La d�couverte de Typhlocirolana : moment crucial dans la marche dins la biosp�ologie
ENDINS, núm. 28. 2005. Mallorca
LA DÉCOUVERTE DE TYPHLOCIROLANA.
MOMENT CRUCIAL DANS LA MARCHE DE LA BIOSPÉOLOGIE
par Georges RACOVITZA1
Résumé
Des documents inédits attestent que, contrairement à une opinion unanimement
acceptée, l’importante découverte que Émile Racovitza a faite en 1904 dans les Coves
del Drac n’a pas été un événement fortuit, mais le résultat prévisible d’une action pré-
méditée. En effet, l’érudit naturaliste roumain avait pris pour la première fois connais-
sance du monde souterrain à l’occasion d’une visite entreprise dès 1900 dans les
grottes marines d’Escala, et c’est certainement à ce moment-là que s’est éveillé son vif
intérêt pour la faune cavernicole. En s’assurant d’abord la collaboration de René
Jeannel, il s’est proposé donc d’explorer systématiquement les grottes pyrénéennes, et
trois années plus tard il était déjà en mesure de publier l’œuvre qui a marqué la nais-
sance d’une nouvelle science, son célèbre „Essai sur les problèmes biospéologiques”.
Resum
Alguns documents inèdits fan palès que, contràriament a l’opinió acceptada d’una
manera unànime, l’important troballa que va fer Émile Racovitza el 1904 a les Coves del
Drac no va ser un esdeveniment fortuït, sinó el resultat previsible d’una acció premedi-
tada. En efecte, el naturalista i erudit romanès ja tenia coneixença del món subterrani
des que va visitar l’any 1900 les coves marines de l’Escala (Empordà, Catalunya), i
segurament fou llavors quan se li va despertar el seu viu interès envers la fauna caver-
nícola. Amb el recolzament de René Jeannel, va emprendre l’exploració sistemàtica de
les coves pirinenques, i només tres anys més tard ja es trobava en condicions de publi-
car l’obra que hauria de marcar el naixement d’una nova ciència, el seu cèlebre Essai
sur les problèmes biospéologiques
.
L’histoire de la science a été marquée à plusieurs
des documents d’archive montrent que la réalité ne fut pas
reprises par des découvertes particulièrement importantes
exactement celle-ci (G. RACOVITZA, 1999).
mais tout à fait fortuites, dont quelques-unes ont eu des
A cette époque, Racovitza vivait en France (Figure 1).
conséquences décisives pour le développement du monde
Il remplissait depuis quatre ans la fonction de sous-direc-
entier. Citons parmi les plus célèbres celles de la radioac-
teur du laboratoire océanologique „Arago” de Banyuls-sur-
tivité naturelle et de la pénicilline, la première faite par
Mer, dont la direction était assurée par Georges Pruvot, son
Henri Becquerel en 1896 et la seconde par Alexander
ancien maître de conférences à l’Université de Sorbonne.
Fleming en 1929. Pour celles-ci, les deux illustres savants
Liés par un respect réciproque et une profonde amitié, les
ont été récompensés chacun avec un Prix Nobel, témoig-
deux naturalistes s’efforçaient de conserver et de consoli-
nage incontestable de leur reconnaissance universelle.
der l’héritage qu’ils avaient reçu de la part du fondateur
On a couramment considéré que l’événement qui a
même du laboratoire, l’érudit professeur Henri de Lacaze-
conduit à la naissance de la Biospéologie en tant que disci-
Duthiers. Et quoique leur tâche ne soit guère simple, ils
pline scientifique a été dû lui aussi au hasard. Cet événe-
sont parvenus à imprimer à cet établissement scientifique
ment est la découverte d’une nouvelle espèce cavernicole
un épanouissement auparavant inconnu. Octave Duboscq,
de Crustacés aquatiques, que le réputé biologiste roumain
le directeur qui va succéder à Pruvot deux décennies plus
Émile Racovitza a identifiée en 1904 dans la Cova del Drac
tard, affirmait à juste titre que „… si le Laboratoire Arago
et l’a décrite une année seulement plus tard sous le nom de
devint un centre important de recherches zoologiques, ce
Typhlocirolana moraguesi (RACOVITZA, 1905). Cependant,
fut surtout par l’action de PRUVOT et de RACOVITZA…” et que
PRUVOT et RACOVITZA avaient su créer au Laboratoire
Arago une atmosphère de camaraderie et d’entraide qui

c
groupait, autour d’eux, des amis les aidant dans leurs
1
Institutul de Speologie „Emil Racovita”, Str. Clinicilor nr. 5, 400006
s
Cluj-Napoca, Roumanie.
recherches.” (DUBOSCQ, 1937, p. 28 et 30 ).
11

