a n o s , 2 1 ( 1 9 7 7 ) 5 - 3 4 .




T E M A S L U L I A N O S E N B O V E L L E S 61


pudieran influirle en este tema. Del Pseudo-Dionisio habian sido
editadas algunas obras en 1499 por Lefevre d 'Etaples . Si el p lantea-
miento de Bovelles dependiera mas estrechamente del Pseudo-Dioni-
sio posiblemente el pensamiento angelico jugarfa un papel de media-
dor mucho mas acentuado, y, por otra parte, la dignidad angelica
deberfa ser subrayada en terminos de teologia "economica" mas
insistentes.


Tampoco podemos invocar en este tema la influencia de Ra-
mon de Sibiuda. Recuerdese i que a Bovelles se le atribuyo durante
algun t iempo la responsabilidad de la edicion de 1508 de la Theologia
naturalis 3 3 . Pues bien, si examinamos el texto de la obra veremos
como los angeles ocupan un lugar impreciso, secundario, en la cosmo-
vision de Sibiuda, y que en los cinco " t i tu los" o capftulos que se les
concede, no se habla para nada del aspecto epistemologico 3 4 .


Con todo lo cual se acrece la probabihdad de que Bovelles deri-
vara su esquema cosmico de alguna obra luliana, y mas concretamen-
te del Felix. Sabemos, por el catalogo de 1311,de la presencia de es-
ta obra en la coleccion de la cartuja de Vauvert 3 5. Sabemos tambien
que esta novela luliana fue muy pronto traducida al frances 3 6 . Si a
ello ahadimos que Lefevre d ' Etaples y sus colaboradores trabajaron
con esta coleccion 3 7 , -Bovelles para la redaccion de su Vita-, no sera
muy arriesgado suponer que Bovelles conocio directamente la obra.
Por si ello fuera poco, puede ahadirse aun otra razon. Como ya he-
mos indicado, y ha sido expuesto por numerosos historiadores, la fi-
gura de Llull cultivada por el cfrculo parisino era la del eremita, del
filosofo y teologo solitario, que a la vez no rehuia su intervencion en
las "cruzadas" que a favor de la verdad y de la fe hubiera que acome-
ter. Esta imagen, autobiografica en gran parte, esta presente en el
Blanquerna y en el Felix. En el Blanquerna es indicada como "esta-
do" , diriamos como modo social. En el Felix lo que se expone es el
bagaje del que debe proveerse el eremita, el Ars que debe cultivar y
defender. Creemos poder decir sin exageracion que para los planes
concretos en que se hallaban embarcados Lefevre y Bovelles el mode-
lo habia sido trazado en el Felix con mucha mas precision que en
Blanquerna.


3 3 . V I C T O R , The Revival...,p. 5 2 0 .
3 4 . E n la B i b l i o t e c a B . M a r c h d e P a l m a d e M a l l o r c a h e m o s c o n s u l t a d o la


e d i c i o n : R A Y M U N D U S D E S A B U N D E . Theologia naturalis sive liber creatura-
rum. A r g e n t i n e 1 4 9 6 . T i t u l o s 2 1 8 - 2 2 2 ( s in p a g i n a c i o n ) .


3 5 . H I L L G A R T H , o p . c , p p . 1 5 2 ss .
3 6 . L L I N A R E S , A . Raymond Lulle. Le livre des Betes. P a r i s 1 9 6 4 .
3 7 . L e f e v r e t r a d u j o a h f el Arbre de filosofia damor p a r a i n c l u i r l o e n u n a


d e s u s e d i c i o n e s . Cf. H I L L G A R T H , o p . c , p . 3 1 8 .




6 2 j . C ; A Y A


Afiadamos aqui mismo como esta confianza (o certeza) de que
Bovelles conociera los fondos lulianos de Vauvert nos induce a pensar
que conocid tambien el Liber de anima, al cual nos vamos a referir a
continuacion.


2 . Indicabamos como punto significativo de la presencia de Llull
en el De intellectu el tratamiento que ahf se hace de la epistemologfa
angelica. El tema, aunque pueda ser secundario en el conjunto doctri-
nal de Bovelles, resulta original y le creemos apropiado para estable-
cer un paralelismo como el que aquf se intenta. Asf pues, indicados
anteriormente los datos histdricos sobre los que podemos apoyarnos,
asi como el marco general de la doctrina luliana, vamos a centrar aho-
ra nuestra atencidn en algunos textos particulares.


Ramon Llull trata comparativamente el entendimiento angelico
y el humano en su Liber de anima rationali 3 8 . La coincidencia de
textos es tal, que casi bastarfa limitarnos a la lectura de ellos. Ramon
Llull escribe: "Existe, ademas, diferencia entre el angel y el alma en
razon de su obrar. El angel, en efecto, percibe los objetos de una ma-
nera y el alma de otra. El angel, los percibe en sus mismas semejanzas
exteriormente, sin que proceda a multiplicar especies de ellos intro-
duciendolas en sf mismo, sino que las capta por sf mismo, al igual
que el cristal que en si mismo capta el color del objeto rojo sobre el
cual es colocado. El alma, sin embargo, percibe las especies exteriores
por los sentidos, transformandolas en la imaginacion, y de esta las in-
troduce en sf misma, siendo semejanzas de las sustancias corpora-
les" 3 9.


El paralelismo que afirmamos podemos concretarlo en tres pun-
tos:
a. El conocimiento angelico se realiza sin especies. Bovelles escribe en
la segunda proposicidn del segundo capftulo: "el entendimiento ange-


3 8 . E s c r i t o e n R o m a e n 1 2 9 6 se c o n s e r v a e n d o s v e r s i o n e s . L a l a t i n a e n :
S A L Z I N G E R , l.Beati Raymundi Lulli Opera, V I . M a g u n t i a e 1 7 3 7 , I n t . V I I
( R e p r . : M i n e r v a , F r a n k f u r t 1 9 6 5 , V I , 4 1 5 - 4 7 4 ) , ( M O G ) . La v e r s i o n c a t a l a n a se
h a l l a e n : T O U S , M . Ramon Llull. Obres. X X I . P a l m a d e M a l l o r c a 1 9 5 0 . ( O R L ) .
O f r e c e m o s e n t r a d u c c i o n el t e x t o c a t a l a n , y e n n o t a el t e x t o l a t f n .


3 9 . Libre de dnima, I X , 1 ; O R L , X X I , 2 8 4 . " I g i t u r e s t d i f f e r e n t i a i n t e r A n -
g e l u m e t A n i m a m s e c u n d u m m o d u m e x i s t e n t i a e , q u e m d i x i m u s : e t e t i a m s e c u n -
d u m m o d u m a g e n t i a e ; n a m A n g e l u s p e r u n u m m o d u m a t t i n g i t o b i e c t a , e t A n i m a
p e r a l i u m : s i c u t A n g e l u s , q u i in s u i s m e t s i m i l i t u d i n i b u s a t t i n g i t o b j e c t a a d e x t r a ,
q u i n m u l t i p l i c e t s p e c i e s i l l o r u m , e t i l las p o n a t i n t r a se i p s u m , s e d a c c i p i t i l las in
se i p s o : s i c u t c r y s t a l l u m , q u o d in se i p s o a c c i p i t c o l o r e m o b j e c t i r u b e i , s u p e r
q u o d e s t p o s i t u m ; s e d A n i m a a c c i p i t s p e c i e s e x t r i n s e c a s p e r s e n s u m , e t d e s e n s u
t r a n s m i t t i t i l las in i m a g i n a t i o n e m , e t d e i m a g i n a t i o n e p o n i t i l las in se i p s a " . M O G
V I , 4 6 5 s. ( I n t . V I I , 5 1 s . ) .




T E M A S L U L I A N O S E N B O V E L L E S 63


lico, en cuanto separado de la materia, conoce sin especie alguna" 4 °.
b. El entendimiento angelico es de naturaleza interior. Con ello se
afirma su independencia respecto del mundo creado. Ello no quiere
decir que no pueda conocer lo exterior, el mundo. Lo que sucede es
que este conocimiento lo obtiene de alguna manera directamante de
Dios, Asi lo afirma expresamente Ramon Llull en otra de sus obras y
lo explica Bovelles a traves de la ''praecognitio" 4


c. La metafora del cristal es profusamente usada por Bovelles, am-
pliandola incluso en otras derivaciones. Mientras en Llull la metafora
tiene un objetivo meramente ilustrativo (aunque no debemos olvidar
la transcendencia que Llull mismo concedfa a la metafora) en Bove-
lles se convierte en el vehfculo de la explicacion, centrando a la vez la
necesidad / no necesidad de las especies, la union / no union con la
materia, etc. 4 2


3. En tercer lugar, y sin abandonar el texto luliano de Liber de
anima rationali , queremos mencionar algunas razones "metaffsicas"
que en su linea comparativista aduce Llull, y que, de nuevo, son casi
identicas a las de Bovelles. Para Llull es necesaria la existencia del al-
ma racional, ademas de la existencia del angel. Pues en la existencia
del alma racional (y con ello Llull apurita al acto de conocer y a la to-
talidad del hombre), el mundo es llevado a su perfeccion y alcanza su
plenitud, El alma es en palabras de Llull "medio e instrumento por el
cual las creaturas corporales pueden alcanzar su fin en Dios", y, por
su union con el cuerpo, posibilita que en el hombre, que es sujeto de
la bienaventuranza eterna, alcancen su fin los restantes seres creados
"como -dice Llull- los cuerpos celestiales y las cuatro substancias del
mundo, es decir, los cuatro elementos con sus cualidades, los metales,


4 0 . " A n g e l i c u s i n t e l l e c t u s s i c u t a m a t e r i a a d i u n c t u s e s t i t a e t s i n e s p e c i e in-
t e l l i g i t " . L ; 6 e r de intelleetu, I I , 2 , f . 4v .


4 1 . R a m o n L lu l l e s c r i b e : " . . . e s p r o v a t q u e e n t e n i m e n t d a n g e l s e n s t o t
m i g i a e m p e r o a b g r a c i a d e D e u , e n t e n e p r e n les c o s e s s e n s u a l s e les p a r a u l e s q u
Is h o m e n s d i e n " . L j ' b r e dels angels, I V , I I I , 1 ; O R L X X I , 3 6 0 . B o v e l l e s e x p o n e su
p o s i c i o n e n el c . V : Q u o d a n g e l i c u s i n t e l l e c t u s s i t i n t e r i o r e t c o n t e m p l a t i v u s :
h u m a n u s v e r o u t e x t e r i o r e t a c t i v u s ( l . c . f . 8 ) , p a r t i c u l a r m e n t e e n la p r o p . 4 :
A n g e l i c u s i n t e l l e c t u s e s t d i v i n a p r e c o g n i t i o e t p r e c o n c e p t i o q u a m s e c u t a e s t
o m n i u m c r e a t i o e t p r o d u c t i o .


4 2 . C h a r l e s d e B o v e l l e s e s c r i b e : " A n g e l i c u s i n t e l l e c t u s p e r s i m i l i s e s t t r a n s -
p a r e n t i s p e c u l o : h u m a n u s i n t r a n s p a r e n t i " . L . c . I V , 4 , f . 7v . N o d e b e m o s o l v i d a r ,
s in e m b a r g o , q u e l a m e t a f o r a es u s a d a t a m b i e n p o r T o m a s d e A q u i n o , q u e la t o -
m a de l P s e u d o - D i o n i s i o ( D e v e r i t a t e , q . 8 , a . 3 ) . P a r a la c o m p a r a c i o n q u e i n t e n t a
m o s e s t a b l e c e r n o s u p o n e m o s u n a d e r i v a c i o n e x c l u s i v a d e B o v e l l e s r e s p e c t o d e
L lu l l .




6-1 J . G A Y A


las plantas y los animales irracionales" 4 3. Plenitud que en manera al-
guna podria ser alcanzada con la sola existencia del angel; de forma
que puede afirmarse que "extensivamente por el alma se consigue un
fin mayor que por el angel" 4 4


Debemos reconocer que nos hallamos con una profunda coin-
cidencia entre la antropologfa de Ramon Llull y la de Charles de
Bovelles. Una coincidencia que abarca tanto su expresidn metafdrica
como su contenido tematico. Una coincidencia, en fin, que va mas
alla de una pura semejanza de esquemas generales y superficiales. Sin
que ello elimine los rasgos diferenciales que los unen a sus respectivas
circunstancias y epocas, y les obligan a otras influencias.


3. APENDICE : "ARS OPPOSITORUM"


Durante el Coloquio en que fue presentado el texto anterior,
surgieron, en repetidas ocasiones, alusiones a otra teoria que mostra-
ria tambien la relacidn existente entre Bovelles y Llull. Se trata del
tema de los opposita y, por derivacion, de la coincidencia de los
opuestos. De su importancia en Bovelles da fe el opusculo que le de-
dico con el tftulo de Ars oppositorum (editado en Parfs en 1510).
Ramon Llull, por su parte, ha sido incluido en la tradicidn occidental
que ha tratado el tema. Discutir este ultimo pun to , aunque sea una
tarea de gran urgencia, supone una decisidn previa que afecta a la in-
terpretacidn global del sistema luliano. Por esta razon me limito
ahora a resumir algunas sugerencias surgidas durante la lectura del
texto de Bovelles, al contrastarlo con el sentido del pensamiento
luliano.


4 3 . O . c . I , 1 ; O R L X X I , 1 6 6 s. " . . . q u o d c o n v e n i a t , A n i m a m r a t i o n a l e m
esse c r a t a m , e t q u o d h a b e a t i l las p o t e n t i a s , u t i p sa s i t m e d i u m e t i n s t r u m e n t u m ,
p e r q u o d c r e a t u r a e c o r p o r a l e s p o s s u n t a t t i n g e r e s u u m f i n e m i n D e o . . . p e r i l l u d
c o r p u s h u m a n u m b e a t u m e t g l o r i f i c a t u m , s i c u t c o r p o r a c o e l e s t i a e t q u a t u o r
s u b s t a n t i a e m u n d i , v i d e l i c e t q u a t u o r e l e m e n t a e t i l l o r u m q u a l i t a t e s , e t m e t a l l a ,
p l a n t a e e t a n i m a l i a i r r a t i o n a l i a " . M O G V I , 4 1 6 s. ( I n t . V I I , 2 s . ) . E n su o b r a
B o v e l l e s e x p l i c a la p r o p o s i c i o n : " U t r u r s u m a n g e l i c u s i n t e l l e c t u s e s t o m n i u m
e s s e n t i a : i t a e t h u m a n u s o m n i u m p o t e n t i a e t n u l l a e s s e n t i a . In f i n e t a m e n
o m n i u m e s s e n t i a " L . c , I 9 , f . 4 r .


4 4 . O . c . I , 1 , O R L X X I , 1 7 2 . " S e d e x t e n s i v e p e r A n i m a m s e q u i t u r m a j o r
f in i s , q u a m p e r A n g e l u m ; n a m p e r A n i m a m c o r p o r a l e s s u b s t a n t i a e p o s s u n t h a b e -
r e q u i e t e m , u t j a m s u p e r i u s d i x i m u s " . M O G V I , 4 1 9 ( I n t . V I I , 5 ) .




T E M A S L U L I A N O S E N B O V E L L E S 6 5


Lo primero que hay que tener bien presente es la definicion mis-
ma que Bovelles nos ofrece de los opposita. Al inicio del Ars opposi-
torum escribe entender por opposita: quae quomodolibet ad alteru-
trum referuntur, que e regione sui et adversum se collocantur: in se
lnvicem convertuntur et velut quodam dyametri interstitio in alteru-
trum spectant 4 5 .


A partir de esta definicion, y en los parrafos siguientes, la oposi-
cion se precisa como mutua referencia, como la relacion existente en-
tre dos terminos y apreciada por la razon. En efecto, las primeras pa-
labras del opusculo nos explican que lo que se intenta es ampliar el
cuadrado logico. Se trata, pues, de un intento cientffico, en el senti-
do de construir sobre esquemas precedentes otros mas capaces, con
los que poder conjuntar en un mismo esfuerzo los cada vez mas
dispersos campos del saber. Por ello se insiste ampliamente en dos
puntos. primero en ampliar la operatividad del binomio genero /
especie, y, segundo, en mostrar como las diversas ciencias pueden
relacionarse entre si. Los terminos en que se precisa la definicion son
motus, perfectio, collatio...


El fundamento por el cual se explica esta relacion entre todas
las cosas (no solo en cuanto real, sino primariamente en cuanto es
siempre posible en tanto que racional), es la emanacion. Bovelles lo
indica con palabras bien explicitas: sicut igitur humane eru^+ionis
initium est unitas sive unica minima et individua intellectu spe-
cies. ita et nature et omnis substantie fons est divina et emin- sima
monas... Ita et initium creature deus unicus est: dei vero finis ema-
natio processus creatura plurima et innumera 4 6 .


La doctrina de la emanacion, por supuesto, se halla en Bovelles
armonizada con el dogma de la creacion. Pero creo que deberia insis-
tirse en que el proceso expuesto es un proceso explicativo, expansi-
vo,y nq implicativo. No se intenta una reduccion hacia el origen, sino
la afirmacion del proceso de la diversidad existente. Mas una armoni-
zacion que una coincidencia. Las figuras explicativas que aduce Bove-
Ues apuntan en la misma direccion. Antes de pasar a ellas hagamos
una breve comparacion con el lexico luliano.


En la definicion dada por Bovelles hay un termino que nos re-
cuerda de lleno el sistema luliano: el de conversio. Su significado,
sin embargo, no coincide. Si Bovelles expresa con ello la relacion exis-
tente entre dos terminos, una relacion que real o mentalmente es
siempre una linea recta, en Llull se expresa con este termino la rela-
cion entre dos o mas terminos que pueden sustituirse entre si, segun
los principios del Arte . En este ultimo caso se trata de una relacion
de identidad funcional y no de terminos. Ni en uno ni en otro caso
hallamos relaciones que puedan describirse como "coincidencia".