démarches nécessaires pour obtenir l’autorisation d’entre-
prendre une mission scientifique au-delà des eaux territo-
riales françaises, ainsi que le concours des autorités
espagnoles. Quant aux objectifs, on a convenu que le plus
important était l’étude des bancs de pinne (PUSCARIU,
s
1964), ce remarquable mollusque bivalve à coquille trian-
gulaire et dont la longueur dépasse d’ordinaire un demi-
mètre. En outre, on devait avoir en vue certaines obliga-
tions assumées en contrepartie des subventions que le
Comité des Pêches et le Ministère de la Marine avaient
accordées au Laboratoire „Arago”, ce qui comptait en pre-
mier lieu étant d’estimer la distance jusqu’à laquelle on
peut trouver en pleine mer les œufs et les alevins des pois-
sons vivant normalement à proximité des côtes. Mais ce
n’était pas tout.
La lettre que Pruvot a expédiée de Paris le 19 juin
(Figure 3) renferme un passage qui nous retient de maniè-
re particulière l’attention:
Je suis tout à fait de votre avis pour les escales: en
petit nombre, et suffisamment prolongées pour qu’on puis-
se faire quelque chose. C’est Cabrera et environs sur qui
nous devons compter le plus; seulement si nous y restons
trop, nous aurons peut-être de l’embarras pour les appro-
visionnements. Il n’y a, en effet, pas une goutte d’eau dans

Figure 1: Émile Racovitza en 1899.
la grotte d’Arta. Je croyais que vous voudriez chercher
aussi des bêtes cavernicoles terrestres. Puisque cela n’est

Figura 1: Émile Racovitza en 1899.
pas, supprimons sans regret, d’autant plus qu’il n’y a pas
de mouillage pour le bateau.

Les lignes de Pruvot ne nous autorisent pas d’affirmer
Le programme d’études maritimes se basait principa-
que la croisière de 1904 aurait prévu dès l’abord l’explora-
lement sur des croisières annuelles, le plus souvent limi-
tion de quelque grotte de Majorque ayant pour but de
tées par la force des circonstances au Golfe du Lion.
collecter des animaux cavernicoles. Mais ce qu’on peut en
Depuis 1900, elles étaient entreprises au bord du „Roland”
déduire sans le moindre doute c’est qu’à un certain
(Figure 2), un petit bateau en bois qui dépassait à peine
moment il y a eu au moins l’intention d’entreprendre de
une vingtaine de mètres de longueur et qui avait été cons-
telles explorations, et celle-ci est la raison pour la quelle on
truit à Banyuls, entièrement selon les plans du directeur et
a avancé l’idée que ce qui s’est passé durant cette croi-
au frais de celui-ci.
sière ne doit pas être attribué entièrement au hasard.
Pruvot et Racovitza prenaient soin de préparer en
Le germe d’une pareille intention est apparu le plus
avance chaque croisière, en examinant attentivement tous
vraisemblablement au cours du premier voyage du
les détails. Mais, comme ils se trouvaient souvent séparés,
„Roland”, trois mois seulement après son lancement.
surtout du fait que Pruvot devait se rendre à Paris pour
Déroulé le long des côtes espagnoles entre le 16 juillet et
accomplir ses devoirs universitaires, nombre de problèmes
le 6 août 1900, ce voyage a offert à ceux qui y ont partici-
posés par l’organisation des voyages, de même que bien
pé l’occasion de visiter les fameuses grottes marines
d’autres, étaient résolus par des prolongés échanges de
(Figure 4) creusées par les vagues au pied de la haute
lettres. Et c’est justement dans cette riche correspondan-
falaise calcaire qui s’élève au sud du port d’Escala (PRU-
ce, plus précisément dans les lettres de Pruvot, puisque
VOT, 1901). Or, Racovitza s’est avéré être impressionné
celles de Racovitza font naturellement défaut des docu-
non seulement par le décor insolite de ces cavernes, dans
ments que lui-même a conservés le long des décennies,
lesquelles une lumière diaphane, filtrée à travers l’eau,
qu’on trouve des renseignements nous permettant de
remplit tout l’espace d’une splendide teinte bleuâtre, mais
reconstituer plus fidèlement les faits.
aussi par l’originalité de leur peuplement. En effet, selon la
L’archipel des Baléares a été inclut pour la première
profondeur de l’eau et l’intensité de la lumière qui pénètre
fois dans le programme d’une campagne océanologique en
à travers des ouvertures généralement très basses, la
août 1903. Malheureusement, Racovitza n’a pas pu accom-
faune se compose d’espèces fort différentes d’une cavité à
pagner Pruvot, la raison étant qu’une maladie plus ancienne
l’autre. Et c’est certainement animé par le désir de revoir
dont souffrait son père s’était aggravée à tel point
ces merveilleuses „grottes d’azur” qu’il a accepté d’organi-
qu’elle réclamait impérieusement sa présence auprès de
ser et de conduire lui-même, en mai 1903, une nouvelle
celui-ci, à Nice. Mais son ami a pu se rendre aisément
excursion à Escala, cette fois au bénéfice des professeurs
compte que la faune sous-marine des environs de l’île de
et des étudiants de la Faculté des Sciences de Bordeaux.
Majorque est trop riche et trop intéressante pour que son
Quoiqu’il en soit, fait est que l’éphémère dessein de
étude ne soit pas reprise l’année suivante. Et cette fois-ci,
fouiller dans les recoins de la grotte d’Artà a été finalement
rien n’a empêché Racovitza de monter au bord du „Roland”.
remplacée par une visite programmée de la grotte du Drac.
Les préparatifs pour la croisière de 1904 ont commen-
Une décision légitime, puisque la dernière était non seule-
cé dès le mois de mai, quand Pruvot a fait toutes les
ment mieux conservée, mais présentait aussi l’avantage
12

Figure 2: „Roland”, le bateau du
Laboratoire „Arago” de
Banyuls-sur-Mer (photo
E. Racovitza).
Figura 2: El vaixell “Roland” del
Laboratori “Arago” de
Banyuls de la Marenda
(foto E. Racovitza).

d’abriter éventuellement dans ses vastes lacs souterrains
transparentes qu’elle paraît revêtue d’une fourrure de poils
des espèces aquatiques inconnues, même si les observa-
de glace, et tu te trouve dans une place entourée de palais.
tions antérieures n’étaient pas très encourageantes à cet
D’un côté se courbent de belles petites fenêtres sculptées
égard. Dans un travail publié peu de temps auparavant,
entre des colonnes robustes, et d’un autre, d’un balcon de
Edouard Alfred Martel écrivait: „Au point de vue de la faune
filigrane, te regardent d’étranges caryatides qui soutien-
[…] on a trouvé dans la caverne du Dragon un seul exem-
nent de splendides échauguettes taillées en formes
plaire d’une fourmi aveugle (?); les insectes aveugles n’y
variées” (RACOVITZA, 1926b, p. 37).
manquent point: j’en ai recueilli moi-même; mais nos
Outre les moments d’authentique révélation qu’il a
essais de pêche dans les lacs sont demeurés infructueux:
vécus au cœur de cet incroyable monde pétrifié, Racovitza
toutes les nasses placées ont été relevées vides!” (MAR-
a eu la satisfaction d’en sortir avec une récolte zoologique
TEL, 1903, p. 25). Seulement le grand spéléologue fran-
bien plus consistante qu’il aurait pu espérer. Les observa-
çais n’était pas naturaliste…
tions minutieuses qu’il a faites lui ont permis de constater
L’aventure souterraine a commencé le 16 juillet 1904.
que les endroits les plus propices pour la vie des animaux
Accompagné comme maintes autres fois par Pruvot et
terrestres sont non pas ceux humides et richement con-
ayant pour guide le propriétaire même de la grotte, le bien-
crétionnés qui occupent la majeure partie de la grotte, mais
veillant Fernando Moragues, Racovitza a mis trois jours à
ceux plutôt secs et proches de la surface, tels la
explorer minutieusement toute la cavité (Figure 5). En se
Covadonga et la Salle des Chauves-souris. C’est ici qu’il a
servant de deux canots, l’un en toile imperméable, l’autre
capturé de très nombreux Diptères, Aranéides et
en bois et si encombrant qu’il a fallu recourir aux forces
Myriapodes, de même qu’un Hémiptère qui, à son avis,
réunies des matelots du „Roland” pour le transporter, il a
devrait être troglobie puisqu’il se trouvait aussi bien à l’état
pu goûter pleinement le charme d’une navigation tout à fait
d’adulte que de larves. Quant à la faune aquatique, les
inédite. Inspiré par l’ineffaçable souvenir qui s’est gravé
eaux légèrement saumâtres du Lac Miramar se sont avé-
dans son âme, il l’évoquera plus tard, avec beaucoup de
rés être dépourvues de toute trace de vie. En revanche,
sensibilité, dans un mémorable discours de réception à
dans celles plus douces du Lago Negro et du Lac des
l’Académie Roumaine:
Délices, il a eu la chance de recueillir une Planaire, deux
La barque glisse doucement sur des sentiers d’éther
espèces d’Amphipodes et l’Isopode devenu dès lors cé-
invisibles, comme en rêve, vers les profondeurs, où d’un
lèbre, la Typhlocirolana moraguesi (RACOVITZA, 1905,
souffle argenté apparaît une merveilleuse forêt de piliers et
JEANNEL & RACOVITZA, 1907).
pilastres, de tours et colonnes, de fleurs de pierre et gla-
En revenant à Banyuls avec sa précieuse récolte,
çons aigus, qui descendent d’en haut ou s’élèvent du fond,
Racovitza s’est proposé de rédiger un compte rendu com-
blancs et scintillants ou enveloppés en ombres transluci-
plet sur les observations relatives aux conditions d’existen-
des. Tant tu t’approche, tant ils sont plus nombreux, tant tu
ce qu’offre la Cova del Drac et sur les animaux qui y vivent.
les vois plus dentelés et plus ornés, tant tu es plus envahit
Mais une prolongée crise de temps, déterminée par les
d’étonnement devant la beauté. Tu passe sous une voûte
multiples et très importantes charges qu’il devait accomplir,
majestueuse, tellement tapissée de fines excroissances
l’a empêché de réaliser son projet. En effet, outre la fonc-
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tion de sous-directeur du Laboratoire „Arago”, il était à
cette époque co-directeur des „Archives de Zoologie expé-
rimentale et générale
” et membre de la Commission de la
„Belgica”, organisme spécialement constitué en vue de la
coordination des études portant sur l’immense volume de
données scientifiques rapportées par l’Expédition antarc-
tique belge de 1897-1899, à laquelle il avait pris part en
tant que naturaliste. Dans pareilles circonstances, le seul
travail qu’il s’est empressé de faire paraître a été la des-
cription de Typhlocirolana (Figure 6).
Racovitza a eu une raison spéciale pour accorder prio-
rité à cet Isopode et non pas aux Amphipodes qui, tel que
le suggère le fait que Metacrangonyx longipes, le premier
Gammare troglobie connu de Majorque, a été trouvé une
année seulement plus tard dans les mêmes deux lacs des
Coves del Drac (CHEVREUX, 1909), devraient être eux
aussi aveugles et dépigmentés. Cette raison a été que, en
dehors des multiples et évidentes adaptations à un milieu
de vie tout à fait particulier, Typhlocirolana présentait des
caractères dévoilant clairement sa parenté avec des for-
mes marines. Or, le fait qu’une espèce dont les ancêtres
avaient vécu dans la mer est arrivée à coloniser des eaux
souterraines et que ce nouveau milieu de vie (Figure 7) a
déterminé des modifications si profondes dans toute son
organisation posait des questions auxquelles il était lieu de
donner une réponse. Et pour la trouver, Racovitza a pris la
décision, extrêmement importante, d’abandonner définiti-
vement ses travaux d’océanologie pour pouvoir se dédier
entièrement à l’étude approfondie du domaine souterrain.
La motivation de son geste a été clairement exprimée
par lui-même: „Je n’ai jamais eu en vue d’énumérer sim-
plement les faits, mais de les assembler dans des généra-