4 5 . E d . P a r i s 1 5 1 0 , f . 7 9 r .
4 6 . I b i d . , f . 8 8 v .




6 6 J . G A Y A


Existen en el vocabulario luliano otro termino que tambien hay
que mencionar en este contexto, el de respectus. El termino aparece
principalmente cuando Llull trata de temas cientificos, como la teo-
ria de los elementos, o cuestiones astroldgicas. Posiblemente a partir
de aquf se introdujo en sus esquemas mas generales, de modo particu-
lar en la elaboraeion y aplicacion de la teoria de los correlativos. Po-
drfa decirse , de manera general, que el respectus indica la posicidn
de un termino en el esquema en que es considerado en cada momen-
to, tratese de un planeta o de un termino correlativo. Posiblemente
serfa este el concepto mas cercano a la doctrina de Bovelles y explica-
da en sus figuras.


Las figuras de Bovelles nos traducen exactamente su pensamien-
to subrayando que se trata de construcciones racionales, propuestas
por razones cientfficas. En ei primer ejemplo se toma convencional-
mente el 6 como termino medio de la recta que sehala a dos opues-
tos, resultantes de una particion del 6, el 2 y el 4. Ahora bien, el 6 es
algo racional, formula sdlo la razdn existente entre 2 y 4, y de la mis-
ma manera podrfa decirse que la razon de la figura es 36. Lo conven-
cional del ejemplo se acentua cuando en el primer paso de la figura se
divide el 6 entre 2 y 4, a fin de conseguir los dos ' 'opuestos". Des-
pues se trata de establecer las cuatro relaciones presentes en la figura.
Sehalando los dos terminos por A y B, tenemos:
A en si: 2 x 2 = 4
B en si. 4 x 4 =16
A resp. B = 2 x 4 = 8
Bresp . A = 4 x 2 = 8
Lo que nos da la suma de 36, que es la razon de oposicion en si
misma (6 x 6). Las mismas razones se aicanzan con cualquier mimero
que se tome, de manera que si: a = b +c, luego: a 2 = b ^ c *- b.c+ c.b.


La segunda figura aplica a la "oposicidn" Dios / criatura el
esquema elaborado. Las cuatro relaciones existentes se resumen en
tres circulos u "orbes" : l .Dios en si; 2. La criatura en si; 3 . el movi-
miento de Dios hacia la criatura: y 4. el movimiento de la criatura
hacia Dios. El 3. y 4. representan dos "hemiciclos", siendo conjun-
tamente el "ciclo" del tercer orbe.


En este punto el texto de Bovelles se oscurece considerablemen-
te. En primer lugar la misma reticencia en el lexico apunta a la impro-
piedad en que se cae al llamar "o rbe" al ciclo de relaciones Dios /
criatura, usando el mismo termino aplicado a Dios y a la criatura en
si mismos. En segundo lugar, oscurece el texto la indicacion de que el
esquema puede ser aplicado a la consideracion de la trinidad divina.
Su aplicacion, de hacerse en la misma figura, sehala el camino hacia la
"eminentissima monas".




L.


D e ftaruS
motu op»
potitoru.


Oppofitorum quadrarurarn: eiufdem numeriin fcfeiuolutio& multipli-
, . . catiohquidopandir.
iciuoiutio ^lSitnuinerusquicundpvtfen.vius:irmoluensfcfe, feqjmuttiplican». Senarius ent fefpfo


' fumptus'.lextu(3t tngciiiiiu profcrt. Dicoin d u c h i 6c iiiuo)utioeienari|:c6rinenoppofitoi>'
quadraturam.idelt ranru efjfcquod ht cx viuus totiusfeiiari| i le duciu: quantum.fi illurn
111 gcmmas partes fecucns)fiet quarcnits ambarum fic oppofitarumparnum d u c i i b » . N i
diuido fenanumin partciduas: lnbinarium & quareinarium. quasl tatuovt oppofitasSC
cotnra ie fifto dyametto diftantes. Inmcrtio aurcm ainbarum Itaruo lenanum / earuin
lotum. dico quod fit ex fenario lnfeicquum elfe ei quodht binano m le. quatcrnariu ln
fe bmario inqiiattuor gc^uaterna^
t i o in bmarium.Et hec eft oppof i t i ' '
onis quadratura: equa eiufdemnu-»
nicii muolutioni & orbi.


^TVniuerfa oppofmois qua->
dratura:trinos tantumorbes
inuoluit ac cucrnit.
< N a m d u o gignurut orbes: p r o f c
ciione vtriufqj oppofitii lcipfu.Col*
latione vero eotu alterna8c mutuai
rcliquus oibis ontur.C^uippc ab vtrocpin aliud medius dutaxat orbis & areu» profertur:


Triniorbcs qui fimulintergru orbe. ac circulfi claudut.Orbis eni vnus efhquo dcu in feipfum fleciis.
m oppoitis Aliusquocreatursminfeipfa.Mediuscicls ^uodeu couertisin creatura.Reliquus itidem


mediusiquo ln deiilufpiat aeatuta . Et luduo hemicicli mrdiu vnu totum conflat oibe:
quo oppofitorum matuerationes abfoluurur. Et b r r propofitio percipiendo diuinerrini*
tatis myfteriononmchilaffert prefidi j . Sicut eninumet9 ide/ flcxus dudtufqjin feipiu.ncs
cx nccelTirareinuoluit orbes exrremotduos (Jc medium vna< cui ab vtnfcjj rxrremis pro'-


Diuine tri- ficifatur-.ita & diuina rtibOdtiainfeipfam duciitata feqj inuoluen»: orbcs tres eV perfonas
nitatis my claudit.extie •
lienuiu. ma»duas:q =


rum lecun»
da; manat a
prima:8cme.
diam vnani
q ab vtrarjs
extremaru
pendct.
(][lncppo
f i t io i s quadratura extreme eoplexiones/nfde coalefcuntnominibus:medic +
vero ditTimilibus et oppofitis nominibus expnmuntur.
C txoppof i toru mutuij rationibus&habirudimdusTurgunt eorucoplexiones qnatruof
quaruque cxtremcfimilib? noibut coftat .q VCTO medic dillimilibusfic oppofins. Vt deu«
deus: crearura creatura Deus creatura: CrcaruradcJ.Hoc emmScCiaufac numeri multi*
pltcanonecotingit.Aur enim binanum voluis blnario:autquaternarifjqusternario.Et he
cxrreme fut fimplicefqi habirudinea & coplexiones. Aut dcniqibiiiariu, quaternarioiuol"
•usiaurqccrnariubinario. E t l i e mediecoplexioesdicunf dilimiln'i&oppofitorfinoinri.
{^txtremis habitudinib'*/ vtrumqj oppofitorum filluur in feipfo: medijfl *
vero ambocomcam/fcrunrurqsin alterutrum.
| f \ ' a m coplcxio hccdes deusideuiiftir in feicfo; feparatcp a aearura. Heciride rrearura
creaturaicreaturam auenita dcoeamqi fibupficofert.Hecautcdcus crearuraidcu 111 cre
atuiarralfert.Supma verofcilicetaeaturatir'.' creaturai dcfi duciirat illi copulat ifciltcp.
If xtremecoplexiones: inuicem conuerfeiunt/equepollentes etconiecutiue. *
Pantcr ct medie inuicem.




6 8 J . G A Y A


Toda esta construccidn parte de la identificacidn de cuatro rela-
ciones entre tres terminos de una misma"raz6n" . Al leerlo de la plu-
ma del lulista que era Bovelles, no podemos evitar el recuerdo de las
paginas que dedicara Llull a esta misma identificacion, y de la trans- "
cendental relevancia que la cuestion tuvo en todo su sistema artisti-
co . Desde la posibilidad de que las figuras artfsticas pudieran rela-
cionarse con este esquema (bastaria dividir el 6 entre 3 y 3 , y colocar
la T en el primer orbe y la S en el segundo, e t c ) , hasta el hecho mas
probable de que la elaboracidn de Bovelles se realizara recordando la
teoria luliana de los correlativos, son numerosos los puntos de con-
tacto que cabrfa desvelar. La aplicacidn del esquema a la Trinidad es,
podrfamos decir, plenamente luliana. Hay, sin embargo, un punto
que muestra cuan lejos queda Bovelles de la teorfa luliana, y es el he-
cho de construir todo su esquema sobre la 'bposicidn" Dios / criatura.
Llull usd y estudid ciertamente esta relacidn. Su consideracidn esta
en el origen mismo de su especulacion. Ahora bien, se trata para Llull
de una relacidn muy diferente de la correlativa. que se da en Dios y
en la criatura, pero no entre Dios y la criatura (ya que esta no puede
ser termino correlativo, es decir pars essentialis, de una accidn
divina).


Todo lo anteriormente indicado viene a recordarnos una vez
mas la peculiar modalidad que ha conocido el legado lulfstico a traves
del t iempo, y tambien la historiografia sobre este mismo lulismo. Se
dan en los textos de Bovelles que hemos comentado, multiples indi-
cios que nos remiten a un conocimiento amplio de Llull. Pero, al mis-
mo t iempo, otros rasgos, incluso de terminologfa , sirven para consta-
tar que no se recoge en profundidad el sistema luliano. Posiblemente
ni siquiera nosotros, y por ello me referfa a la historiograffa, estamos
aun en condiciones de comprender el sistema luliano. Nos falta basi-
camente una informacidn, la que nos diga del verdadero pre-texto lu-
liano. Ello implica no sdlo unos datos sobre los ahos de formacidn de
Llull, sino con mucha mas relevancia la descripcidn de la situacidn
que origina su "conversidn". Por ahora se ha entretenido la bibliogra-
ffa lulistica en desvelar el "hacia donde" , con todas sus implicaciones


4 7 . Cf r . J . G A Y A , La teoria luliana de los correlativos, p p . 4 2 - 5 3 , 6 0 - 6 5 ,
e t c .


4 8 . E n l o s e s c r i t o s a n t i a v e r r o i s t a s e s t e p u n t o q u e d a s u b r a y a d o e n t o d a s las
a r g u m e n t a c i o n e s c o n t r a la n e c e s i d a d d e la c r e a c i o n ab aeterno. L a d i s t i n c i o n
o b l i g a a L lu l l a d e s a r r o l l a r la t e o r f a d e l o s tres gradus comparationis r e s e r v a n d o
a D i o s el s u p e r l a t i v o . E n u n a d e e s t a s o b r a s , r e c i e n t e m e n t e e d i t a d a , p u e d e l e e r s e :
" B o n i t a t e s , m a g n i t u d i n e s e x t r i n s e c a e , e t c d e p e n d e n t a c a u s i s i n t r i n s e c i s in s u p e r -
l a t i v o g r a d u p e r m a n e n t i b u s , q u o n i a m i n t e r c a u s a s s u p r e m a s e t i n f i m a s n o n e s t in-
v e n i r e m e d i u m a b s o l u t u m , s u b q u o d e p e n d e a n t c a u s a e s u p r e m a e " . Liber de divi-
na existentia etagentia, I , R O L V I I I , p . 1 1 3 .




T E M A S L U L I A N O S E N B O V E L L E S 69


para el Ars luliana, de la"conversion".Nos falta saber "de donde" y el
"como" de la conversion, con todas las implicaciones que ambas
cuestiones pueden tener para el Ars. Y esos son pretextos que habra
que descubrir en los mismos textos con que trabajamos; hay que pre-
guntarselo. Los mismos textos que leyera Bovelles y que contextuali-
zara en su manera de ver y de ser renacentista, con el peligro de con-
tribuir asi a la suma con-textual, de textos ahadidos a esa enmaraha-
da situacion que es el lulismo.


J . O A Y A






NOTES DE BiBLIOGRAFIA I CRONOLOGIA LUL.LIAXES


I
EL LIBRE DE PLASENT VISIO


Durant anys ara s h a passejat pels catalegs lul.lians una obra
perduda anomenada Libre dc plasent uisio, que, a forea de repeti-
cions, corre el perill de cobrar realitat. Perb si examinam 1 evidencia,
trobarem que abans de principis del nostre segle, nomes hi ha quatre
referencies a aquesta obra.


La primera, i iunica de tota 1'edat mitjana, es del mateix R.a-
mon Llull. al Libre dc meraveiles, VIII, cap. 57 . 1 A ledicio de Gal-
mes ocupa gairebe quaLre planes, i el lector objetiu hauria d 'adme-
tre, em sembla, que es molt poc caracteristica de les famoses autoci-
Les de Llull. Normalment, si s e n t e n (cosa que mai no fa com aqui)
parlant d 'una obra propia, es unicament perexposar ia seva utilitat.
Donar-se una descripcio detallada hauria estat una empresa remarca-
blament ociosa, pero es exactament lo que fa aqui. A mes a mes, el
que ens descriu es un llibre constituit gairebe totalment per miniatu-
res (i no figures lulJianesV, i aixo a centenars, representant tot el mon


1. E N C U I . 7 1 - 5 ; O E 1. 4 0 5 - 6 .




7 2 A. BONNER


sobrenatural, natural, biblic, historic, e t c , etc. Cosa mes poc lul.lia-
na seria diffcil d'imaginar. 2


Les dues prbximes cites son del segle XVI. Un es de Joan Bon-
llabi a la introduccid de la seva edicid de Blaquerna.s Diu: " Si ves-
sen lo Libre de placita uisione, sobre de la sagrada scriptura, to t
storiat; qual es a mil maravelles", que podria fer referencia a un Uibre
que ell hagues vist, perd molt mes em sembla una frase feta sobra la
cita del Libre de merauelles, el tftol del qual fins i to t t roba manera
d ' introduir en la seva cita.


L a l t r a cita del segle XVI es troba a una llista d 'obres alquimi-
ques pseudo-lul.lianes al Ms. Barb. lat. 273 del Vatica, 4 que consti-
tueix una peca d evidencia mes misteriosa que decisiva.


La quarta cita es de finals del XVIII, del P. Pasqual. 5 Alla diu
clarament que ho ha tret del Felix, i nosaltres l 'haur iem de prendre
cum eodem grano salis que les altres tantes cites de Blaquerna i Fe-
lix que ell prenia com a passatges autobiografics.


Ara be, resalta el fet que un llibre d una bellesa tan espectacular
com ens ho descriu Ramon Llull, nomes fos citat aqueixes quatre
vegades durant sis segles, i sobretot durant 1'epoca de la gran fama
internacional de 1'autor. No apareix, per exemple, a cap dels nombro-
sos catalegs lul.lians des de le Myesier fins a Littre. I si realment exis-
tia en temps de Bonllabi, ^com es que fou ell l ' un ic en ressenyar un
manuscrit tan esplendidament miniat? Tot indueix a pensar que tots
han begut a la mateixa font del Felix.


De la mateixa font (sind de Bonllabi o Pasqual) han begut tam-
be les nombroses cites del nostre temps, que comencen amb la reedi-
cid del Libre de merauelles a finals del segle passat i principis d aquest
segle per Geroni Rosselld. 6 D'alla passen a les obres de Marius An-


2 . L o q u e t r a n s p a r e n t a e n a q u e i x a d e s c r i p c i o , e m s e m b l a , e s u n e s f o r c u n
t a n i n g e n u d e f e r - n o s c r e u r e e n la r e a l i t a t ( f i c t i c i a , n a t u r a l m e n t ) d e t a l l l i b r e .


F i n s i t o t e m p r a la m a t e i x a t e c n i c a q u e s u s a v a a p r i n c i p i s d e la n o v e l . l i s t f c a r o -
m a n t i c a ( B a l z a c , S c o t ) : m e s d e t a l l a d a la d e s c r i p c i o , m e s r ea l p a r e i x e r a .


3 . V a l e n c i a , 1 5 2 1 ( R D 7 6 ) , E s p f s t o l a p r o e m i a l .
4 . V e g e u P e r e z M a r t f n e z , Los fondos lulianos existentes en lasbibliotecas


de Roma, R o m a , 1 9 6 1 , p . 8 6 , N* 8 2 .
5 . Vindiciae Lullianae, T o m . I, A v i n y o 1 7 7 8 , p p . 1 7 4 - 5 .
6 . A la Biblioteca Catalana, B a r c e l o n a , 1 8 7 2 - 1 9 0 4 , I, 3 1 6 - 9 i a Obras de


Ramon Llull, I V , 1 9 0 3 , 5 2 - 5 r e s p e c t i v a m e n t .




NOTES DE BIBLIO GRAFIA 7 3


dre , 7 Rubio i Lluch, 8 Avinyo 9 i Allison Peers , 1 0 i d aqueixes obres
als catalegs de Logpre , 1 1 Glor ieux , 1 2 el mateix Avinyo, 1 3 Carreras i
A r t a u 1 4 i P la tzek 1 5 i finalment a les noves edicions del mateix Libre
de meravelles.16 Pero em pareix que ha arribat el moment de remun-
tar totes aquestes cites, arribar a les fonts, i veure la improbabilitat de
que 1'obra descrita al Felix sigui una obra perduda de Ramon Llull.
Mes versemblant em sembla la hipotesi que sigui una obra fictfcia,
idealitzada, presentada al lector com a cosa que seria molt valuo-
sa i instructiva - si sarribas a fer.