Figure 3: Lettre de Georges Pruvot relative à la croisière océanologique
lités; j’ai cherché à «comprendre», c’est-à-dire à réduire les
de juillet 1904.
choses compliquées à la forme plus simple dont elles dé-
Figura 3: Carta de Georges Pruvot relacionada amb la campanya ocea-
rivent” (RACOVITZA, 1926a, p. 15). Ne pas se contenter
nogràfica de juliol de 1904.
de décrire, mais s’efforcer toujours d’expliquer les phéno-
mènes, tel est le principe auquel il est resté fidèle durant
toute sa vie, celui qui l’a déterminé de se lancer sans hési-
tation dans sa téméraire aventure antarctique et qui
l’a guidé en cette nouvelle occurrence aussi.
L’évolution des êtres vivants et plus particulièrement
leur adaptation à l’environnement sont des processus
extrêmement complexes. Selon Racovitza, la meilleure
modalité par laquelle on peut arriver à les „comprendre” est
de décomposer l’effet cumulé de la multitude de facteurs
qui y interviennent, en étudiant expérimentalement l’action
de chacun de ceux-ci pris à part. Et les conditions les plus
propices pour entreprendre pareilles expérimentations
seraient celles qu’offrirait „… un milieu naturel dans lequel
agiraient un nombre restreint de facteurs et qui serait habi-
té par un petit nombre de biotes, milieu peu variable, à
faune pauvre, facilement accessible à l’observateur
…”
(RACOVITZA, 1926a, p. 45). Or, l’exploration des Coves
del Drac lui avait démontré qu’un tel milieu existe réelle-
ment: c’est le milieu souterrain.
Une fois décidé de s’engager sur cette nouvelle voie
de recherches, le premier pas que Racovitza devait faire
était de se familiariser avec les données acquises et les
opinions formulées par ses prédécesseurs. Il a commencé
Figure 4: Entrée de la Cova Blava (côte de Catalogne) (photo E.
donc par passer en revue les travaux traitant de la faune
Racovitza, juillet 1900).
cavernicole, convaincu que leur lecture lui permettra de
Figura 4: Entrada de la Cova Blava (costa de Catalunya) (foto E.
bâtir l’échafaudage sur lequel il aurait pu fonder l’organisa-
Racovitza, juliol de 1900).
tion de ses futures études. Mais il a eu tort, puisque la con-
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clusion avec laquelle a pris fin son incursion dans la litté-
rature biospéologique a été que „dans aucune des ques-
tions que mes études professionnelles m’ont incité à
approfondir, je n’ai encore constaté semblables incerti-
tudes et contradictions, pareil enchevêtrement de faits bien
observés, d’hypothèses injustifiées, de suppositions légi-
times, d’erreurs manifestes, d’observations non contrôlées,
de généralisations hâtives, en un mot, pareil chaos inextri-
cable de faits, de théories et d’erreurs
” (RACOVITZA,
1907, p. 373).
Aussi grande qu’aurait été la déception qui a rempla-
cé l’espoir, Racovitza n’a pas renoncé à ses projets.
Néanmoins, la tâche s’avérait être beaucoup plus difficile
qu’il ait cru au début. Pour résoudre les problèmes que la
découverte de Typhlocirolana lui avait posés, il n’était point
question de valoriser les avantages que les grottes pré-
sentent en tant que laboratoires naturels. Il était contraint
avant tout d’arriver à connaître le monde souterrain par ses
propres moyens et pour y réussir, il devait explorer un
nombre aussi grande que possible de grottes, situées dans
les régions géographiques les plus diverses. C’était un tra-
vail trop laborieux pour qu’il puisse l’accomplir à lui seul. Il
avait besoin d’un aide, et il l’a reçu beaucoup plus vite qu’il
ne s’y attendait.
En septembre 1904, un jeune et passionné entomolo-
giste français qui passait ses vacances au pied des
Pyrénées, à Tardets, a eu la chance de visiter la grotte
d’Oxibar, une petite cavité encore inexplorée. En dépit de
sa manque d’expérience, il lui a été facile d’en sortir avec
une très riche capture, car les cavernicoles s’y trouvaient
en abondance. De retour à Paris, il s’est empressé de solli-
Figure 5: Coves del Drac. Colonnes stalagmitiques dans le Dôme
citer l’appui des zoologues consacrés pour déterminer les
Moragues (photo E. Racovitza, juillet 1904).
animaux qu’il avait collectés et il a eu la surprise d’appren-
Figura 5: Coves del Drac. Columnes estalagmítiques a la Sala
dre que certains sont des espèces nouvelles pour la scien-
Moragues (foto E. Racovitza, juliol de 1904).
ce. En cherchant d’obtenir plus de renseignements, il a fini
par être présenté à Emile Racovitza, celui-ci étant à l’épo-
que également chef de travaux au Laboratoire d’Anatomie
comparée de Sorbonne. Le nom de cet entreprenant natu-
raliste était René Jeannel (Figure 8).
Dès qu’il a pris connaissance de ses préoccupations,
Racovitza s’est rendu compte qu’il avait devant lui l’homme
qui pourrait l’accompagner dans la réalisation de l’auda-
cieux programme qu’il venait de concevoir. Et il n’a guère
tardé de lui proposer l’association, en lui disant:
Voyez-vous, le hasard de nos trouvailles vient de
nous faire toucher du doigt une partie de la zoologie en-
core bien peu connue. Il ne s’agit pas seulement de décou-
vrir des espèces nouvelles, si curieuses soient-elles. Il fau-
drait surtout définir la place qu’elles occupent sous terre,
étudier leurs conditions d’existence, comprendre la nature
et les causes de leurs adaptations particulières. C’est une
«Histoire naturelle du domaine souterrain» qu’il serait
nécessaire d’écrire. Voulez-vous collaborer avec moi à
cette œuvre?
” (JEANNEL, 1950, p. 8).
A cette question, Jeannel ne pouvait avoir qu’une
seule réponse. Ainsi a pris naissance une étroite coopéra-
tion, bientôt métamorphosée en une inébranlable amitié et
dont le résultat final a été une création scientifique impé-
rissable.
La longue série d’explorations souterraines qui seront
entreprises afin d’accumuler les faits sur lesquels devraient
Figure 6: Typhlocirolana moraguesi (d’après RACOVITZA, 1912).
se fonder plus tard les conclusions généralisatrices a com-
mencé le 30 juillet 1905, par une campagne qui a duré plus
Figura 6: Typhlocirolana moraguesi (segons RACOVITZA, 1912).
15

Figure 7: Coves del Drac. Lac des
Délices. (photo E. Racovitza,
juillet 1904).
Figura 7: Coves del Drac. Llac de les
Delícies (foto E. Racovitza,
juliol de 1904).

de six semaines et au cours de laquelle 28 grottes ont été
les trois compagnons ont dû affronter aussi bien le soleil
visitées sur les deux versants des Pyrénées (JEANNEL &
torride qui brûlait sur les pentes nues des sierras arago-
RACOVITZA, 1907). Ce sont des chiffres éloquents par
naises que le froid pénétrant qui régnait sur les hautes
eux-mêmes pour comprendre avec combien de résolution
cimes des Pyrénées. Ils ont été soumis à des privations,
et d’enthousiasme a démarré le vaste programme d’études
car tout ce qu’ils pouvaient trouver chez leurs hôtes occa-
biospéologiques.
sionnels était un morceau de pain et un oignon ou tout au
La première cavité dans laquelle Racovitza est entré
plus une omelette et un verre de vin. Ils ont eu même des
en sa nouvelle qualité de spéléologue a été la Grotte de
ennuis, puisque leur surprenante apparition sur des sen-
Gargas, mieux connue par les nombreuses empreintes
tiers qui entrecroisaient la frontière et leur étrange tenue
palmaires que les hommes préhistoriques ont laissées sur
les rendaient parfois suspects, et il fallait beaucoup de
ses parois. Pour des motifs indépendants de sa volonté,
patience pour écarter les soupçons, à vrai dire légitimes,
Jeannel n’a pu s’y joindre qu’avec quelques jours de
des carabiniers. Mais il y a eu aussi des événements
retard, de sorte que Racovitza a été accompagné pour le
agréables, voire amusants. En remémorant leur séjour à
début non pas par son collaborateur, mais par sa future
Fanlo, aux environs de Boltaña, Jeannel a décrit en détails
épouse. Simple modiste dans un atelier parisien, Hélène
les circonstances particulières dans lesquelles, arrivés au
Boucart a eu la capacité de réaliser l’exceptionnelle impor-
cœur des sauvages gorges de Rio Xalle, ils ont fait la con-
tance de la cause que servait l’homme auquel elle s’était
naissance de Pablo, un jeune berger extrêmement agile
attachée, et elle a fait tout son possible pour lui alléger la
pour lequel les montagnes n’avaient aucun secret et qui
tâche, à une époque où peu de femmes auraient eu le cou-
est devenu dès lors leur guide pour plusieurs années de
rage d’affronter l’inconnu ténébreux, humide et froid des
suite. Puis, le jour où ils ont quitté don Pedro, l’accueillant
cavités souterraines.
aubergiste qui les avait logés, celui-ci n’a pas compris
Un siècle auparavant, les matériels techniques dont
pourquoi Racovitza lui parlait des insectes qui l’avaient
disposaient les spéléologues étaient tout à fait rudimen-
tourmenté toutes les nuits, en exclamant soulagé à leur
taires par comparaison à ceux mis actuellement en œuvre.
vue: „No son insectos, señor, son chinches” (JEANNEL,
Ils exploraient les grottes en se servant de cordes en chan-
1950, p. 24). En effet, comme tous les habitants de Fanlo
vre et de lourdes échelles à barreaux en bois, et ils éclai-