7 . Le Bienhereux Raymond Lulle (1232-1315), P a r i s , 1 9 0 0 , p p . 1 2 7 - 8 .
8 . Sumari d unes llicons en els Estudis Uniuersitaris Catalans, B a r c e l o n a ,


1 9 1 1 , p . 3 0 .
9 . El terciari francesca Beat Ramon Llull. Sa uida y la histbria contempo-


ranea. I g u a l a d a , 1 9 1 2 , p . 2 8 1 .
1 0 . Ramon Lull. A Biography, L o n d r e s , 1 9 2 9 , p p . 2 0 5 i 2 1 5 n . 1 .
1 1 . Dictionnaire de Theologie Chatolique I X , 1 , P a r i s 1 9 2 6 , c o l . 1 1 0 9 .
1 2 . Repertoire des maCtres e.n theologie de Paris au XIII siecle, V o l . I I , Pa -


ris 1 9 3 3 , p . 1 5 2 , a o .
1 3 . Les obres autentiques del Beat Ramon Llull, B a r c e l o n a , 1 9 3 5 , N * 3 7 .
1 4 . Historia de la filosofia espanola, V o l . I, M a d r i d 1 9 3 9 , p . 3 3 1 .
1 5 . Raimund Lull, V o l . I I , D i i s s e l d o r f 1 9 6 4 , p . 1 9 .
1 6 . A E N C I V , 3 2 6 - 7 i Obres essencials, 1, 5 1 0 n . 3 8 .




74 A. B O N N E R


M


Rarnon Llull i els Tdrlars


C o m e n c a r e m a m b u n a mica d ' h i s t o r i a or ien ta l q u e te re lac ions i
co inc idenc ies cur ioses a m b la vida i ob ra de R a m o n Llull .


L ' a n y 1 2 8 4 puja al t r o n o de Persia el kan m o n g o l A r g h u n , ini-
c i an t aixi una nova e t a p a pro-cr i s t iana de la seva d inas t ia , c o n t i n u a n t
la p o l i t i c a de son pa re , A b a q a ( 1 2 6 5 - 8 2 ) , 1 6 a i sa rnare , la filia de 1 'em
p e r a d o r b izan t f Miquel Paledleg, u n a p o l i t i c a i n t e r r o m p u d a d u r a n t
el regne del seu onc le , T e k u d e r ( 1 2 8 2 - 4 ) q u e afavoria 1 ' e l e m e n t
islainic del p a i s . A m b A r g h u n t o m a al p o d e r 1 'e lement mes au t en t i -
c a m e n t m o n g o l , que afavoreix els bud i s t e s i els cr is t ians nes to r i ans .
El pa t r i a r ca nes to r i a , Ma>" Y a h b h a l l a h a , u n m o n g o l or iginar i de la
p r o v m c i a x inesa del Xans i , esdeve un dels pe r sona tge s p rmc ipa l s de ia
seva c o r t . U n a biografia sirfaca c o n t e m p o r a n i a d iu que ' 'e l seu afecte
pel rei A r g h u n era m o l t g ran , ja que a q u e s t p r fncep es t imava m o l t els


J 6 a . E ra d u r a n t el seu r e g n a t q u e es va e n t a u l a r r e l a c i o n s a m h E u r o p a ,
c o n c r e t a m e n t a m b el P a p a C l e m e n t I V , E d u a r t d A n g l a t e r r a i n m b J a u m e i d "A-
r a g o . A q u e i x e s r e l a c i o n s c o m e n c a r e n 1 a n y 1 2 6 7 q u a n el P a p a i J a u m e 1 e n v i a r e n
u n ta l J a u m e A l a r i c o d e P e r p i n y a c o m a m b a i x a d o r a la c o r t d e A d h a r b a i j a n ; va


t o r n a r a f i na l s d e 1 a n y s e g u e n t a m b " I I t a r t r e s . h o n r a t s h o m e n s . m a s la I e r a p u s h o n
ra t e h a v i a m a j o r p o d e r " I Libre dels feytsj, e . 1 6 7 ) . P e r v e n t u r a a m h la i d e a d u-
n a a j u d a m o n g o l , e s va o r g a r . i t z a r la v u i t e n a c r o a d a , si la p a r a u l a " o r g a n i t z a r " n o
es e x c e s s i v a , d o n a t q u e e.s va d u r a t e r m e e n t r e s e x p e d i c i o n s s e p a r a d e s , t o t e s d u-
na i n e f i c a c i a t o t a l . L a p r i m e r a e r a de l p r o p i J a u m e I (1 2 6 9 ) , a b a n d o n a d a a c a u s a
d ' u n a t e m p e s t a t ; n o m e s v a n a r r i b a r a T e r r a S a n t a d o s fills i l . l e g f t i m s s e u s , F e r r a n
S a n x i s i P e r e F e r r a n d i s a m b u n g r u p r e d u i t d e s e g u i d o r s . La s e g o n a fou la d e s a s -
t r o s a e x p e d i c i o d e S a n t L l u i s a T u n i s ( 1 2 7 0 l, q u e va a c a b a r a m b la m o r t de i re i .
L a t e r c e r a va e s se r u n a m i n i e x p e d i c i o ( n o m e s d e v e r s mi l h o m e s ) de i p n n c e p E-
d u a r d d A n g l a t e r r a ( 1 2 7 1 - 2 ) . A q u e s t a al m e n y s va a r r i b a r a T e r r a S a n t a i va c o o r -
d i n a r els s e u s m o v i r n e n t s a m b e ls m o n g o l s , , p e r o t o t s do.s a m b f o r c e s i n s u f i c i e n s t s
f a l e s h o r e s A b a q a t e n i a g r e u s p r o b l e m e s a les s e v e s f r o n t e r e s a m b T u r k e s t a n ) p e r
a c o n s e g u i r r e s e f e c l i u . A p e s a r d a i x d , A b a q a va s e g u i r i n s i s t i n t e n la p o s s i b i l i t a t
d ' u n a a l i a n g a c o n t r a e l s M a m e l u k s e n u n a c a r t a ( 1 2 7 3 ) al P a p a i E d u a r d I f a r a
re i d ' A n g l a t e r r a ) , a m b u n a a m b a i x a d a e n v i a d a ( 1 2 7 4 ) al P a p a I al C o n c i l i d e L i o ,
i a m b a l t r e s a m b a i x a d e s a I t a l i a ( 1 2 7 6 ) i a A n g l a t e r r a (1 2 7 7 ) . P e r a la h i s t o r i a
d a q u e i x e s r e l a c i o n s , v e g e u R e n e G r o u s s e t , Ihstoire des croisades et du royaumc
franc de Jerusalem, V o l . I I I , P a r i s 1 9 3 6 , p p . 6 4 7 i s s . , i de l m a t e i x a u t o r , / , Em-
pire des sleppes, P a r i s , J e d . , 1 9 6 0 , p p . 4 4 5 i ss . P e l s m o n g o l s al C o n c i l i d e L i o ,
v e u r e a m e s , J . T a r r e , Los codices lulianos de la Biblioteca Nacional de Paris.
A T S X I V ( 1 9 4 1 ) , p p . 1 5 7 - 8 .




NOTES DE BIBLIO GRAFIA 75


cristians i es proposava marxar sobre Siria i Palestina per a apoderar-
s e h . Deia emperd: 'Si els reis d ' Occident. aue soncristians, no m a-
juden, no podre realitzar el meu proposit. ' " 1 6 b


T o t d u n a comenga a posar rna a 1'obra. En maig de 1285 Ar-
ghun envia una famosa carta el papa ITonori IV, demanant una alian-
ca militar, un moviment combinat contra els Mamelucs: els Mongols
atacarien Siriamentres que els "Franes" atacarien Egipte. Pero el mo-
ment no podia esser pitjor: era precisament en aquest mes de maig
que es va llancar la "croada" francesa contra Catalunya, les conse-
quencies de la qual havien d'absorbir tota 1'atencio diplomatica i
polftica dels regnes riberencs del mediterrani occidental durant anys.
Aixi que no es d'estranyar que el Papa, que s 'havia col.locat a 1'epi-
centre d'aquest moviment sismic, no fes res en contestacio a la car-
ta persa.


Pero aixb no va descoratjar el kan. Dos anys mes tard envia una
ambaixada a Occident. La duu un personatge important, un mongol
nestoria anomenat Rabban Cauma, intim amig del patriarca. Arriba a
a Roma a finals de juny, 1287, poc despres de la mort d 'Honor i IV;
escaiguda en abril. Rabban Cauma, empero, es reuneix amb els car-
denals aleshores residents a Roma, els explica la situacio politica i re-
ligiosa dels regnes rnongols i dels nestorians, i torna fer la mateixa o-
ferta d'alianga, demanant 1'ajuda occidental per a reprendre Jerusa-
lem.


Com diu Grousset, el moment era crftic. De totes les conquistes
de les croades a Terra Santa, nomes quedava Tripoli. que sucumbiria
clos anys mes tard (1289). i Acre i Tir, que sucumbirien en quatre
(1291). Pero 1' unica resposta dels cardenals era de fer-li al bon prelat
sino-mongol una interrogacio minuciosa sobre el Credo nestoria, a la
qual Rabban Cauma a la fi va contestar: "Som vengut d'un pais llu-
nya, no per a discutir qiiestions de fe, sino per a venerar monsenyor
el Papa i fer-li coneixer ies proposicions del kan. Si els pareLx. be dei-
xem aquestes discusions".


Vegent que era inutil perdre mes temps a Roma (el conclave per
a elegir un sucessor a Honori IV encara no s ' havia reunit), 1'ambai-
xada mongol comenca una gira europea. L'agost es a Genova, pel se-
sembre a Pariz (com diu la cronica siriaca), on Rabban Cauma con-
versa amb Philippe le Bel i passa un mes visitant els monuments
religiosos i sobretot la universitat; 1'octubre se 'n va a Bordeus en
terres de Casonia (Gasconya) on visita cl rei d'Alanguitar (Anglate-


1 6 b . R . G r o u s s e t , Histoire des croisades ( v e g e u n o t a a n t e r i o r ) , vo l . I I I .
p. 7 1 0 .




7 6 A. BONNER


rra), Eduard I. Per to t es rebut amb gran cerimdnia, perd no conse-
gueix res concret. Totes les forcas polftiques estan encara massa invo-
lucrades en le questio catalano-siciliana (i el rei d'Anglaterra en pro-
blemes galesos i escocesos) per a poder oferir ajuda concreta. Desco-
ratjat, Rabban Cauma torna a Genova el desembre, i a Roma pel fe-
brer de 1288, quan a la fi s.'ha elegit el nou papa, Nicolau IV. Enmig
d 'un gran fervor i emocid, el papa associa 1'ambaixador mongol a les
festes i cerimdnies de Setmana Santa, durant les quals Rabban Cauma
celebra missa davant una gran concurrencia de gent, i el diumenge de
Rams rep comunio del papa mateix. Llavors, amb cartes pontificals


da tades 1 7 e l 7 dabr i l de 1288, Rabban Cauma deixa Italia cap a Persia,
on arriba durant 1 estiu.


La continuacid d'aquesta trista histdria es pot contar en poques
paraules. Arghun envia dues ambaixades mes a Europa en 1289 i
1290, amb la mateixa falta de resultats que abans. El 1291 es perd
la darrera ciutat cristiana de Terra Santa, Acre, i el mateix any mor
Arghun. Despres del regnat breu d ' u n germa seu, puja al kanat en
1295 el seu fill Ghazan, que es converteix a 1'Islam.1 8 Comencen les
persecucions de budistes, nestorians, zoroastrians i jueus. Es la vic-
tdria definitiva del partit musulma, i el toc de queda del mon cristia
de 1' imperi persa i de les esperances d u n a alianga efectiva contra els
"sarrains".


Tot aixd ens demostra que les idees de Ramon Llull d enviar mis-
sioners a la terra dels "Lartres" i intentar formar aliances amb ells no
eren idees forasenyades ni u tdpiques . 1 9 Si eren impractiques, aixd e-


1 7 . P e r a q u e i x e s c a r t e s s a b e m q u e el k a n h a v i a m a n i f e s t a t la s eva i n t e n c i o
d e r e b r e el b a p t i s m e a J e r u s a l e m , q u a n a q u e i x a c i u t a t h a g u e s e s t a t c o n q u i s t a d a
p e r ell i e l s s e u s a l i a t s e u r o p e u s . D e t a l l i n t e r e s s a n t , q u e h a g u e s p o g u t i n f l u i r e n
l b p t i m i s m e m i s s i o n e r d e R a m o n L lu l l c a r a a l s t a r t a r s .


1 8 . L lu l l m a t e i x p a r l a d a q u e i x a c o n v e r s i o d e Casanus, corr i de l s e u g e r m a i
s u c c e s s o r Carbenda ( U l j a ' i t u , 1 3 0 4 - 1 3 1 6 ) a la Disputatio Raymundi christiani et
Hamar saraceni, M O G I V , 4 7 6 I n t . vi i , 4 6 i al Liber de conuenientia fidei et in-
tellectus in objecto, M O G I V , 5 7 5 I n t . x i , 5 , o n r e s u m e i x b a s t a n t c o r r e c t a m e n t
la s i t u a c i o d e l s t r e s r e g n e s m o n g o l s d e la d i n a s t i a d e G e n g i s K a n . Cf. t a m b e el
p a s s a t g e d e l Desconhort c o r r e s p o n e n t a la n . 5 1 m e s a b a i x i el Liber de fine,
P a l m a 1 6 6 5 , 5 0 - 8 a G o t t r o n , Ramon Lulls Kreuzzugsideen, B e r l i n i L e i p z i g ,
1 9 1 2 , p p . 7 1 - 3 , c o m J . B o r r a s , Lo que dice el Bto. R. Lull de los mongoles o
tdrtaros, B S A L 1 2 ( 1 9 0 9 ) , 7 - 1 0 .


1 9 . P e r a l e s s u g e r e n c i e s d e R a m o n L lu l l s o b r e e l s " t a r t r e s " , a m e s d e les
o b r e s c i t a d e s a la n o t a a n t e r i o r , v e g e u Blaquerna, E N C I I , 1 5 3 , 1 5 6 i 2 1 7 ; Me-
rauelles, E N C I V , 1 0 7 - 8 , 1' Epistola c i t a d a a les n n . 3 3 i 3 4 m e s a b a i x ; Libre de
Sancta Maria, O E I, 1 1 5 7 ; i Liber de acquisitione Terrae Sanctae e d i t a t p e i L o n -
p r e a C R I T E R I O N , vo l . I I I , B a r c e l o n a 1 9 2 7 , p p . 2 7 6 i 2 7 8 .




NOTES DE BIBLIO GRAFIA 7 7


ra degut unicament al mon occidental que era massa tancat dins del
cercle reduit dels seus problemes polftics per a poder pensar en ter-
mes d una estrategia mes global ni per a poder aprofitar 1 bferta d una
alianca ben concreta i factible.


Per altra banda, els fets narrats mes amunt tenen paral.lels curio-
sos dins la vida i obra de Ramon Llull que examinarem en els apartats
segiients.


III


Cronologia del final dei cicle
de L 'ARS DEMONSTRATIVA


La Vida coetdnia, despres de passar en silenci onze anys de la se-
va vida, torna a la palestra contant una visita de Ramon Llull a Ro-
ma per a 1'establiment de monestirs de llengues orientals. Pero, se-
gons la versio l la t ina, 2 0 "cum ipse ad curiam pervenisset, invenit
Papam tunc recenter mortuum, dominum scilicet Honorium papam.
Propter quod derelicta curia, direxit versus Parisius gressus suos ad
communicandam ibi mundo, quam sibi dederatDeus, Artem. Veniens
ergo Raymundus Parisius tempore cancellarii Bertoldi (de Sancto
Dionisio), 2 1 legit in aula sua Commentum Artis generalis de speciali
precepto predicti cancellarii, perlectoque Parisius illo Commento, ac
ibidem viso modo scolarium, ad Monte rediit Pessulanum, ubi de no-
vo legit, et fecit etiam librum unum, vocans eundem Artem verita-
tis inuentiuam."


Ara be, aquest relat en dona tres fites cronologiques: 1) la mort
d 'Honor i IV en abril de 1 2 8 7 , 2 2 2) 1'eleccio de Bertaud de Saint-
Denis com a canceller de la Universitat de Paris en desembre de
12 8 8 2 3 i 3) la composicio d e \ ' A r s inventiua veritatis durant el curs
de l 'any 1 2 9 0 . 2 4 Aixo ens dona un espai de gairebe tres anys, i el
problema es com distribuir el temps.


20- E d i t a d a p e r d e G a i f f i e r a Analecta Bollandiana 4 8 , B r u s e l e s 1 9 3 0 , p
1 5 5 , p a r s . 1 8 - 1 9 .


2 1 . P a r a u l e s a f e g i d e s d e la m a d e le M y e s i e r al m a r g e d e 1 ' Electorium; ve-
geu J . T a r r e , Los cddices lulianos de la Biblioteca Nacinal de Paris, A T S X I V ,
1 9 4 1 , 1 6 9 , i J . N . H i l l g a r t h , Ramon Lull and Lullism in Fourteenth- Century
France, O x f o r d , 1 9 7 1 , 3 5 4 .


2 2 . Cf. B a t l l o r i a O E I, 4 0 n . 6 9 .
2 3 . I b i d . 4 1 n . 7 1 .
2 4 . Cf. la m e v a Nota suplementdria a "Problemes de cronologia lul.liana",


E L X X I , 1 9 7 7 , 2 2 2 i n . 1 2 .




7 8 A. BONNER


La majoria cTautors pensen que Ramon Llull se'n va anar tot
cTuna de Roma aPar fs , 2 5 es a dir, a mitjan 1287; una minor i a 2 6 han
opinat que no va arribar a Parfs fins a les darreries de 1288. Nosaltres
vodriem tornar a suggerir la segona possibilitat pel fet de 1 escena fi-
nal del Liber super Psalmum "Quicumque vult".2"7


Alla es conta que, despres d 'una llarga indoctrinacio de part de
le rmi ta Blaquerna, "contigit, dum Tartarus ingrederetur Romanan
Curiam, quod Dominus Papa celebraret solennem Missam, et invenit
eum celebrantem, et ecclesia erat plena sanctis viris, scilicet praelatis
et religiosis." Impressionat per la eeremonia religiosa, es dirigeix al
Papa perque el bafegi, cosa que es consuma alla mateix. Llavors el Pa-


pa escriu cartes al rei tartar, aixd a instancia del nou catdlic, el qual
les portara al seu destinatari.