vivaient en compagnie des punaises, personne ne les prê-
raient leur chemin à l’aide d’une simple bougie, parfois
tait plus attention, et don Pedro n’était pas l’homme auquel
abritée dans une lanterne en tôle. Quant au moyen de
on aurait pu imputer pareille erreur entomologique.
transport, ils employaient le plus souvent des mulets sur le
Après cette prolongée randonnée pyrénéenne, la mul-
dos desquels ils chargeaient tout leur équipement et les
titude des responsabilités dont il était chargé a obligé
éventuels vivres (Figure 9).
Racovitza d’interrompre ses recherches biospéologiques,
Coiffé de son grand béret, la sacoche de spéologue
de sorte que la suivante expédition commune n’a pu être
en bandoulière, Racovitza conduisait notre caravane, tou-
organisée que le printemps suivant, entre le 12 et le 20
jours souriant, bavardant avec nos muletiers espagnols
avril 1906, cette fois-ci dans les Pyrénées Orientales. Puis,
dont il savait s’attirer l’amitié”, c’est ainsi que Jeannel décri-
le 28 mai, il a entrepris une visite solitaire dans le Barranc
ra plus tard celui qui a été l’âme de cette première cam-
du Pla de Périllos, gouffre qui s’ouvre au fond d’une
pagne biospéologique (GUIART & JEANNEL, 1948, p. 10).
ancienne vallée karstique du bassin de l’Agly et dont l’ex-
Une campagne longue et exténuante, au cours de laquelle
ploration l’a mis pour la première fois dans la situation de
16

surmonter les difficultés propres à l’alpinisme souterrain
(JEANNEL & RACOVITZA, 1908). Il paraît que cette nou-
velle expérience l’a impressionné autant que celle vécue
dans la Cova del Drac, puisqu’elle sera évoquée elle-aussi
dans le même discours de réception:
La descente a commencé; tu as dépassé déjà la large
ouverture de l’aven, dont le fond se cache dans l’obscuri-
té. Tu t’enfonce en progressant lentement sur l’échelle,
barreau après barreau, attaché autour de la taille avec une
corde que les compagnons d’en haut lâchent bras après
bras, en rythmant leurs mouvements avec la vieille cantilè-
ne:«allez, allez!». Tu passe du domaine des plantes à
fleurs, enfoncées dans les fissures, dans celui des mous-
ses, puis dans celui des algues. Maintenant la roche noir-
cit nue. La lumière d’en haut s’amincit de plus en plus, tan-
dis que les ténèbres d’en bas deviennent de plus en plus
épaisses; tu te trouve déjà plongé dans l’ambiance sou-
terraine froide et humide, que tu connais bien. Un gronde-
ment! Tu te colle autant que possible contre la paroi, car
une volée de pierres passe en sifflant comme des balles et
en perçant comme des plombs les crânes humains.
[...]
A présent l’ouverture du gouffre apparaît au loin
comme une lentille ronde et lumineuse: accroché tel que tu
l’es le long de la paroi verticale, tu te sens comme une

Figure 8: René Jeannel.
mouche qui se promène à l’intérieur d’une lunette astrono-
mique. Tu incline la lumière vers le bas, mais il n’y a tou-

Figura 8: René Jeannel.
jours que du noir sans fond. «Allez! Allez!» Encore plus
loin vers les profondeurs; on verra ce qu’on verra!

(RACOVITZA, 1926b, p. 38).
Le Barranc du Pla de Périllos a été la 34e cavité que
sur les rigueurs de la méthode scientifique, est dévoilée
Racovitza a explorée depuis que, en quête d’une réponse
dans ces lignes finales, en dépit du fait qu’elles portent
aux questions que lui avait posées la découverte de
l’empreinte d’une évidente modestie: „J’arrête ici l’exposé
Tyhlocirolana, il avait commencé l’étude systématique du
des questions qui doivent être étudiées et des problèmes
monde souterrain. En même temps, Jeannel avait visité à
qui doivent être résolus pour qu’on puisse établir la
lui seul 18 autres grottes, de sorte que, en moins d’une
Biospéologie sur des bases scientifiques. Pour m’exprimer
année, les deux naturalistes avaient formé une collection
clairement, et pour être court, j’ai présenté la plupart de ces
d’animaux cavernicoles comprenant 149 échantillons pré-
questions et problèmes comme s’ils avaient déjà été réso-
levés de 52 grottes pyrénéennes. Ce n’était qu’une fraction
lus. Il règne donc dans cette rapide enquête un ton affirma-
tout à fait insignifiante par rapport à l’immensité du do-
tif qui serait déplacé s’il n’était autre chose qu’un artifice
maine hypogé. Pour Racovitza, l’information ainsi acquise
pour faciliter mon exposé” (RACOVITZA, 1907, p. 484).
a été toutefois suffisante pour qu’il puisse clarifier ses
idées et pour démêler en grande mesure ce que lui-même
avait considéré au début n’être qu’un „chaos inextricable”.
En arrivant en si peu de temps à une conception qui
lui paraît cohérente et rationnelle, il s’est décidé à exposer
ses points de vue dans une ample analyse des faits qu’il
avait constatés et de leur interprétation. Comme l’élabora-
tion d’un tel mémoire lui demandait une bonne partie du
temps qu’il devait partager entre ses multiples missions, il
a laissé Jeannel se débrouiller seul dans les explorations
que celui-ci a entreprises en Ariège durant l’été 1906, en
remettant pour les mois d’automne leur prochaine cam-
pagne de recherches. Mais son option a été pleinement
compensée par le fait que le travail a pu sortir de l’impri-
merie Gérardin dès le 15 mai 1907. Il s’intitule „Essai sur
les problèmes biospéologiques
” (Figure 10).
Ce premier travail de l’œuvre biospéologique d’Emile
Racovitza renferme dans ses 118 pages une révision criti-
que très argumentée des observations antérieures et une
Figure 9: Première campagne biospéologique dans les Pyrénées
clairvoyance prégnante sur le développement futur de
Centrales. La caravane de mulets sur la Trame Zaïgues
(photo E. Racovitza, 9 août 1905).
l’étude complexe du domaine souterrain. L’intention de l’au-
teur de remplacer ainsi l’ancien amoncellement hétérogène
Figura 9: Primera campanya bioespeleològica als Pirineus Centrals.
d’opinions contradictoires avec un système organisé, bâti
Caravana de muls (foto E. Racovitza, 9 d’agost de 1905).
17

de son maître et après être devenu l’un des biospéologues
les plus réputés, il a pu écrire en parfaite connaissance de
cause:
Cet Essai est à la fois une mise au point et un pro-
gramme. Tous les problèmes écologiques, phylogénéti-
ques et biogéographiques s’y trouvent méthodiquement
posés, sinon résolus. Le domaine souterrain y est défini
en tant que domaine vital; les conditions d’existence qu’il
offre aux cavernicoles y sont analysées et discutées, ainsi
que la réaction de ceux-ci à ces conditions. Une classifi-
cation des cavernicoles en trogloxènes, troglophiles et tro-
globies
[…] est précisée et sera définitivement acceptée.
Enfin, faisant l’inventaire des biotes souterrains alors con-
nus, RACOVITZA insiste sur le caractère hétérogène de la
faune cavernicole et la voit composée d’éléments récents,
mêlés à d’autres pouvant être d’un âge géologiquement
très ancien.