Per mi, la coincideneia de la cerimonia religiosa publica a Roma
amb participacio del tartar, i de les cartes pontificals al rei tartar
amb els fets narrats mes amunt de la visita de Rabban Cauma a Roma
per la Setmana Santa de 1288 es massa exacta per esser fortuita.
Diferencies de detalls - rebent comunio o bateig de mans del Papa -
em semblen sense importancia, meres llibertats literaries, d u n a obra
elaborada amb fins apologetics i missioners i no histdrics .


Si aquesta hipdtesi es correcta, podriem establir la cronologia se-
giient. Ramon Llull arriba a Roma a la primavera de 1287, on coinci-
deix amb 1'ambaixada de Rabban Cauma, tots dos havent arribat
poc despres de la mort del Papa, Honori IV. A la primavera de 1'any
segiient, Ramon encara es a Roma, on presencia les cerimdnies a les
quals el nou Papa, Nicolau IV, associa 1 emissari mongol i pren conei-
xensa de les cartes que el Papa dirigeix al kan de Persia. Inspirat amb
tots aquests esdeveniments, que li devien causar una gran impressio,
escriu el Liber super Psaimum "Quicumque vult" durant 1'estiu. 2 8


2 5 . B a s a n t - s e . m e s q u e r e s , e n les p a r a u l e s " p m p t e r q u o d " d e l t e x t c i t a t .
2 6 . D e n i f l e i O h a t e l a i n , Chartularium Unwersilatis Parisiensis, I I , P a r i s 1 8 9 1 ,


n* 5 5 1 , p . 2 4 , i O . K e i c h e r , Raymundus Lullus und seine Stellung zur arabischen
Philosophie, M l i n s t e r i. W. , 1 9 0 9 , p . 2 5 . Pe l s a l t r e s , v e g e u H . R i e d l i n g e r a R O L V ,
1 1 5 .


2 7 . De Baptizatione Tartari, M O G I V . 3 7 - 4 - 6 - I n t . v , 2 8 - 3 0 .
2 8 . A q u f v o l d r i a o b r i r u n b r e u p a r e n t e s i p e r a s u g g e r i r u n a p o s s i b l e f o n t de l


Liber super Psalmum "Quicumque vult": e s t r a c t a d e el El Kuzari d e Y e h u d a h a -
Levf . F a a n y s q u e M e n e n d e z P e l a y o el va s u g g e r i r c o m a p o s s i b l e f o n t de l Libre
del gentil, t e s i r e b a t u d a p e r Mi l l a s V a l l i c r o s a a la s eva e d i c i o de l Liber praedicatio
nis contra judeos, M a d r i d - B a r c e l o n a , 1 9 5 7 , 2 3 ss . P e r o les s i m i l i t u t s e n t r e El Ku-




NOTES DE BIBLIO GRAFIA 7 9 .


Per la tardor de 1288 es dirigeix a Paris, on escriu el Compen-
dium seu Comrnentum Artis demonstrativae (Pla 32), que llavors em-
praria com a base de les seves lectures publiques. 2 9 Aqueixa consta-
tacio te certa importancia pel fet que explicaria el famos final del
Compendiurn on s'excusa pel seu ' 'modus loquendi a rab icus" . 3 0 Da-
vant un auditori amb el qual segurament va tenir greus problemes de
comunicacio, 3 1 es pot comprendre be com havia de suplicar els es-
tudians que "non at tendant circa ineptitudinem verborum", sino so-
lament a lo que volien dir, explicant que la terminologia correlativa, a
pesar de que "non est multum apud latinos sermo consuetus", es
necessari per a superar la resistencia dels infeels.


Altres obres que escriu durant aquest primer viatge a Paris son:
Disputatio fidelis es infidelis (Pla 49).
Libre de meravelles (Pla 51), amb sugerencies molt interessants


sobre relacions missionals i politiques amb els t a r t a r s . 3 2


Epistola ad regern Franciae (Pla 172), Epistola ad quendam ami-
cum (Pla 173) i Epistola ad Universitatem parisiensem (Pla 171 ) . 3 3


sari i el Liber super Psalmum "Quicumque vuli" s o n b a s t a n t m e s n o t a b l e s , s o b r e -
t o t en 1 a s p e c t e f o r m a l . T o t s d o s t r a c t e n d u n h o m e d e r a g a t u r c o - m o n g o l q u e es
c o n f r o n t a a m b l e s t r e s g r a n s r e l i g i o n s m o n o t e i s t e s ; a t o t s d o s el p r o t a g o n i s t a
p a r l a m o l t b r e u m e n t a m b r e p r e s e n t a n t s d e les a l t r e s r e l i g i o n s ( e n El Kusari s ' h i
i nc lou u n f i l o so f ) p e r a d e d i c a r l l a v o r s t o t a la r e s t a d e l ' o b r a ( 9 0 ' / , o m e s ) a la
re l ig io p r i n c i p a l . Es p o d r i a s u g e r i r , d o n c s , q u e R a m o n L lu l l va p r e n d r e la f o r m a d c
El Kusari, la va c o m b i n a r a m b les c i r c u m s t a n c i e s d e la v i s i t a d e R a b b a m C a u m a a
R o m a , i la va m o d i f i c a r s e g o n s les s e v e s n e c e s s i t a t s a p o l o g e t i q u e s .


2 9 . V e g e u el Commentum Artis generalis m e n c i o n a t d u e s v e g a d e s al t r o s d e
la Vida coetania. El c a n v i d e " d e m o n s t r a t i v a " e n " g e n e r a l i s " n o d e u r i a s o r p r e n d r e
en v i s t a d e p a s s a t g e s c o m el de l Liber de fine ( P a l m a 1 6 6 5 , p . 1 1 0 ) o n p a r l a d e
" A r t e ( i e n e r a l i , a u t c o m p e n d i o s a , s ive i n v e n t i v a , vel d e m o n s t r a t i v a , q u a e i d e m s o -
n a n t " ; v e g e u t a m b e la d i s c u s s i o s o b r e c i t e s d u n a " A r s g e n e r a l i s " al f inal d a q u e s t
a r l i c l e , c o m t a m b e P a s q u a l , Vindiciae 1, p . 1 7 1 .


3 0 . M O G I I I , 4 5 0 l n t . vi, 1 6 0 . A m b a q u e i x a f r a se , L lu l l e s r e f e r e i x al " d e c l i -
n a r e t e r m i n o s f i g u r a r u m d i c e n d o s u b c o n d i t i o n i b u s b o n i t a t i s , b o n i f i c a t i v u m , b o -
n i f i c a b i l e , b o n i f i c a r e , b o n i f i c a t u m , " e s a d i r , a la t e r m i n o l o g i a c o r r e l a t i v a .


3 1 . V e g e u el " v i s o m o c l o s c h o l a r i u m " d e la c i t a d e la Vida coetdnia. S e g u r a -
n i e n t q u e h i h a v i a u n a b i s m e e n t r e 1 e n s e y a n g a e s c o i a s t i c a d u n a b a n d a , i d e 1 a l t r a
la " f i l o s o f i a d e f r o n t e r a " d e R a m o n L l u l l , el m e t o d e d e 1' A r t i el v o c a b u l a r i c o r r e -
la t iu m e n c i o n a t a la n o t a a n t e r i o r .


3 2 . V e u r e !a n o t a s e g f i e n t .
3 3 . P e r a d i s c u s s i o n s d e les o b r e s e s c r i t e s d u r a n t a q u e s t a p r i m e r a e s t a d a a


Par f s , v e g e u H. R i e d l i n g e r a R O L V , 1 1 7 . P e r a les t r e s Epistolae v e g e u H i l l g a r t h ,
o b r a c i t a d a as la n . 2 1 , p . 5 0 i n . 1 2 , o n e x p o s a la s eva r e l a c i o a m b el p a s s a t g e
del Libre de meravelles c i t a t a la n . 1 9 a q u f .




8 0 A. BONNER


En la darrera d 'aqueixes tres cartes, torna a parlar dels Tartars, i del
perill de que es convertesquin a 1' Islam o al Judaisme. 3 4


Llavors a finals de 1289 o principis de 1290, envia al Doge de
Venecia el celebre Ms. 3 5 que va precedit de 1'Epistola dedicatoria ad
ducem Venetorum (Pla 54), i mes o menys pel mateix temps deixa
Paris per Montpellier, on escriu 1'obra que iniciara una nova etapa de
la seva produccio, etapa que tractarem a 1'apartat segi ient 3 6


IV


Cronologia dels principis del cicle


de L 'ARS INVENTIVA VERITATIS 3 7


i de la TA ULA GENERAL


Amb aquesta epoca de la produccio lul.liana abordam el proble-
ma de les primeres obres datades per 1 'autor, problema sobre el qual
no hi ha gens dunan imi ta t entre els investigadors, que citen una o al-
tra de les quatre obres que encapgalen la llista seguent. Tambe s ' ha
arribat a afirmar (o implicar) que a partir de l 'obra triada com a
primera en esser datada, Llull ho fa de manera sistematica (i per tant,
si una obra no duu data, ha de ser anterior a aqueixa primera). A fi
d'aclarir un poc aquesta situacio, donarem una llista de les obres an-
teriors a 1296 datades per 1'autor 3 3


3 4 . E . M a r t e n e i E . D u r a n d , Thesaurus novus anecdotorum, I, P a r i s 1 7 1 7 ,
c o l . 1 3 1 8 , L a t e o r i a d e P l a t z e c k (Ramon Luli, I I , 5 7 * , n . 1 6 1 ) d e q u e la d i s c u s s i o
s o b r e e l s t a r t a r s q u i e s s e m b l a n t a la de l Liber de convenientia fidei et intellectus i
objecto, ( v e g e u n . 1 8 m e s a m u n t ) , i p e r t a n t s ' h a u r i e n d e d a t a r les t r e s c a r t e s al
1 3 0 9 - 1 0 , n o t e s e n t i t . E n t r e e l s d o s p a s s a t g e s s ' h a p r o d u i t la c o n v e r s i o d e G h a z a n .


3 5 . V e n e c i a , B i b l i o t e c a m a r c i a n a , V I , 2 0 0 ; v e g e u la m e v a Nota suplementd
ria, El X X I , 1 9 7 7 , 2 2 1 - 2 p e r a la d a t a .


3 6 . Ca l r e m a r c a r q u e a m b a q u e i x a c r o n o l o g i a u n a m i c a r e c t i f i c a d a n o m e s
d e i x a m u n a n y ( f i n a l s d e 1 2 8 8 - f i na l s d e 1 2 8 9 ) p e r a la p r i m e r a e s t a d a d e R a m o n
L L u l l a P a r f s . P e r o e n v i s t a d e l e s p o q u e s o b r e s q u e p a r e i x h a v e r e s c n t d u r a n t a-
q u e s t a e s t a d a (i a r a q u e h e m l l e v a t el Libre de plasent visio), i e n v i s t a de l p o c e x i t
d e la s eva e n s e n y a n c a , e m s e m b l a l d g i c q u e n o h a g u e s v o l g u t p r o l o n g a r la s e v a vi-
s i t a a la c a p i t a l f r a n c e s a .


3 7 . I n o L ' A R S I N V E N I E N D I V E R I T A T E M , c o m va c o n s i g n a r 1 ' a u t o r
d e s p i s t a t a E L X X I , 1 9 7 7 , 2 2 2 .


3 8 . L e s d o n a r e m p r e c e d i d e s p e l n o m b r e d e l c a t a l e c d e P l a t z e c k .




NOTES DE BIBLIO GRAFIA 81


58 - Art amativa — agost de 1290. 0 ' 9


65 — Petitio ad Nicolaum IV — 1292 a Roma.
66 — De modo conuertendi infideles — va junta amb 1'anterior, i


i per tant ha de dur la mateixa d a t a . 4 0


67 — Taula general — setembre de 1293 a Tunis fins al gener de
1294 a Napols. 4 1


70 — Affatus — abril de 1294 a Napols.
71 — Flors d amors e Flors d 'intel.ligencia — 1294 a Napols.
72 — Disputatio de cinc savis — va junta amb 1 bbra segiient.
73 — Petitio ad Coelestinum V — 1294 a Napols.
77 — Arbre de sciencia — setembre de 1295 al primer dabr i l de


1296 a Roma.


Ara dins d'aqueixa llista es poden anar intercalant altres obres
segons com es citen unes a altres, o segons les fites historiques que
proporcionen.


75 — Petitio ad Bonifacium VIII. Aquest Papa fou elegit el 24
de desembre de 1294 a Napols i coronat a Roma en gener de 1295,
aixi que 1'obra, que te gairebe el mateix contingut que el 73 — Petitio
ad Coelestinum V, nomes amb un canvi de destinatari, s 'hauria escrit
durant 1'any 1295.


74 — Lectura super Artem inventivam et Tabulam generalem i
la 72 — Disputacid de cinc savis es citen mutuament. A mes a mes,
aqueixa Lectura cita la 75 — Petitio ad Bonifacium VIII,42 aixi que
segurament fou comencada durant 1'any 1294 a Napols i acabada l a -
ny segiient a Roma.


59 — Arbre de filosofia desiderat. Cita " lo . v j . e n seyn qui no-
velament es conegut," 4 3 aixi que em sembla que hauria desser con-


3 9 . V e g e u O R L X V I I , p p . 3 8 8 i X I I , i P l a t z e c k , R a m o n L l u l l I I , p . 2 2 n . 5 3 .
M a l d a m e n t q u e a q u e s t a d a t a a p a r e i x e n u n a n o t a l l a t i n a al f ina l d e M s s . c a t a l a n s ,
n o veig c a p i n c o n v e n i e n t p e r a a c c e p t a r - l a . C o i n c i d e i x p l e n a m e n t a m b u n a o b r a
e s c r i t a j u s t d e s p r e s de l Ars inventiva veritatis d e p r i n c i p i s d ' a n y ( v e g e u I a r t i c l e
c i t a t a la n . 3 5 m e s a m u n t ) .


4 0 . - P e r a l a d a t a d ' a q u e s t e s d u e s o b r e s la s e g o n a d e les q u a l s e s el f a m o s Li-
brc de passatge; cf. G a r c f a s P a l o u a E L X V I , 1 9 7 2 , 2 1 6 s s . ) , v e g e u 1 'edic io d e J .
R a m b a u d - B u d o t a Opera Latina I I I , P a l m a , 1 9 5 4 , p p . 9 8 i 9 4 , i G a r c f a s P a l o u a
E L X V , 1 9 7 1 , p p . 1 9 7 - 2 0 9 .


4 1 . D a t e s d e l s M s s . c a t a l a n s , q u e e n o p i n i o d e G a l m e s , O R L X V I , p . x i i i
n . 2 , c o m t a m b e d e H i l l g a r t h , o b r a c i t a d a a la n . 2 1 , m e s a m u n t , p . x x i v n . 1 1 ,


h a n d e p e s a r m e s q u e e l s M s s . l l a t i n s , q u e d o n e n d e s e t e m b r e d e 1 2 9 2 al g e n e r
d e 1 2 9 3 , d a t e s s e g u i d e s p e r P l a t z e c k , o p . c i t . , I I , 2 5 .


4 2 . M O G V, 6 7 3 - I n t . v , 3 1 5 : " P e t i t i o q u a e o b t u l i m u s D o m i n o P a p a e C o e -
l e s t i n o Q u i n t o , q u i fu i t , e t p o s t m o d u m D o m i n o P a p a e B o n i f a c i o , q u i n u n c e s t . "


4 3 . O R L X V I I , 4 2 1 .




82 A. BONNER


temporani o posterior al 70 — Affatus. A mes a mes , es la primera
obra que dedica al seu fill des del Libre d intencio, que " lonc temps
ha" que no 1' ha vist . 4 4 Aralbe\d un document publicat pel P. Marti
de Barcelona 4 5 sabem que durant el curs de 1'any 1294 Llull va fer
un viatge rapid des de Napols cap a Mallorca i Barcelona, per a
tornar llavors a Napols. Aquests tres fets encaixen massa be per a no
situar l b b r a dins de 1'any de 1294 . 4 6


64 — Investigatio mixtionum generalium. Si aqueixa obra inedi-
ta es la mateixa titulada Liber de mixtione principiorum et regularum
al cataleg de 1311 de le Myesier, com pareix logic , 4 7 llavors es trac-
taria d 'un llibre sobre una de les tecniques emprades en les darreres
fases de 1 A r t . 4 8 Ara be, aqueixa tecnica no apareix a la 67 — Tau-
la general, pero si, en canvi, a la 74 — Lectura super Artem inventi-
vam etTabulam generalem 4 9 cosa que situaria 1'obra en qiiestio tambe
dins 1'any 1294.


68 — Lectura compendiosa Tabulae generalis. Cita la 67 — Tau-
la general i dedica la segona distincio el Mixtio principiorum, aixi
que no pot esser anterior a 1294. Donat que sembla que una Lectu-
ra nomes sobre la Taula general hauria d'esser posterior a una sobre
VArs inventiva veritatis i la Taula general, posarem 1295.


69 — De levitate et ponderositate elementorum. Comenga "Ad
requisitionem medicorum civitatis Neapolitanae...", aixf que sembla
probable que fos escrit durant " 1'any napoli ta" de Ramon Llull, que,
com es veura de la cronologia que segueix, es 1294.