Il est remarquable que cet Essai, œuvre du début de
la carrière de RACOVITZA, comme biospéologue, ne ren-
ferme rien qui ait été contredit par les recherches subsé-
quentes. Cet
Essai a été d’emblée et est resté le statut
fondamental de la biospéologie
” (GUIART & JEANNEL,
1948, p. 18).
Il n’y a rien à ajouter à cette caractérisation, aussi suc-
cincte soit-elle. En dernière instance, l’histoire de la
Biospéologie en tant que discipline à part, ayant un objec-
tif et des moyens d’action bien définis, peut être résumée
en une seule phrase: à l’origine de cette science se trouve
l’„Essai” d’Emile Racovitza, et à l’origine de celui-ci, la
découverte de Typhlocirolana moraguesi.
Figure 10: L’œuvre biospéologique fondamentale d’Émile Racovitza.
Figura 10: L’obra bioespeleològica fonamental d’Émile Racovitza.
Bibliographie
CHEVREUX, P. (1909): Amphipodes (Première série) Biospeologica XII.
Dès son apparition, l’„Essai” a eu un large retentisse-
Arch. Zool. exp. gén., 5ème série, II: 27-42.
ment dans toute la communauté des naturalistes, ses qua-
DUBOSCQ, O. (1937): Discours prononcé au cinquantenaire du
Laboratoire Arago. Arch. Zool. exp. gén., Supplément aux volumes
lités manifestes étant unanimement appréciées. Parmi les
jubilaire: 23-34.
nombreuses réponses que Racovitza a réceptionnées de
GUIART, J., JEANNEL, R. (1948): Émile-Georges Racovitza (1868-1947).
la part de ceux auxquels il avait pris soin de l’envoyer,
Arch. Zool. exp. gén., 86 (1): 1-28.
JEANNEL, R. (1950): Quarante années d’explorations souterraines. Notes
quelques-unes sont particulièrement significatives pour
Biospéologiques, 6: 1-96.
l’ampleur de cette réaction.
JEANNEL, R., RACOVITZA, E. (1907): Enumération des grottes visitées,
Alfred Girard, professeur de zoologie à la Faculté des
1904-1906 (Première série) Biospeologica II. Arch. Zool. exp. gén., 6:
Sciences de Sorbonne: „J’aurais dû depuis longtemps
489-536.
JEANNEL, R., RACOVITZA, E. (1908): Enumération des grottes visitées,
vous écrire au sujet de ce premier mémoire pour vous dire
1906-1908 (Deuxième série) Biospeologica VI. Arch. Zool. exp. gén.,
combien j’approuve vos idées géniales et vos critiques
8: 327-414.
relatives à certains travaux.
MARTEL, E. A. (1903): Les cavernes de Majorque. Spelunca. Bull. & Mém.
Soc. Spéléol., 5 (32): 1-32.
Henri Brölemann, membre de la Société Zoologique de
PRUVOT, G. (1901): Le «Roland» et sa première campagne sur la côte de
France: „J’ai pris le plus grand intérêt à la lecture de votre
Catalogne en juillet – août 1900. Arch. Zool. exp. gén., 9: 1-42.
travail et à la courageuse mise au point d’une question dont
PUSCARIU, V. (1964): Racovitza, fondateur de la biospéologie (en rou-
s
main). In: E. Racovitza, Opere alese (Oeuvres choisis), Editions de
on parle volontiers sans, généralement, en connaître le pre-
l’Académie, Bucarest: 343-354.
mier mot. Je vous félicite de l’œuvre entreprise…”
RACOVITZA, E. (1905): Typhlocirolana moraguesi n. g. n. sp. Isopode
Ernest van den Broek, conservateur du Musée Royal
aquatique cavernicole des Grottes du Drach (Baléares). Bull. Soc.
Zool. France
, 30: 72-80.
d’Histoire Naturelle de Belgique et secrétaire général
RACOVITZA, E. (1907): Essai sur les problèmes biospéologiques
honorifique de la Société Belge de Géologie: „C’est avec
Biospeologica I. Arch. Zool. exp. gén., 6: 371-488.
un plaisir infini que je viens de parcourir très avidement -
RACOVITZA, E. (1926a): L’Institut de Spéologie de Cluj et considérations
générales sur l’importance, le rôle et l’organisation des instituts de
me permettant de revenir maintes fois en détail et de la
recherches scientifiques. Trav. Inst. Spéol. Cluj, 1: 1-50.
savourer à l’aise - votre savoureuse étude sur les passion-
RACOVITZA, E. (1926b): La Spéléologie. Le but et l’importance de cette
nants problèmes de la biospéologie…”
science synthétique (en roumain). Discours de réception à l’Académie
Mais l’opinion la plus expressive et en même temps la
Roumaine. Cultura Nationala, Bucarest, 42 pp.
RACOVITZA, G. (1999): Savoir ou ne pas savoir. Les vérités de la vie d’É-
plus autorisée est sans doute celle de René Jeannel.
mile Racovitza (en roumain, avec résumé en français). Editions de
Après avoir été témoin à la naissance de l’œuvre capitale
l’Académie Roumaine, Bucarest, 560 pp.
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