76 —Desconhort. A mes de 1 'argumentacio de Galmes, Garcias
Palou i Platzeck per la data de 1295, 5 0 hi ha, em sembla, un altre


4 4 . O R L X V I I , 4 0 2 i 4 1 4 .
4 5 . Miscel.lania Lul.liana, 1 9 3 5 , p . 1 6 6 - E F X X V I I I , 1 9 3 9 , p . 3 2 6 . C f . Hil l-


g a r t h , o p . c i t . , 1 4 5 .
4 6 . V e g e u t a m b e la n . 5 3 m e s ava l l , q u e s e m b l a r i a d o n a r u n a l t r e a r g u m e n t


p e r a la n o s t r a d a t a .
4 7 . A i x f p e n s e n J . A v i n y o , Les obres autentiques del Beat Ramon Llull,


B a r c e l o n a , 1 9 3 5 , p . 1 0 9 i H i l l g a r t h , o p . c i t . , p p . 3 4 4 i 3 7 7 .
4 8 . O c u p a , p e r e x e m p l e , la P a r s V I I I , t i t u l a d a p r e c i s a m e n t De mixtione


principiorum et regularum, t a n t d e 1 4 2 - Ars Breuis, c o m d e 1 4 6 - Ars generalis ul-
tima.


4 9 . M O G V , 7 0 5 - I n t . v , 3 4 7 . N o m e s a p a r e i x e r a e n la s e v a f o r m a d e f i n i t i -
va , e m p e r o , b a s t a n t m e s t a r d . V e g e u la n o t a n . 57 m e s ava l l .


5 0 . G a l m e s , O R L X I X , p . X I , G a r c f a s P a l o u , La fecha del "Desconhort" en
relacion con las visitas del Bto. Ramon Llull a la corte papal, E L V I I ( 1 9 6 3 ) ,
7 9 - 8 7 , G a r c f a s P a l o u , Cronologia de las cinco primeras estancias del Bto. Ramon
Llull en la corte papal: Fecha del "Desconhort", E L X ( 1 9 6 6 ) , p p . 8 1 - 9 3 ; P l a t -
z e c k , Misceldnea luliana, V E R D A D Y V I D A , X X X I ( 1 9 7 3 ) , p p . 4 0 0 - 4 . A l t r e s a u -




NOTES DE BIBLIO GRAFIA 83


punt que s h a de tenir en compte. A lestrofa 63 diu:
E digats sa e la, a rey e a prelat,
que si.l fayt tost no.s pren, que ja es ordenat
per sarrains, que i s tartres a el sion girat,
e ja n an convertits una gran quant i ta t . 5 1


Pareix una al.lusio clara a la conversio recent (del mateix 1295) del
kan Ghazan, descrita al final de l apa r t a t II.


Tot aixo ens permet donar una cronologia mes exacta dels pri-
mers anys del cicle de \ 'Ars inventiva veritatis i de la Taula general, es
a dir del periode de 1290 a principis de 1296.


1290 — 55 — Ars inventiva veritatis, escrit a Montpell ier . 5 2
58 — Ars amativa — agost.


1290 - 2 — Una serie d bbres que per les seves cites i on son ci-
tades, sembla que son posteriors a les dues que acabem d esmentar, i
anteriors a la Taula general. S6n:


t o r s h a n p r e f e r i t la d a t a d e 1 3 0 5 , c o m p e r e x e m p l e J . T a r r e , Los codices lulianos
de la Biblioteca nacional de Paris, A S T , X I V ( 1 9 4 1 ) , p . 1 6 1 n . 1 2 , i H i l l g a r t h al
seu Ramon Lull and Lullism in Fourteenth-Century France, O x f o r d , 1 9 7 1 , p . 1 2 4
n. 3 2 0 . P e r a u n a d i s c u s s i o d e les d u e s d a t e s , v e g e u M . B a t l l o r i , Certeses i dubtes
en la biografia . de Ramon Llull, E L I V ( 1 9 6 0 ) , p p . 3 1 9 - 3 2 0 . M e s b i b l i o g r a f i a
e n c a r a t r o b a r a el l e c t o r al p r i n c i p i de l p r i m e r a r t i c l e d e G a r c i a s P a l o u , c o m t a m -
b e a la n o t a d e A . C a i m a r i al T . I V , p . 7 2 d e 1 'edicio d e Blaquerna a E N C . P e r o ,
a m e s d e les r a t l l e s q u e h e m c i t a t a q u f , q u e s e m b l e n r e f e r i r al c o m e n c a r n e n t d e
la c o n v e r s i o d e l s T a r t a r s a 1' I s l a m , e s a d i r al 1 9 2 5 , h i h a d o s a l t r e s f e t s q u e pa-
r e i x e n p o s a r a q u e i x a d a t a f o r a d e d u b t e . El p r i m e r es la d a t a d e 1 2 9 5 ( o 1 2 8 5 ,
q u e G a l m e s a O R L X I X , p . X I , h a m o s t r a t h a d ' e s s e r u n e r r o r p e r 1 ' a l t r a ) d e l s
m a n u s c r i t s . El s e g o n es el P r o l e g d e \ 'Arbre de sciencia, q u e e m s e m b l a c o n t e n i r
r e f e r e n c i e s c l a r i s s i m e s al p o e m a : h i h a R a m o n q u e " c a n t a v a s o n d e s c o n o r t " (a-
q u e i x a p a r a u l a , a m b la s eva v a r i a n t desconortat, a p a r e i x c i n c v e g a d e s al d i t
P r o l e g ) ; u n m o n j o (al p o e m a es u n e r m i t a ) el t r o b a d i n s " u n a b e l l a vall a b o n d o s a
d e m o l t e s f o n t s e d e b e l l s a r b r e s " (al p o e m a , e s t r o f a I V , es u n b o s c a t g e ) o n " o f
c a n t a r R a m o n " (al p o e m a , e s t r o f a 1, u s a el p r o v e n c a l i s m e xantan); R a m o n h i d i u
q u e " h e t r e b a l l a t X X X . a n y s p a s s a t s ( v e g e u e s t r o f a X I V de l p o e m a ) , e e n c a r a ,
ca r m o s l i b r e s s o n p o c p r e s a t s ( e s t r o f a X X I I I ) , a n s v o s d i c q u e m o l t s h d m e n s m e
t e n e n p e r fa t ( e s t r o f a X V I ) . " A r a b e , s a b e m q u e 1 ' A r b r e de sciencia f o u c o m e n -
ca t el " d i a d e s e n t M i q u e l " d e " 1 ' a n y . . . M C C X C V " , es a d i r el 2 9 d e s e t e m b r e d e
1 2 9 5 , " e n la c i u t a t d e R o m a " , i p e r t a n t R a m o n Llu l l h a u r i a c o m p o s t el Desco-
nhort a l m a t e i x l l o c i p r o b a b l e m e n t d i n s de l m a t e i x m e s d e s e t e m b r e .


5 1 . O R L X I X , 2 5 0 .
5 2 . P e r a la d a t a , v e g e u 1 a r t i c l e c i t a t a la n . 3 5 m e s a m u n t .




8 I A. BONNER


57 — Quaestiones per Artem demonstratiuam seu in-
ventivam solubiles


60 — Libre se sancta Maria
61 — Libre de Antichrist
62 — De adventu Messiae
63 — Quaestionibus quas quaesivit quidam frater Mi-


nor.


1292 — 65—Petitio ad Nicolaum IV
66 — De modo convertendi infideles, totes dues a


Roma


1293, pentecosta — crisi psicologica de Genova, seguida del viat-
ge a Tunis.


1293, setembre, a Tunis, fins al gener de 1294 a Napols —
67 — Taula general


1294 a Napols:
70 — Affatus (abril)
71 — Flors d amors e Flors d'intel.ligencia
72 - Disputacio de cinc savis
73 — Petitio ad Coelestinum V
59 — Arbre de filosofia desiderat, escrit en connexio


amb un viatge rapid Napols-Mallorca-Barce-
lona- Napols 5 3


64 — Inuestigatio mixtionum generalium
69 — De leuitate et ponderositate elementorum


1294 - 5, Napols- Roma — 74 — Lectura super Artem inuenti-
uam et Tabulam generalem


1295 a Roma (i Anagni) — 75 — Petitio ad Bonifacium VIII
68 — Lectura compendiosa Tabulae


generalis


76 — Desconhort


5 3 . Va l la p e n a r e m a r c a r q u e q u a t r e d e les c i n c o b r e s a n t e r i o r s ( n o m e s fa!-
t a , s e m b l a , la p e t i t a 73-Petitio) e s c o n s e r v e n e n la s eva v e r s i o c a t a l a n a e n u n sol
M s . , M u n i c , B a y e r i s c h e S t a a t s b i b l i o t h e k , M s . 6 0 4 H i s p . 6 0 , q u e O b r a d o r i G a l -
m e s ( O R L X V I I , p p . X X - X X I ) d a t a v e n d e p r i n c i p i s de l X I V .




NOTES DE BIBLIO GRAFIA 85


. 1295, setembre, fins al primer dabr i l de 1296, a Roma —
77 — Arbre de sciencia


La primera cosa que aqueixa llista ens mostra es que la datacio
d'obres per part de Ramon Llull, una vegada comengada, es mes es-
poradica que sistematica. De 21 obres, 9 son datades . 5 4


Segon, podem aclarir un petit misteri de les autocites de Llull.
A partir d 'una certa epoca, ell comenca a citar una Ars generalis, que
ha donat peu a especulacions en el sentit de voler concretar a quina
obra es referia. 5 5 Amb la nostra cronologia un mica rectificada, po-


dem veure que les cites que inareixen per primera vegada a 59- ArbFil-
Des, 64 - InvMixtGen, 76 — Desconhort i 77 — ArbSci, comencen en
1294 just despres de la 67 — Taula general. El fet de que la Taula en
qiiestio es tambe general no constitueix, em sembla, cap coinciden-
cia fortuita. Fa ja tres anys que Ramon ha deixat de basar 1'Art en
metodes predominantment analogics que per intentar de trobar un
metode mes comprensiu, mes capag d'incloure to t el mon intel.ligi-
ble. Amb la 67 — Taula general, aquest afany es palesa per primera
vegada en el t i tol d ' una obra; arriba al seu punt culminant amb la
142 — Ars brevis i la 146 — Ars generalis ultima, on a cada pas expli-
ca que tal o tal figura, regla, taula, etc. es una cosa completament
general. Aixi que em sembla que la cita d 'una Ars generalis, encara
que es pogues referir a una obra concreta com la 67 — Taula general,
es mes probable que es refereix a l'Art com a sistema general. Aquei-
xa conjetura es troba reforgada si ens donam compte que en tota la
vasta produccio lul.liana posterior al 96 —Quaestiones attrebatenses,
no es troba cap cita d 'una obra especffica de 1'Art; moltes cites d'al-
tres obres lul.lianes, moltissimes cites d 'una Ars generalis, pero cap
d una obra artistica concreta . 5 6


Tercer, podem aclarir ara la cronologia de la introduccio dels
components de l 'Art en els seus darrers cicles. Si ens atenem a les di-


5 4 . C l a r q u e a m b el t e m p s e s d e v e m e s s i s t e m a t i c , i a p a r t i r d e 1 2 9 8 , p e r
e x e m p l e , el p e r c e n t a t g e d ' o b r e s d a t a d e s es j a a l t i s s i m , s e n s e a r r i b a r m a i , p e r o , a
u n a t o t a l i t a t t a n s e g u r a q u e errs p e r m e t i a f i r m a r q u e ta l o b r a , p e r n o e s s e r d a t a -
d a , h a d e s s e r a n t e r i o r a ta l d a t a .


5 5 . V e g e u , p e r e x e m p l e , P l a t z e c k , Ramon Lull I I , p . 2 3 n . 5 4 i p . 4 2 n .
1 1 0 , c o m t a m b e R O L I I I , 1 4 0 n . k .


5 6 . L e s c i t e s d e la 67-Taula general al 120-Liber de intellectu i al 1 2 3 - L e c -
tura artis q u e d o n a P l a t z e c k e m s e m b l e n m e s b e r e f e r e n c i e s a la T a u l a c o m a
i n s t r u m e n t d e 1 ' A r t q u e a 1 o b r a c o n c r e t a q u e la va i n t r o d u i r . E s t a m b e i n t e r e s s a n t
e n a q u e s t a c o n n e x i o el p a s s a t g e de l 1 3 4 - L i b e r de fine c i t a t a la n . 2 9 m e s a m u n t .




86 A. BONNER


visions de la 142 —Ars brevis i la 146 — Ars generalis ultima, veu-
rem que la introduccio de les quatre figures definitives dels darrers ci-
cles de 1 A r t (amb reduccio de les dignitats de la Figura A de 16 a 9, i
la reduccio dels triangles de la Figura T de 5 a 3), com la introduc-


cio de les definicions dels 18 "comengaments" (9 de A i 9 de T) es fa
a la 55 — Ars inventiva veritatis. Amb la 67 — Taula general s ' in t ro-
dueix no tan sol la Taula, pero tambe les Regles i Qiiestions. 5 7 Amb
el 77 — Arbre de sciencia s ' introdueixen les Cent F o r m e s . 5 8 Amb el
131 — Liber de praedicatione de 1304 s ' introdueixen en la seva
forma definitiva 1) els 9 Subjectes, 2) les 9 Virtuts i els 9 Vicis, 3)
1'alfabet on cada lletra represnta 6 conceptes, incloent subjectes, vir-
tuts i vicis, i 4) la Mixtio principiorum et regularum. 5 9 A les dues o-
bres bessones i culminants de 1'esforc "artfs t ic" de Ramon Llull, la
142 — Ars brevis i la 146 — Ars generalis ultima t robam en la seva
forma definitiva 1 ) 1 ' Evacuacio de la Tercera Figura, 2) la Multipli-
cacio de la Quarta Figura , 6 0 i 3) 1'Aplicacio de l 'Art, no com a apli-
cio a altres camps de coneixement, sino al mecanisme intern de 1 Ar t
mateix, o si es vol, d una part del mecanisme a altra.


Aixo ens demostra, per altra banda, lexistencia de dues epoques
d'intensa . activitat "artfst ica" de part de Ramon Llull. una al prin-


cipi del tercer cicle de l ' A r t ; d e 1290-5, i una al principi del tercer ci-
cle de l 'Art, de 1290-5, i una al principi del quart , de 1304-8 6 1


5 7 . E s c u r i o s q u e el t e x t d e l e s R e g l e s i Q u e s t i o n s q u e a p a r e i x a 5 9 - Arbre-
FilDes, q u e a r a h e m c o n s i g n a t e n u n a d a t a p o s t e r i o r , e s g a i r e b e i d e n t i c al t e x t
c o r r e s p o n e n t d e la 6 7 - Taula general. T a m b e c o n v e a p u n t a r q u e a la 67-Taula ge-
neral a p a r e i x p e r p r i m e r a v e g a d a la s i s t e m a t i z a c i o d e l s 9 S u b j e c t e s , p e r o a q u i '
n o m e s d e f o r m a p a s s a t g e r a ; la s eva c o n s a g r a c i o d e f i n i t i v a t e n d r a l l oc al 1 3 1 - Li-
ber de praedicatione. U n a l t r e r e c u r s de l d a r r e r c i c l e d e l ' A r t , la M i x t i o p r i n c i p i o -
r u m e t r e g u l a r u m , t a m b e s ' e x p o s a e n f o r m a r u d i m e n t a r i a a q u e s t m a t e i x a n y d e
1 2 9 4 al 6 4 - InvMixtGen ( v e g e u la n . 4 9 m e s a m u n t , i J . G a y a , L a teoria luliana
de los correlativos, P a l m a , 1 9 7 9 , 9 3 - 4 ) , p e r o i g u a l m e n t h a u r a d ' e s p e r a r el 1 3 1 -
Liber de praedicalione p e r t r o b a r el seu d e s e n v o l u p a m e n t d e f i n i t i u .


5 8 . P e r u n a b r e u h i s t o r i a d e l e s C e n t F o r m e s , v e g e u P l a t z e c k , Raimund
Lulls Auffassung von der Logik, E L I I , 1 9 5 8 , p . 2 9 n . 6 8 , al q u a l , p e r v e n t u r a , e s
p o d r i a a f e g i r e l s N o m b r e s 1 0 1 - 2 0 0 d e l s 8 1 - Proverbis de Ramon e s c r i t s al m a t e i x
a n y d e l Arbre de Sciencia.


5 9 . P e l s S u b j e c t e s , c o m p e r la M i x t i o p r i n c i p i o r u m e t r e g u l a r u m , v e g e u la
n . 5 7 . V i r t u t s i v ic i s h a n e s t a t s e m p r e p r e s e n t s e n 1 b b r a l u l . l i a n a , a q u i ' la n o v e t a t
e s q u e a p a r e i x e n e n u n o r d r e u n p o c d i f e r e n t , i a m b d u e s v i r t u t s i d o s v ic i s m e s ,
p e r a fer 9 c a r a a la s eva i n c o r p o r a c i o a 1 ' a l f abe t d e l ' A r t ( v e g e u e l s e s q u e m e s al
m e u Pr.oblemes de cronologia lul.liana, E L X X I , 1 9 7 7 , p p . 4 0 - 2 ) .


6 0 , - T o t e s d u e s a p a r e g u d e s e n f o r m a e m b r i o n a r i a a la 1 2 3 - Brevis practica
Tabulae gmeralis d e 1 3 0 4 ( M O G V , 3 1 4 i 3 3 8 - I n t . I I I , 1 4 i 3 8 ) .


6 1 . V e g e u la m e v a Nota suplementdria... a E L X X I , 1 9 7 7 , 2 2 2 - 3 p e r a q u e s t s
c i c l e s . E n m i g d ' a q u e s t e s d u e s e p o q u e s , p r a c t i c a m e n t n o q u e d e n m e s c i i r e s d e
l ' A r t q u e la 9 2 - A r s compendiosa.




"DE CONVERSIONE SUA AD POENITENTIAM"
Reflexiones ante la edicion critica de Vita Coetanea


La publicacion del tomo VIII de las Raimundi Lulli Opera La-
tina puede ser saludada como un momento importante y destacable
en el conjunto de la empresa de edicion. Se dan en efecto, en este vo-
lumen, dos circunstancias de relevancia. En primer lugar, con las
obras ahora editadas se completa la edicion de los escritos lulianos
dedicados sistematicamente a un mismo tema, la cuestion averroista.
En cuatro volumenes (V-VIII) disponemos ahora del conjunto de la
produccion escrita en un periodo muy concreto de la vida de Llull.
Este hecho brinda la gran oportunidad de intentar un estudio de este
conjunto doctrinal, revisando, en lo que sea preciso las tesis tradicio-
nales sobre el tema, y ensayando unos estudios monograficos que en
el futuro pueden revitalizar las investigaciones lulfsticas. Hay que lla-
mar la atencion, tal vez, sobre un instrumento de trabajo que se nos
brinda en cada tomo de ROL y que, tomados en su conjunto, repre-
sentaran, al final uno ue los mas completos indices de las obras-de un
autor del Medioevo. Nos referimos al Index uerborum et locutionum
notabilium que se incluye en cada volumen.


RAIMUNDI LULLI Opera latina, VIII, op. 178-189. Ed. H. HA-
RADA. Corpus Christianorum, Continuatio Mediaevalis, 34. Ed Bre-
pols, Turnhoult 1980. XIl-391 pp.


Contiene las siguientes obras escritas en Paris en 1311: L. de Deo
ignoto et de mundo ignoto; L. de forma Dei; L. de divina existentia et
agentia, L. de quaestione valde alta et profunda; L. de ente quod sim-
pliciter est et per se et propter se existens et agens; De erroribus Ave-
rrois et Aristoteielis, Vita Coetanea.


(Los numeros introducidos en el texto entre parentesis remiten a
la numeracion lineai de la presente edicion).




88 BIBLIOGRAFIA


El segundo punto que, en mi opinion, hay que destacar en este
tomo, es la edicion de la Vita Coetanea. Destacable no tanto por el
texto en si, conocido por la edicion critica de B.de Gaiffier, y repro-
ducido en diferentes publicaciones, sino por la nueva division del tex-
to . Division que los editores toman de la unanime tradicion manus-
crita. Se trata posiblemente de un esquema estilfstico construido a
plena conciencia y que conlleva referencias hagiograficas que serfa in-
teresante estudiar. Una primera lectura de la Vita Coetanea a traves
de este esquema me sugiere algunas consideraciones que, no por su
caracter estrfctamente provisional, deseo dejar de mencionar.


Hay en la presentacion de la obra un termino que llama de
entrada la atencion. conversio ad poenitentiam. A pesar de la laguna
documental que abarca los siglos IX-XI, la formula conversio ad poe-
nitentiam es un termino tecnico que nos remite a instituciones y
situaciones muy concretas presentes a lo largo de la historia de la reli-
giosidad europea. Al colocarla en el t i tulo dela narracion(que el rela-
tor presenta como autobiografica) el autor viene a usarla como fndice
general del relato, imponiendonos a partir de aqui una lectura jerar-
quica. Toda la Vita se resume, pues, en dos partes, siendo la primera
la rafz y explicacion de lo que sigue. "conversio" y "gesta' . La ex-
plicacion de la conversio mostrara a los gesta como parte de la nueva
situacion creada. Es decir conversio no puede entenderse como reso-
lutio a algun acto decisivo, pero puntual, sino como modo de vida
que se explicita en diversas manifestaciones: el amor verdadero
contra el amor " fa tuo" (12), la peregrinatio (106), la contemplatio
(157), el afrontar pericula mortis (464) con una nota especialmente
significativa, laprophetia (187,199).


Con estos terminos y con este esquema se nos esta describiendo
un hecho que tuvo lugar con bastante probabilidad en .1263 . Se nos
situa, tal vez con cierta nostalgia, en fechas anteriores al Concilio de
Lyon es decir, en fechas en que el movimiento del ordo poenitentiae
gozaba de cierta libertad, incluso proteccion, para desenvolverse am-
pliamente. Los recientes estudios histdricos sobre el tema han confir-
mado con amplitud lo que hace decadas algunos historiadores habfan
apuntado. Es necesario cambiar ciertos terminos en la consideracion
usual de la historia de los "penitentes". insistiendo en una indepen-
dencia que mantuvieron por largo tiempo frente a las grandes ordenes
mendicantes. En el caso concreto de Llull las referencias "francisca-
nas" del texto son referencias a la figura de Francisco de Asfs, lo que
en aquel momento no equivale sin mas a la orden franciscana. Este te-




BIBLIOGRAFIA 89


ma complejo podria ser revisado con motivo de esta edicion de la Vi-
ta Coetanea.


El modo de vida descrito como conversio ad poenitentiam
adquiere para Llull una de sus expresiones mas genuinas en la imita-
tio. Esta comprende la vocacion misionera y el deseo de martirio, y
su estilo puede resumirse en la ordo apostolorum de la que habla
Llull repetidas veces y con pormenores.(Otro tema que deberia ser
estudiado comparativamente con movimientos de nombre identico
en aquellos siglos).


Tal como nos lo presenta la Vita, en Llull esta vida de imitacion
se desarrollo en dos grandes etapas, que sirven para distribuir el mate-
rial narrado. Cada capitulo presenta un hecho central. refieriendose a
los restantes acontecimientos de modo sumario. Al inicio y al final de
toda la narracion la explicitacion en tres propositos (81,708-720) del
ideal luliano. Como tema reiterativo de la obra, la cantilena
(14,21,26) que quiere ser suplantada por el unicum librum (59,61.,
67) que desembocara en el escribir inter cotidianos labores suos
centum et uiginti et tres libros, et plures (726).


Las dos etapas que parece sugerir la estructura de la Vita esta-
rian separadas por el testamentum (325).


Distinguiriamos, por tanto, una primera parte, comprendiendo
los capitulos I-V, y una segunda parte que abarcaria los capitulos VI-
X, mientras el capitulo XI representaria una recapitulacion, o.
recordando el final del Libre de Meravelles, la presentacion de un le-
gado a continuar. Podria pues, pensarse en el siguiente esquema:


1
II


III


IV


VI
VII
VIII
IX


V
XI


X


Observando mas concretamente el texto segun este esquema, la
primera parte nos presenta a Llull en el interior de la Christianitas,
acentuando su figura de eremita, mientras la segunda parte nos pre-
senta a Llull en tierras Saracenorum, subrayando su uso de la disputatio.


Los cuatro primeros capftulos resultan bastante explicitos en
sus propositos. El I nos presenta la conversio ad poenitentiam (7), el
II nos menciona los nueve ahos de estancia en Mallorca (??) causa dis-




90 BIBLIOGRAFIA


cendi (107), el III nos describe a Llull en la soledad causa contem-
plandi (157), el IV nos muestra a Llull recorriendo las capitales de
la christianitas causa impetrandi (217). El eapftulo V, gozne de esta
primera parte, se detiene en la minuciosa descripcion de la "Crisis"
genovesa motivada por el intrare ordinem (303). La desesperacion
(323) sellada con el testamento, abre la vida de Llull a una actividad
misionera directa. Llull no abandonara ya nunca las costas de Ifri-
qiya por propia voluntad.


De Ramon Llull podra escribir la Vita en esta segunda parte. pa-
ssus est (448). Pero el martirio deseado tiene una finalidad, la conver-
sion de los infieles. Mientras espera su martirio, una actividad resume
la vida de Llull, la disputatio.El capitulo VI nos da un resumen de
uno de sus discursos, el VII nos lo presenta en prision, mientras su
caso es discutido en la corte real, obligado por las circunstancias a
abandonar Africa, el capitulo VIII nos lo presenta en su refugio ma-
llorqufn disputando con los sarracenos ahf residentes (501), o esca-
pando tras rumores utopicos hacia Oriente (^porque Jacques de Mo-
lay recibio hilariter a aquel anciano que hufa mansueto corde de sus
acompahantes que le habfan envenenado?), apenas recuperado, insis-
tiendo de nuevo en demanda de ayuda, recibiendo de nuevo negati-
vas, el capitulo IX nos narra el regreso de Lluli a Africa y sus nuevas
disputas. Burlado Ramon Lllull se halla embarcado, narra el capitulo


X, en lo que seria un viaje de vida o muerte. Naufrago arriba a Pisa, y,
extrahamente, el tema de la ordo, esta vez orden militar, irrumpc de
nuevo en la vida de Llull (670), clausurando de ese modo la segunda
parte de la Vita.


La lucha antiaverroista, indicada al final del capftulo X, abre nue-
vas perspectivas. Llull, como si presintiera el momento de cerrar su
historia, formula otra vez sus proyectos. Los formula esta vez no ya
como empresas personales, sino como decisiones q u e d e b e tomar el
generale concilium, fundacion de colegios (locus, no monasterium) de
lenguas, unificacion de las ordenes militares, campaha antiaverroista.


Ramon LLull, camino de Vienne, se despide de su interlocutor.
Sus escritos, esta obsesion de su vida, fervorosamente recomendados.
"Gran desig han 1'abat e to t lo convent que Felix fos monge de aquell
monestir, mas Felix s'escusa, e dix que ell era obligat a anar per lo
mon recomptant aquelles meraveylles que hau vistes e hofdes". La
tension que embargo los ultimos dfas de Felix, monasteri/mon, pare-
ce haber abundado en la vida diaria de Llull. Es el tema mismo del
Desconhort. ^es compatible lo mejor con lo mas eficaz?.


Pero estas ultimas referencias pueden indicarnos otro tema. Esta-




BIBLIOGRAFIA 91


mos mencionado a Felix y a Ramon Llull. Estamos comparando un re-
lato novelesco y un relato historico. La pregunta es obligada: ^donde
empieza lo historico? ^donde acaba lo novelesco? El juego de estrate-
gias narrativas que introduce el texto de Vita Coetanea hace necesario
dedicar mas atencion a este tema. Se impone la urgencia de un estudio


"narrat is t ico" amplio y profundo. Es de suponer que con ello no van a
producirse grandes cambios por lo que hace a la biografia de Llull,
pero seguramente se obtendrian perspectivas muy interesantes para co-
nocer la persona'de Llull, sus presupuestos ideologicos, sus temas, su
autopresentacion. Despues de siglos de lulismo, sigue siendo su com-
prension un conglomerado de fragmentos incapaz de ofrecernos una
idea global. Cualquier sugerencia se toma omo pretexto para incursio-
nes en temas contextuales cuyo resultado es ciertamente, y en algunas
ocasiones brillantemente, instructivo, pero no significa ningun paso
adelante en el conocimiento de la persona y la obra de Llull mismo.


Disponiendo poco a poco del texto completo de lo que Llull escri-
biera, podemos abrigar la esperanza de que el lulismo cientifico encon-
trara definitivamente su camino.


Jordi Gaya
Maioricensis Schola Lullistica


Palma de Mallorca






BIBLIOGRAFIA


EL-ARABI, Muhiyuddin. Tratado de la unidad. Traducido y co-
mentado por Roberto PLA. Ed. L. Carcamo, Madrid 1979, 107 pp.


En este opusculo se ofrece un texto del mistico andalusi poco
frecuente, e incluso objeto de controversia en cuanto a la autoria.
En su risala El-Arabi comenta un Haddith cargado de resonancias
misticas y gnosticas. "Quien se conoce a si mismo. conoce a su Se-
nor" . Esta maxima le da pie para tratar de las circunstancias del co-
nocimiento mistico, y para insistir, particularmente, como la meta
de este conocimiento es la rcalidad unica, la Unidad, sin necesidad de
la extincion de la existencia. El tratado resume con brevedad maxima
los grandes temas de la teologia mistica de El-Arabi.


El comentario que aporta el traductor es amplio. Es gran parte
sirve para recordar la amplitud de temas y conceptos que la brevedad
del texto podria relegar al olvido. Tambien se indican paralelos y reso-
nancias de otras expresiones misticas, como la cristiana y la budista.


El texto que sirvio a la presente traduccion castellana fue la ver-
sion francesa publicada por Jean Klein en 1977. J. Oliver.


COLOMBAS, G.M. La lectura de Dios. Aproximacion a la lectio
Divina. Coleccion Espiritualidad Monastica. Fuentes y Estudios n. 6
Ed. Montecasino, Zamora, 1980.


Dividida la obra en doce capftulos, el autor, benedictino mallor-
qufn, tiene como proyecto fundamental del estudio, como el mismo
afirma en el epflogo, la recuperacion de la "lectio divina" mediante
una exposici6n de la misma, que anima a los creyentes de hoy a
redescubrhia.




94 BIBLIOGRAFIA


Para el P. Colombas, la lectura de Dios, es el esfuerzo constante
del hombre de fe, para adentrarse en la Palabra que nos revela el mis-
terio mismo de Dios y que en esa revelacion incluye al hombre en un
dialogo con su Sehor. Nos traza la historia de ese estilo reflexivo bfbli-
co en los Padres de la Igleia y en las primeras generaciones monasticas.
Para que al lector se le aclare la dinamica de la "lectio divina" que pue-
de ser util y conveninte a todos los cristianos, la obra nospresentatres
modalidades de "lect io" en tres vertientes diversas. en el Obispo de
Milan San Ambrosio, como pastor del Pueblo de Dios; en Santo Do-
mingo de Guzman como misionero y predicador y padre de una Orden
Apostolica y en San Benito, que en su Regla invita a todos los monjes
a vivir desde y por la lectura continua del mensaje salvador de la
Palabra de Dios.


Los frutos de esa "lect io", para el P. Colombas, son fundamenta-
les para tener una mentalidad bfblica, una piedad objetiva , una reno-
vacion interior seria, una vida de oracion autentica y en definitiva una
viva experiencia de Dios que haga feliz al discipulo de Jesucristo.


Obra, la que comentamos, llena de actualidad, que anuda la vi-
sion patristica y monastica en torno a la reflexion biblica. y la pone al
servicio del hombre de hoy. Es la experiencia de la iglesia, que hecha
memoria, se nos hace germen de vida nueva.


Li. Alcina


ECKERMANN, Willigis. Wurt und Wirklichkeit. Das Sprachuer-
tdndnis in der Theologie Gregors von Rimini und seinWeiterwirken in
der Augustinerschule.
Augustinus Verl., Wiirzburg 1978, 338 pp.


El siglo XIV conocio un inusitado interes por el problema del len-
guaje. Ciertamente, esta preocupacion no se extendio en el t iempo, pe
pero fue seguida con intensidad. Es el problema central de Guillermo
de Ockham, y es el problema tratado en este libro con referencia a
Gregorio de Rimini. Problema, evidentemente, que tanto en Ockham
como en Gregorio ocupa su lugar en el conjunto de la preocupacion te
teologica de ambos autores.


El autor del libro que comentamos conduce su investigacion
hacia una pregunta muy concreta: <da palabra significa la realidad? O
^de que manera se relaciona la palabra con la realidad?. A fin de elabo-
rar la respuesta contenida en los textos de Gregorio, se procede en tres
etapas. En primer lugar se estudia la funcion significativa de la palabra.
Se considera, en segundo lugar, la concepcion de Gregorio acerca de la
realidad.




BIBLIOGRAFIA 95


Finalmente se sefialan cuales son las relaciones que se establecen
entre significacion y realidad. Un trabajo minucioso, precisando escru-
pulosamente los conceptos, determinando con insistencia los pasos de
la reflexion, nos aportan con profusion los datos necesarios.


Queda claro que en su exposicion, explicitamente reconocida por
Gregorio de Rfmini, su trabajo era de sfntesis. Por eso, este estudio,
realizado metodoltfgicamente atendiendo al contexto historico y si-
guiendo las referencias al pasado contenidas en el propio texto , colo-
ca a Gregorio en el preciso momento historico. Frente a la teoria rea-
lista de Tomas de Aquino, y reconsiderando las posiciones de Duns
Scoto y de Ockham, Gregorio de Rimini presenta su teoria de la signi-
ficacion mediata. Una teoria que se remite con insistencia a Agustin y
al estoicismo.


En los ahos treinta y cuarenta del siglo XIV la suposicion nomi-
nal se veia desplazada por la suposicion oracional. Ello nos indica
como el problema planteado por Gregorio, y la solucion alcanzada, re-
percuten en amplios campos de la filosofia y de la teologia. La proble-
matica del conocimiento, la definicion de la ciencia, pero tambien el
sentido de la interpretacion de la Escritura, son algunos de los temas
que alcanzan nuevas determinaciones.


La investigacion se cierra con un amplio capitulo enel que se ana-
liza la tradicion de las teorfas de Gregorio en la escuela agustiniana.
Entre los autores estudiados figuran Hugolino de Orvieto, Juan
Hiltalingen, Agustfn Favaroni, Paulo Nicoletti. Bartolome Arnoldi.


J. Gaya


GALMES DE FUENTES,Alvaro. Epica drabe y epica castellana. Ed.
Ariel, Barcelona 1978, 171 pp.


Indfcalo ya por adelantado el autor que no es proposito de la
obra una nueva discusion sobre los orfgenes de la epica castellana. En
efecto este trabajo, cuya redaccion original se remonta al aho 1970.
pretende aportar un muestrario de coincidencias tematicas y estruc-
turales entre la £pica arabe y la castellana, de modo que apoyen la te-
sis de una profunda influencia de la primera sobre la segunda.


La primera parte del trabajo se dedica a exponer los rasgos mas
sobresalientes de la "narrativa epica en el mundo musulman". Decadas
atras fue puesta en duda, e incluso negada, la existencia de dicha epica.
El analisis de la tradicion de la Fatuwwat o "caballerfa" arabe, asf co-
mo su repercusion en la literatura narrativa posterior, han venido a de-
mostrar, por el contrario, la existencia de narraciones que cumplen
con todos los requisitos de la definicion del genero epico. Narraciones




96 BIBLIOGRAFIA


que se hallan tambien, aunque, bien es verdad, de modo no excesiva-
mente abundante, en la poesia arabigo-espahola.


En una segunda parte el autor procede a una comparacion de te-
mas: los ardides y engahos de guerra en relacion con el codigo caballe-
resco, el valor magico de la palabra, la presencia de la mujer en el com-
bate, la narracion y el dialogo, el sistema de versificacion... A traves de
todo ello se patentizan las estructuras similares que abogan a favor de
la tesis del autor. Este estudio comparativo se basa principalmente en
el Libro de ias batallas, conjunto de narraciones epico-caballerescas de
la literatura aljamiado-morisca.


J. Oliver.


GONZALEZ JIMENEZ, Manuel. La repoblacion de la zona de
Sevilla durante el siglo XIV. Estudio y documentacion. Publ. Universi-
dad de Sevilla, Sevilla 1975, 166 pp.


Como indica el mismo tftulo este libro concede gran extension,
practicamente la mitad, a la publicacion de 20 documentos referentes
al tema. El estudio que precede a estos documentos sehala con clari-
dad y concision los terminos de la cuestidn, indicando las lfneas que
deberia seguir la investigacion de estos temas, a fin de superar una his-
toriograffa que ha venido adoptando topicos improbados.


Para la historia de Andalucia, especificada aqui en el caso de la
zona de Sevilla, los acontecimientos politicos de los siglos XIII-XIV,
asi como sus repercusiones sociales, son determinantes para su confi-
guracion posterior. A partir del estudio minucioso de los documentos
el autor sehala los altibajos que se produjeron durante este t iempo en
la cuestion de la repoblacion. Iniciada con entusiasmo en los tiempos
inmediatamente posteriores a la reconquista, sufrio en el siglo XIII
un claro retroceso. El origen de los pobladores y las condiciones bajo
las que se llevo a cabo la repoblacion, dependiendo de los propieta-
rios jurfdicos o privados, contribuyeron a configurar la estructura so-
cial de la region. Se percibe, incluso, a traves de esta lectura de docu-
mentos, el proceso a que estuvo sujeta la agricultura, que paso de tener
como exponente al olivo, durante la epoca musulmana, a concentrar-
se en la viticultura en la epoca posterior a la repoblacion.


A. Mas


GUIDETTIM. (ed.) Storia d Italia e d Europa: comunitd e popo-
U, 1. L'Europa barbara e feudale. Jaca Book ed., Milano 1978, 426 pp.


El empeho de la moderna historiografia en acercarse a los modos
cotidianos de ser de los pueblos va dando ya sus frutos. Obras necesa-




BIBLIOGRAFIA 9 7


riamente de conjunto, revelan la suficiente madurez como para que su
resultado no sea un mero mosaico de contribuciones de especialistas.


La obra se extiende desde la aparicion de nucleos etnicos y co-
munitarios a raiz de la caida del imperio romano y de las migraciones
germanicas y eslava, hasta los movimientos de revolucion agraria y
comercial de los primeros siglos del segundo milenio. Todos los ele-
mentos que determinan la formacion de un pueblo se hallan estudia-
dos sinexclusiones o perspectivas favoritistas. Claro esta que ello obli-
ga a no sustraerse a la complejidad de temas o de formas expresivas y
a un constante esfuerzo por enmarcar la historia de comunidades
particulares en la historia mas general de Europa.


En el caso italiano nos hallamos con un capitulo peculiar, cuya
transcendencia conviene subrayar. Es el punto referente a la presen-
cia de la civilizacion bizantina en la peninsula. Una presencia extensa
en el t iempo y en momentos de gran intensidad. Al umbral de las
transformaciones sociales del feudalismo, la difusion del monacato
griego en la peninsula italiana introducia nuevas ideas, por ejemplo,
sobre el trabajo agricola. Sus posiciones, integradas en las pautas de
comportamiento de las masas populares no ciudadanas, alcanzan su-
perviviencia en muchos rasgos del monacato occidental.


Junto a este capitulo, sobre el que hemos llamado la atencion,
el libro estudia los restantes temas de la presencia del Islam, de la eta-
pa carolfngea, y de modo particularmente extenso las formas de or-
ganizacion economica y social tanto del mundo barbaro y carolin-
geo, como de la sociedad feudal. El estudio de la expansion comercial
de los siglos XI-XII cierra este primer volumen, al que, segun el plan
que se indica, deberan seguir otros cinco. El segundo esta anunciado
bajo el tftulo: "Dalla caduta dell 'utopia alla prima grande crisi euro-
pea (XI-XIV secolo)".


A. Mas.


HECKER, Konrad. Spinozas allgemeine Ontologie. Wissenschaf-
tliche Buchgesellschaft, Darmstadt 1978, 181 pp.


La lectura de los filosofos de la posteridad suele estar acompa-
hada por el legitimo interes en apoyar la reflexion propia. En el caso
de Espinosa la lectura de sus obras se presta de manera particular a
este ejercicio. Por ello no es de extrahar que se hayan dado, y se den,
interpretaciones dispares de su pensamiento.


Centrandolo en el problema de la ontologia, el autor del libro
de referencia, divide la presentacion de las diferentes interpreta-




98 BIBLIOGRAFIA


ciones en dos grandes apartados. En el primero contempla aquellas
interpretaciones que exponen la doctrina espinocista de Dios, consi-
derandola a partir de la pregunta sobre la posibilidad actual de la
Metafisica. Figuran en este apartado los intentos hermeneuticos de
W. Cramer, W. Schmidt, E.M. Curley, H.F. Hallett, E.E. Harris, B.
Rousset. Frente a estas lecturas actualizadoras coloca el autor aque-
llas otras de talante mas historicista, por cuanto su interes responde
al deseo de interpretar a Espinosa en el contexto de las teorias
metafisicas de su epoca. En este sentido vienen explicadas las posi-
ciones de M. Gueroult, G. Deleuze, J. Preposiet, H. Rombach, M.
Walther, A. Matheson, K. Hecker.


La disparidad de las interpretaciones a que es sometido el texto
de Espinosa no puede ser explicado por la mera tendencia del queha-
cer historico. Este reconocimiento seria una primera garantia para
una adecuada aproximacion. Pues, en realidad, es el esfuerzo mismo
de Espinosa, ei esfuerzo por fundamentar una Ciencia, y no una al-
ternativa explicativa mas, lo que a menudo oscurece los terminos de
su exposicion y provoca contradicciones.


R. Estelrich


IOHANNIS SCOTTI de divina praedestinatione liber. Ed. Goul-
ven MADEC. Corpus Christianorum, Cont. Med. 50. Ed. Brepols,
Turnhoult 1978, XIX-279 pp.


A nadie se le oculta la importancia de esta obra de Juan Escoto
Erivigena en la significacion de la primera Edad Media. Su texto , es
cierto, no conocio mucho exito en siglos posteriores, siendo rapida-
mente olvidado. Su papel, sin embargo, no se redujo a figurar como
una de las obras mas polemicas de la discusion del siglo IX en torno
a la predestinacion. Y esta edicion crftica, esmerada, acompanada
con profusion de notas y completada por un "index verborum" re-
dactado con ayuda del ordenador, contribuira, sin duda, a volver al
texto original prescindiendo un tanto de la discusion doctrinal que
origino su redaccion.


Con todas las lagunas y precipitaciones comprensibles en una
obra de encargo, Eriugena se muestra tambien aquf como aquel espf-
ritu inquieto, con profundo sentimiento de trabajar como pionero en




BIBLIOGRAFIA 9 9


ambitos culturales muy por encima de la tonica de su tiempo. Se pre-
senta a si mismo como el trabajador en el taller de la alta cultura que.
casi por condescendencia, colabora con el emperador y los obispos,


pastores, los trabajadores de la viha. Su exposicion sera, pues,plena y
llanamente teoria, incluidas las reminiscencias griegas y misticas del
termino.


La teoria que intenta Escoto Eriugena es la receta a los males que
aquejan a sus contemporaneos. Su base la ofrecera un pensar que siga
los canones de la dialectica, que ordene y defina las palabras usadas,
que se atreva a anteponer, por lo menos en el orden de la exposicion,
los argumentos de la razon, a la profusion de autoridades. Las premi-
sas de su intervencion en la disputa, advertencia de que su teoria
debe permanecer teorica, hablan del sentido de sus razones. Como en
repetidas ocasiones ha insistido el editor del De Praedestinatione, es-
ta advertencia de Escoto no debe pasar por alto. El desea conducir su
reflexion a partir de dos principiosila simplicidad substancial de Dios,
y la contraposicion de ser y no ser.


Ordenacion y definicion metafisica que avalara la ordenacion y
definicion de los nombres "ex complacito hominurn inventa". En el
caso de Dios habra que tener en cuenta de que predicacion se trata.
De las tres posibles (a similitudine, a contrario, a differentia), es en el
seno de la segunda, subdividida en absolute y coniunctive, que se ha-
Uara la adecuada. Desde aqui la respuesta a la discusion. Al predicar
de Dios la praedestinatio, considerando su simplicidad substancial, lo
hacemos con una predicacion a contrario coniunctive.


La intervencion de Escoto Eriugena en la discusion del siglo IX
no fue muy feliz. Sus consideraciones no aciertan a responder al tema
en litigio, dispersandose en reflexiones sobre una tematica que en
muchos puntos no comprendia. Es precisamente desde esta situacion
que su figura se agranda y se sehala como el gran hito en la restaura-
cion cultural de la primera Edad Media.


J. Gaya


KLEIBER, Wolfgang (Hrsg.) Otfried von Weissenburg. Wissens-
chaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt 1978, 438 pp.


Por su obra poetica es Otfried el gran escritor de la literatura
alemana del siglo IX, inclusive por significar su obra tambien las pri-
meras reflexiones teoricas sobre el tema, y destinadas a obtener una
amplia influencia en la posteridad del genero. De toda la literatura de-
dicada a este autor de la primera Edad Media, el editor ha selecciona-
do 21 trabajos, si bien algunos de ellos son de escasa extension o co-
mentarios criticos a otros.




100 BIBLIOGRAFIA


Se abre la seleccion con el pionero estudio de F. SARAN Uber
Vortragsweise und Zweckdes "Evangelieribuches" O. (1896), que co-
loca en el centro de su atencion el modo de la transmision del texto
poetico. La pregunta, en efecto, que ha ocupado a gran numero de
investigadores trata acerca de si el texto estaba destinado a ser canta-
do. Frente a la respuesta negativa de Saran, existe en sentido afirma-
tivo el extenso estudio, incluido tambien en el volumen, de E. JAM-


MERS Das mittelalterliche deutsche Epos und die Musik (1957). Se
trata de un estudio muy pormenorizado, que se fundamenta en un es-
tudio codicologico y en la estructura interna de la versificacion. Sus
consideraciones, ademas, incluyen amplias referencias a otras obras de
la Edad Media alemana.-


J. Gaya


LOHR, Charles H. St. Thomas Aquinas "Scriptum super senten-
tiis": An index of authorities cited. Avebury Publ., 1980, VII-391 pp.


De su hacer paciente, milimetrico, nos ha dado el profesor Lohr
cumplida muestra en otras ocasiones. Su Repertorio de los comenta-
rios aristotelicos cubre toda la Edad Media y avanza hasta completar
la Edad Moderna. Es en el marco de esta ardua labor, que, como en un
parentesis de respiro, el autor nos ofrece este fndice tomasiano.


En la presentacion se nos indica un motivo de la profusion de ci-
tas que hallamos en los autores de la Edad Media. Lo exigia el metodo
mismo de la exposicion escolastica. No debe verse, pues, en este hecho
el ejercicio de una erudicion, caso que nos hallamos tan frecuentemen-
te cuando, por el contrario, escasea el ingenio. Para el escolastico su
estudio era un tratamiento comprensivo de lo recibido. El mismo Lohr
ha expuesto en otras ocasiones como Tomas de Aquino elaboro meto-
dologicamente esta relacion de receptor. El Scriptum super sententiis
posiblemente sea un caso significativo en este tema. El texto de Pedro
Lombardo, el mismo fruto de un planteamiento concienzudo ante la
tradicion recibida, invitaba de por si al tratamiento expansivo de dicha
tradicion.En cuanto a ejercicio, si no en cuanto teoria, Tomas parece
haber seguido con entusiasmo el camino indicado. El tratar de sacar
algunas conclusiones que nos sirvieran para caracterizar el camino
recorrido, es un trabajo que requiere mas tiempo y dedicacion. Habria
que empezar por estas 27 paginas que llenan las referencias a la Ethica
Nichomachea, frente a las 10 de la Metafisica o las 7 del De Anima.
Pedro Lombardo es citado en referencias que ocupan 22 paginas. Uni-
camente San Agustin, con 38 paginas de referencias, supera a la Etica,
pero no a Aristoteles, cuyas citas ocupan 69 paginas. Tambien por su
poca extension hay nombres que llaman la atencion. Avicena no se lle-
va mas que seis paginas; otro tanto Boecio.


Evidentemente esta aproximacion numerica no nos informa de




BIBLIOGRAFIA 1 0 1


lo que realmente constituye el meollo del problema: con que criterios
se aproxima Tomas a los textos de la tradicion. Con la obra pubiicada
por Lohr la puerta ha quedado abierta para que la respuesta pueda ser
posible, por lo menos en esta obra mayor de Tomas.


J. Gaya


PSEUDO-ARISTOTELES. Teologia. Trad. del arabe, introd., y
notas Luciano RUBIO. Ed. Paulinas, Madrid 1978, 278 p.


La Teologia atribuida a Aristoteles en la escolastica medieval
arabe y latina ha sido objeto de extensos estudios. El lugar que ocupo
en el desarrollo filosofico y teologico de la Edad Media no podia exi-
gir menos. Y es importante que se propague el conocimiento de esta
obra, pues mediante su estudio pueden percibirse mejor los orfgenes de
conceptos e ideas incorporadas a la filosofia medieval y que muchas
veces se dan como patrimonio comun. Una exacta comprension de la
filosofia medieval exige superar el hiato que la separo de la edad clasi-
ca no solo por la reconstruccion historica de la transmision, sino tam-
bien por el analisis de las primeras consecuencias doctrinales de dicha
transmision. La Teologia, en efecto, puede entenderse como respuesta
al problema de la transmision en su primera epoca, cuando los maes-
tros helenistas sentian ya la necesidad de resumir a los viejos maestros
para asegurarles una permanencia. Los arabes, al equivocar la paterni-
dad de la obra, al arrebatarsela presumiblemente a Porfirio, introducen
un problema no resuelto en la historia filosofica de Aristoteles. Pero,
al mismo t iempo, aseguran una solucion posible a cuantos problemas
de "concordancia" entre Platon y Aristoteles surgiran posteriormente.


La presente edicion es, ante todo, un valioso instrumento de tra-
bajo. En la introduccion se resumen los datos resultantes de la historio-
grafia sobre la obra. Como base de la traduccion se toma la edicion de
Badawide 1955.


El texto castellano, al que acompahan algunas notas explicativas,
sehala los parrafos' originales y los que estan tomados de la Eneadas de
Plotino, especificando en cada caso los lugares correspondientes.


J. Oliver


PERPEET, Wilhelm.Aestfierik im Mittelalter. Verl. Alber. Frei-
burg 1977, 121 pp .


De entrada hay que reconocer que el autor ha escogido acerta-
damente el plan de su exposicion. Con ello se alcanza indicar un as-
pecto poco frecuente en el tratamiento que normalmente se hace de
las relaciones entre la filosofia de la Edad Media y sus epocas anterio-
res. Generalmente suele insistirse en la evidencia de la tradicion perma-
nente, aunque sea por via de recuperacion.Sin embargo, la referencia
medieval a la Antiguedad planteo tambien problemas serios, estimu-
lando con ello la propia creatividad.




1 0 2 BIBLIOGRAFIA


En el campo de la Estetica, tal como lo resume Perpeet, se con-
taba con un grave conflicto en la tradicion recibida. Por una parte la
tradicion estoica, la tradicion filosofica mas vigorosa, mantenfa un cla-
ro desinteres, y aun desprecio, por las cuestiones de la belleza, pospo-
niendola, en todo caso, al valor preferido de la utilidad. La tradicion
cristiana, por otro lado, particularmente en aquellos espacios mas in-
fluidos por la tradicion platonica, reservaba el predicado de la belleza
exclusivamente para el Creador.


Frente a este practicamente universal desprecio del tema, el pen-
samiento medievai tuvo que construir su estetica. Evidentemente los
materiales de construccion para tal teorfa fueron hallados, en buena
parte, en la tradicion misma. Segun estudia Perpeet pueden sehalarse
tres grandes hitos en la elaboracion de la Estetica medieval. Se halla, en
primer lugar, la reflexion de San Agustfn que, partiendo de la Trini-
dad divina, introduce multitud de recursos para una valoracion de la
belleza en el marco de ia relacion positiva creador-creatura. El segundo
capitulo lo constituye el sistema del pseudo-Dionisio Areopagita. En
este corpus tan querido de la Edad Media se halla una reflexion pro-
funda y amplia, de honda dimension filosofica, elaborada sobre la sim-
bologia de la Luz.


Esta doble herencia se halla elaborada en la teoria escolastica
que puede resumirse en torno a la llamada "metafisica de la luz". Ela-
boracion ya presente en Juan Escoto Eriugena, y que el siglo XIII lle-
varia a su perfeccion, en los umbrales mismos de la nueva situacion
que, impulsada por el nominalismo, convirtio en anacronica una este-
tica fundamentalmente centrada en la simbologia. Estos ultimos
aspectos se hallan muy poco desarrollados en el iibro que comenta-
mos.


J. Gaya


SANGUINETTI, J.J. La filosofia de la ciencia segun Sto. Tomds.
EUNSA, Pamplona 1977, 371 pp.


El texto que se presenta es una alternativa de solucion al proble-
ma contemporaneo de la dispersion de las ciencias. La referencia a Sto.
Tomas es, pues, mas a modo de fundamentacion de esta alternativa,
que no como fruto de una labor hermeneutica.


La dispersion de las ciencias no es un problema nuevo. La refle-
xion filosofica a partir de Kant es consciente del problema, solo que,


a juicio del autor, sus propuestas de solucion se han encerrado en
unos parametros metodoldgicos que, al cerrar el camino al ser del en-
te, no consiguen su proposito en manera alguna. Se trata,por tanto
del problema metafisico. Solo a partir de el,, y de su solucion realista,
cabe esperar una via de solucion, terapeutica de la ciencia misma.


El problema metafisico se hace presente en el ambito de la cien-
cia a traves de la definicion del conocer. La filosofia de la ciencia,




BIBLIOGRAFIA 1 0 3


mencionada en el tftulo de la obra, se despliega en una exposicion del
conocer. Partiendo de la posibilidad del saber y del error, la ciencia se
instituye como "conocimiento de las causas". Los capftulos centrales
de la obra se dedican, en consecuencia, a temas tales como: el objeto
del conocimiento cientffico, el orden de las ciencias, el metodo cien-
tffico, los principios de la ciencia.


De esta manera puede formularse la demostracion de la unidad
metaffsica de las ciencias con el termino tomasiano de "resolut io" Con
el debe entenderse un movimiento de deduccion que hiciera derivar
toda la ciencia en un mismo cuerpo homogeneo. Se trata, como expre-
sa el autor, de una "unidad de analogfa" que reconduce todo el pensar
cientffico a la unidad de los primeros principios. Por ser, precisamen-
te, estos primeros principios plurales, y por realizarse diferenciada-
mente en los grados del ser, obtiene la ciencia su pluralidad armonica.


No es nuevo que reflexiones parecidas en torno a la unidad de la
ciencia incluyan observaciones terapeuticas. No se pretende, en efecto,
ofrecer una mera teorfa cientffica, sino una alternativa operante que
modifique, en primer lugar, el comportamiento de los cientfficos. Al
trabajo diario de estos correspondera la verificacion y corroboracion
de las alternativas propuestas.


R. Estelrich


SOBRE, Josep Miquel, L'epica de la realitat. L'escriptura de
Ramon Muntaner i Bernat Desclot. Curial Edicions Catalanes, Barcelo-
na, 1978.


El paper que jugaren les famoses "quatre croniques" dins de la
historiografia i la historia catalana no te paral.lel a cap altre cultura eu-
ropea. No conten uns moments decisius, sino els moments decisius de
la formacio de 1'imperi catala. Si per poesia epica entenem 1'expressio
idealitzada de la formacio d 'una identitat nacional, podriem dir amb
l ' au tor d 'aques t treball que "es fonamental per a la historia literaria
de Catalunya el fet que la nostra epica sigui historica". Lingiiistica-
ment son, amb 1'obra de Ramon Llull, peces cabdals en la formacio de
la prosa catalana. A mes a mes, tenen una importancia relativa dins de
la historia purament literaria de Catalunya molt superior a la impor-
tancia, per exemple, d un Villehardouin o un Joinville dins de la litera-
tura francesa, o un Perez de Ayala dins de la literatura castellana.


Aixf que un estudi com aquest, que pren les dues croniques de
mes importancia des d'aqueix. punt de vista, les de Desclot i Muntaner,
i investiga els seus caires lingiifstics i estilfstics, no solament en el
sentit estricte, sino tambe en funcio de les intencions dels autors dins




104 BIBLIOGRAFIA


de 1 'ambient expansionista-heroica que visqueren i que volien trametre
mereix la tencio del medievalista i del catalanista.


Tot el llibre, escrit amb intel.ligencia i claretat, es d 'un interes
excepcional, empero son per ventura els dos primers capitols sobre
llengua i estil que els lul.listes trobaran mes directament aprofitables.
Serviran com a complement valuos als estudis de Rubio i Balaguer,
Ruffini, Sansone (veure les pp. 64-6 de la Bibliographia Lulliana de
Brummer) i Gret Schib (a les pp. 19-27 de la seva edicio de la Doctri-
na pueril), perd amb un punt de vista (i tambe una bibliografia) bas-
tant diferent i nou.


A. Bonner.


STEGMULLER, Wolfgang (Husg.) Das Universalien-Problem.
Wissenchatliche Buchgesellschaft. Darmstadt , 1978.. 373 pp.


Podria creerse que siempre son identicos los problemas que ocu-
pan la reflexion filosofica. Los mismos temas y, podria pensarse, con
identicas encontradas opiniones. El "problema" de los universales se
ha mantenido vivo a lo largo de la historia. La epoca contemporanea
ha visto su revitalizacion, gracias, sobre todo, al cambio en la lingiifs-
tica que se produjo en la primera mitad del siglo XX. Y su estudio se
ha formulado en terminos de arraigado sabor tradicional. W. Quine es
quiza quien, al tratar el problema, ha usado con mas insistencia de una
tal terminologia. Su posicion del problema se situa, mas alla de la logi-
ca, afectando a la metafisica y ontologia. "El debate ontologico, afir-
ma, acaba en un debate sobre el lenguaje". "Lo cual, ahade de inme-
diato, no debe hacernos concluir que lo que existe depende de las pa-
labras". El punto , pues, de referencia se traduce, para Quine, en el va-
lor de las variables de una afirmacion teorica. Los pasos "ontologicos"
ulteriores deben ser considerados como abiertos, "con tolerancia y
contento en la experimentacion".


A pesar de su importancia y de la amplitud con que la teoria de
Quine es recogida en la presente antologia (cinco estudios), se desta-
can tambien las opiniones de B. Rusell., A. Church, N. Goodman, Hao
Vang, R.L. Cartwright, I. Scheffler. N. Chomsky, R. Carnap. Son, en
total, 19 los trabajos recogidos en este volumen, abarcando cronolo-
gicamente desde 1905 a 1964, siendo en su gran mayorfa de los ahos
40-50.


R. Estelrich




BIBLIOGRAFIA 105


STOKSTAD, Marilyn. Santiago de Compostela, in the Age of the
great Pilgrimages. University of Oklahoma Press, Norman 1978, XIII-
177 pp .


En una curiosa e interesante serie de monografias, que se dedi-
can a estudiar los principales centros de la civilizacion en su epoca de
mayor relevancia, se ha incluido esta obra sobre la ciudad gallega en su
epoca esplendorosa del siglo XII. En los limites cronologicos indicados
se traza una instantanea de aquella ciudad en el momento en que su
nombre atrae hacia el extremo de la peninsula Iberica miles y miles de
peregrinos. Jun to con Roma y con Jerusalen, Santiago es la tercera
ciudad meta de la peregrinacion medieval. De alguna manera puede de-
cirse que tan to social, como artistica o intelectualmente, Santiago
surge de este hecho.


La autora del libro toma como guia de su propia guia el Liber
Sancti Jacobi, conservado en el Codex Calixtinus. En sus cinco libros
esta obra de mediados del siglo XII ofrece un amplio material para el
conocimiento de la ciudad compostelana. Con todo, es el quinto li-
bro el que despierta mas particularmente la atencion. En el encontra-
mos noticia de los itinerarios seguidos por los peregrinos, de los pai-
sajes, de las costumbres y las lenguas de las diferentes regiones que se
atravesaban.


La ciudad, o mas concretamente su Catedral, son el centro de
todo este episodio de civilizacion que aqui se nos presenta. La devo-
cion va traduciendose en piedra por obra de artistas, como el maestro
Mateo, y gracias al buen gobiemo de hombres como Diego Galmirez y
Pcdro Suarez. Tambien las letras, aunque sin la perennidad de un
"Portico de la Gloria" florecieron a la par con el "incipiente humanis-
mo de la escultura de Santiago" en la escuela catedralicia. Rainero de


Pistoia y Roberto de Salerno pasaron por la ciudad. Junto a ellos la
galeria de peregrinos famosos es extensa. Francisco de Asis, por citar
alguno, visita la ciudad en 1214 y funda en ella el primer convento
franciscano de la Peninsula.


Se diria que de la mano de la autora, y hojeando el Codex Calix-
tinus podemos lograr lo que no todos los visitantes de Santiago obten-
drian en su propio siglo: una completa guia de Santiago de Composte-
la en el siglo XII.


J. Oliver


TAESCHNER, Franz. Ziinfte und Bruderschaften im Islam.
Texte zur Gerchichte der Futuwwa. Artemis Verlag, Zurich-Munchen
1979, 672 pp.


Muchas instituciones sociales, que han jugado un papel decisivo
en la tradicion, recuerdan en su terminologia unos origenes muy con-
cretos, y con frecuencia extraidos de la misma vida cotidiana del hom




1 0 6 BIBLIOGRAFIA


bre. Al-futuwwa es, en la civilizacion arabe, uno de dichos terminos.
Referido en primer lugar a la edad juvenil ("corresponde aproximada-
mente al juventus lat ino"), pasa a ser el centro de una constelacion
conceptual e institucional de gran envergadura. A su alrededor comple-
jos eticos y religiosos van cuajando para dar cuerpo a dicha institucion.
Al comienzo se le une el termino fatd. como expresion tradicional pa-
ra sehalar el conjunto de virtudes que deben adornar a la "juventud":
generosidad, hospitalidad, valor.


Pretendiendo origenes coranicos (sura 18), muy pronto el con-
cepto paso a designar unos determinados habitos del comportamiento
religioso, incorporando en su desarrollo algunos ritos significativos,
como la investidura de los calzones (sardwfl). Alcanzo su gran desa-
rrollo en la corte de Abu 1- Ahbas Ahmad an-Nasir li-Din Allah (575-
622/ 1180-1225). Posteriormente fue integrandose en la tradicion
sufi.


F. Taeschner nos ofrece la historia de la Futuwwa enmarcan-
dola en extensas traducciones de obras capitales para su desarrollo his-
torico. En esta seleccion figura, entre otros, el texto del Decreto del
califa an Nasir, el Kitdb al-Futuwwa de Ibn al-Mi mar (m. 642-1244)
el Tubfat al-wasdfd de Ahmad b. Tljas an-Naqqasal-Hartabirti, la Ri-
sdlat al-Futuwwa de Sihab ad-Dfn * Umar as-Suhrawardf (539-632/
1145-1234). Al desarrollo posterior al siglo VII/XIV hacen referencia,
entre otros, los textos del Fiitiivvetndme de Jahjab . Halil al-Burghazi
y el Futiivvetndme-i kebir del Seyyid Mehemmed b. es-Seyyid 'ala
ud-Dfn al-Huseynf er-Rizavi (escrito en 931/1524) .


Como puede apreciarse por estas referencias, la obra ofrece una
amplia panoramica y un material de trabajo extenso. Los estudios
comprativos, que la historia de las instituciones sociales y culturales
puedan sugerir, hallaran aqui un instrumento de gran valia. Es desta-
cable, en este conjunto, el hecho de la referencia constante a la termi-
nologia original, lo cual presta a la traduccion de los textos una trans-
parencia y una seguridad digna de agradecimiento.


J. Gaya


THOMAS VON SUTTON. Contra Quodlibet Iohannis Duns
Scoti. Hersg. J. SCHNEIDER. Verlag der Beyer. Akad. der Wissens-
chaften, Miinchen 1978, XIII-112 pp.


Aceptando que posteriores estudios puedan refutar la paterni-
dad del opiisculo atribuido a Tomas de Sutton, su texto nos es ofreci-
do en el marco de la edicion de obras del autor ingles que una comi-
sion de la Academia Bavara ha emprendido. Es, pues, el cuarto volu-
men publicado.


El interes del escrito de Sutton se centra en la discusion del con-
cepto de distinctio formalis, tal como es desarrollado por Duns Scoto,
si bien el autor aprovecha para rebatir otras opiniones afines. Desde




BIBLIOGRAFIA 107


su posicion tomista, que conoce unicamente la distinctio realis y la
distinctio rationis, Sutton sigue, a traves de las 15 cuestiones de su es-
crito, los principales temas de la teologia trinitaria. No se trata, en ri-
gor, de diferencias dogmaticas lo que queda cuestionado, pero el con-
junto viene a marcar una linea de reflexion diferenciada entre ambos
autores y las respectivas escuelas en ellos representadas. De parte de
Duns Scoto y la escuela franciscana se subraya la propiedad diferen-
ciada de cada una de las personas de la Trinidad, mientras para Sutton
y la escuela tohaista hay que realzar la unidad esencial de dichas perso-
nas trinitarias.


Estas tendencias en la exposicion de la teologia trinitaria no
son, en manera alguna, innovaciones del siglo XIV. Lo sobresaliente de
estas discusiones estriba, por el contrario, en que la argumentacion es
llevada por las sutiles vfas de la metafisica y de la logica, alcanzando
un nivel de abstraccion y de complejidad considerables. Es el momen-
to en que la teologia parece sucumbir a la violencia de la razon de las
palabras. Un momento de trabajo intenso, de analisis minucioso.
Ejemplo de ello lo constituyen estos escritos de Sutton que con alarde
de sutileza intentan desmontar las demostraciones del Doctor Subtilis.
El resultado debe verse mas que nada en su contribucion a la reflexion
metaffsica.


J. Gaya


VERNET, Juan. La cultura hispanodrabe en Oriente y Occiden-
te. Ed. Ariel, Barcelona 1978, 395 pp.


La transmision del saber clasico a la Europa occidental tuvo en
Espaha uno de sus eslabones fundamentales. La cultura arabc, que ha-
bia recibido y cultivado dicha cultura clasica, conocio en la peninsu-
la Iberica uno de sus momentos de mas explendor. A su contacto el
mundo de la cristiandad medieval redescubrio con fuerza la filosofia y
las ciencias. A traves de pacientes investigaciones este periodo de 6s-
mosis ha sido iluminado en toda su amplitud. Nombres como los de
Thorndike, Sarton, M. Steinschneider, F.J. Carmody, y, entre noso-
tros, los trabajos de J. M. Millas Vallicrosa, han sido hitos importanti-
simos en este progresivo conocimiento del trasvase cultural que se
produce en la Edad Media espahola.


El profesor J. Vernet, cuya amplitud de conocimientos en la
materia se hermana con trabajos de investigacion de primera mano,
nos ofrece un panorama importante de la cultura hispanoarabe. Evi-
dentemente el grueso de la obra esta dedicado a la cultura cientiffca, a
las ciencias de la naturaleza. Lo cual no significa menosprecio por la
filosoffa o la literatura, por eiemplo, sino que evidencia la necesidad
que en la bibliografia hispanica se tenfa de una historia de la ciencia
medieval. Aunque, bien es verdad, el libro de J. Vernet no se presenta
como tal historia. La presupone. Tal vez en ello resida un obstaculo de




108 BIBLIOGRAFIA


cierta relevancia para quienes tengan que enfrentarse con el acopio de
t i tulos, de personas, de temas cientificos que con brevedad imperiosa
se juntan en las paginas del libro. El autor intenta mostrar cuales y co-
mo se transmiten los temas cientificos de una cultura a otra. Proble-
mas biograficos o de autoria -tampoco muy relevantes para quienes
hacian de transmisores- no son tratados como en una definitiva histo-
ria de la ciencia en Espaha sera menester.


En capitulos sucesivos se estudia la cultura hispanoarabe desde
sus inicios hasta mas alla del siglo XIII. Dentro de cada capitulo el ma-
terial es distribuido segun las diferentes ciencias cultivadas, desde las
matematicas o la astronomfa, hasta la medicina y la alquimia. La pre-
cision con que los datos son presentados es, sin exageracion, admira-
ble. Obra de smtesis, no puede ser de lectura superficial, ni para infor-
macion general, sino de relectura y de consulta utilisima. La discu-
sion de puntos concretos en la asignacion de opiniones o de proceden-
cia de temas debera remitirse a los trabajos monograficos que la
presente obra supone y alentara. Ante la complejidad que los estudios
de la historia de la ciencia espahola estan conociendo, el libro del pro-
fesor Vernet debe ser reconocido como la primera gran sintesis.J. Gaya












NUEVA OBRA LULIANA DEL DR. GARCIAS PALOU


RAMON LLULL Y EL ISLAM


SUMARIO


Cap. I: Introduccion al estudio del tema "Ramon Llull y el Islam".-
Cap. i l : Los primeros contactos de Ramon Llull con los musulmanes.-
Cap. III: Obras compuestas por Ramon Lluli, con motivo del Islam.-
Cap. IV:Las obras que Ramon Llull compuso en arabe.- Cap. V: La fun-
dacion de colegios de lengua arabiga, como medio para la formacion de
misioneros, para la cristianizacion del Islam.- Cap. VI: "Miramar", el
"monaster io" misionero de lengua arabiga.- Cap. VII: Metodo apologe-
tico, seguido por Ramon Llull, en sus controversias teologicas con los
musulmanes.- Cap. VIII: El primer viaje de Ramon Llull a Tunez.- Cap.
IX: El viaje de Ramon Llull a Chipre y a Armenia.- Cap. X: Primera per-
manencia dc Ramon Llull en Bugia.- Cap. XI: La permanencia de Ra-
mon Llull en Sicilia.- Cap. XII: Segundo viaje de Ramon Llull a Bugia.-
Cap. XIII: Segunda permanencia de Ramon Llull en Tunez.- Cap. XIV:
El Credo islamico, transmitido por Ramon Llull (Este capftulo consta
de 15 articulos).- Cap. XV: Ramon Llully Averroes.- Cap. XVI: Temas
islamicos, en los escritos de Ramon Llull.- Epilogo.- Apendice I: Los
planos estrategicos, trazados por Ramon Llull parala sujecion del Islam.-
Apendice II: Tabla cronologica de las relaciones de Ramon Llull con el
Islam.- Apendice III: Documentos.- Bibliografia. Indices.


Palma de Mallorca, 1981.
Un volumen de XVI y 488 pags. y diez grabados.- 1500 pts.


Distribuidor: Edit. Moll, Calle Torre del Amor, 4. Palma de Mallorca.


ESTUDIOS LULIANOS se publica con la subvencion del


INSTITUT D'ESTUDIS BALEARICS


y la ayuda de la CAJA DE AHORROS Y MONTE DE PIEDAD DE
LAS BALEARES.


IMPRES A BALEARS PER GRflfHMSfl